CULTURE Notre sélection de spectacles à ne pas rater en 2019-2020 au TNP de Villeurbanne

De l’Eve à l’Eau, un spectacle sur le poids des origines rurales,  un thème cher à Angélique Clairand et Éric Massé.  Photo DR
De l’Eve à l’Eau, un spectacle sur le poids des origines rurales, un thème cher à Angélique Clairand et Éric Massé. Photo DR

Les abonnements pour la nouvelle saison du TNP sont ouverts depuis jeudi. On vous a concocté une petite liste pour vous aider dans vos choix.

Duo de stars

Fidèles du TNP, Wajdi Mouawad et Joël Pommerat ont en commun d’être à la fois auteurs et metteurs en scène de textes qui interrogent notre temps. Le premier d’entre eux signe des sagas flamboyantes où les grands mythes croisent notre quotidien et nos histoires de famille. Le second interroge les problématiques sociétales et le désarroi des hommes face aux changements qui les dépassent.

Wajdi Mouawad signe avec Arthur H Mort prématurée d’un chanteur populaire dans la force de l’âge , une tragi-comédie en cours d’écriture (26 mars au 5 avril). Dans Contes et légendes , Joël Pommerat s’intéresse à l’impact de l’intelligence artificielle sur la construction de la personnalité des adolescents d’aujourd’hui dans un monde où cohabitent humains et robots (10 au 21 décembre).

 Joël Pommerat ouvre la boîte de Pandore de l’intelligence artificielle, du 10 au 21 décembre.   Photo DR
Joël Pommerat ouvre la boîte de Pandore de l’intelligence artificielle, du 10 au 21 décembre.   Photo DR

Christian Schiaretti sur tous les fronts

Cette saison, le directeur du Théâtre national populaire (TNP) cannibalise l’affiche de la scène villeurbannaise. Vous avez raté L’échange de Claudel (12 au 20 mars) ou vous voulez creuser le sillon du Laboureur de Bohême (25  au 29 septembre), vous pouvez suivre une session de rattrapage. Outre ces deux reprises, Christian Schiaretti signe trois créations sous le signe de la Grèce antique.

Les deux premières explorent le mythe de Phèdre, vu par deux  classiques du théâtre français.

On ne présente plus la tragédie de Racine (19 novembre au 1er  décembre). En revanche, Hyppolyte de Robert Garnier, qui focalise l’action sur le fils de Thésée, innocente victime sourd à l’amour de sa belle-mère, est un auteur moins connu (6 novembre au 1er  décembre).

Ces deux spectacles bénéficient d’une distribution commune où l’on retrouve la délicieuse Francine Berger. Schiaretti tirera sa révérence avec un montage de différentes pièces d’Aristophane baptisé Utopia. Un joli titre pour cette création sur le thème des utopies politiques et la difficulté à combattre les préjugés et le populisme (13  au 29 mai).

 Francine Bergé, héroïne de "L’Échange" de Claudel, l’une des reprises de cette saison, sera aussi à l’affiche de "Phèdre" de Racine et d’«Hyppolyte» de Robert Garnier.   Photo Michel Cavalda
Francine Bergé, héroïne de "L’Échange" de Claudel, l’une des reprises de cette saison, sera aussi à l’affiche de "Phèdre" de Racine et d’«Hyppolyte» de Robert Garnier.   Photo Michel Cavalda

Écritures contemporaines

Connaissez-vous Pierre Notte ? Cet ancien journaliste reconverti dans l’art dramatique, a écrit et mis en scène L’Effort d’être spectateur. Un one man show où il détourne les codes du théâtre (2 au 19 octobre). Il ouvre la voie à d’autres plumes d’aujourd’hui comme Valère Novarina, l’un des plus grands dramaturges français vivants qui signe L’Animal imaginaire (12 au 21 décembre). Ou Ivan Viripaev, qui réunit une galerie de personnages improbables, cocasses et surtout éméchés, dans Les Enivrés. Texte mis en scène par Clément Poirée (7 au 16 février).

 Dans «Les Enivrés», Ivan Viripaev réunit une galerie de personnages improbables et cocasses qui tombent leur masque social (du 7 au 16 février). Photo Alen Roche
Dans «Les Enivrés», Ivan Viripaev réunit une galerie de personnages improbables et cocasses qui tombent leur masque social (du 7 au 16 février). Photo Alen Roche

Les classiques

Parmi les spectacles proposés par les artistes associés, nous avons retenu Olivier Maurin, qui signe Dom Juan de Molière (13 novembre au 7 décembre) et Juliette Rizoud qui ferme la marche avec une reprise de sa lecture de La Tempête de Shakespeare (2 au 18 avril).

 Arthur Fourcade incarne le rôle-titre de «Dom Juan» de Molière, mis en scène par Olivier Maurin (13 novembre au 16 décembre. Photo DR
Arthur Fourcade incarne le rôle-titre de «Dom Juan» de Molière, mis en scène par Olivier Maurin (13 novembre au 16 décembre. Photo DR

Entre ces deux blockbusters du répertoire, partez en Écosse où David Craig prend le relais de Shakespeare. Le tyran Macbeth a laissé place à une nouvelle ère pas forcément plus paisible. Dans Dunsinane , qu’assiège le metteur en scène Baptiste Guiton, toute référence à la chute des dictateurs du Moyen Orient n’est pas fortuite (23 janvier au 8 février).

Coup de cœur

Souvenez-vous. En 2010 Notre terreur réhabilitait le théâtre politique à visage humain, un spectacle magistral, drôle et profond, sur la mort de Robespierre, qui mettait la Révolution Française à notre portée. Dix ans plus tard, Sylvain Creuzevault s’attaque à une autre page de l’histoire. Ce surdoué adapte et met en scène Les Démons de Dostoïevski. Plongé dans les milieux nihilistes, ce roman-fleuve (1 200 pages) dénonce le matérialisme et anticipe les dérives totalitaires du XX siècle. Entre humour et drame, embarquez dans la tempête déchaînée par Dostoïevski (14 au 25 janvier).

 Sylvain Creuzevault dynamite «Les démons» de Dostoïevski. C'est notre coup de cœur de la saison 2019-2020 du TNP (14 au 27 janvier. Photo DR
Sylvain Creuzevault dynamite «Les démons» de Dostoïevski. C'est notre coup de cœur de la saison 2019-2020 du TNP (14 au 27 janvier. Photo DR

Sélection Antonio MAFRA

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