SPORTS Les nouvelles technologies au service du rugby et du LOU

Nicolas Portier, l’analyste vidéo du club, prépare son drone au décollage.  Photo  Philippe JUSTE
Nicolas Portier, l’analyste vidéo du club, prépare son drone au décollage.  Photo Philippe JUSTE
Le boîtier GPS est glissé dans une pochette, entre les omoplates.  Photo Progrès /Richard Mouillaud
Le boîtier GPS est glissé dans une pochette, entre les omoplates. Photo Progrès /Richard Mouillaud
Nicolas Portier, l’analyste vidéo du club, prépare son drone au décollage.  Photo  Philippe JUSTE Le boîtier GPS est glissé dans une pochette, entre les omoplates.  Photo Progrès /Richard Mouillaud

Fini le temps où le rugby de papa n’avait que la balance et le chronomètre comme seules références. Le LOU utilise un drone pour filmer les entraînements et des GPS pour analyser l’activité de ses joueurs.

Un entraînement du LOU est toujours rythmé par le son strident des sifflements de Pierre Mignoni. Mais depuis le début de la saison, il est désormais accompagné par un bourdonnement lancinant. C’est le bruit d’un drone qui évolue dans le ciel de Gerland, à une vingtaine de mètres au-dessus des joueurs.

Piloté par l’analyste vidéo du club, Nicolas Portier, ancien 3e ligne du LOU entre 2005 et 2011, il permet de filmer sous un angle de vue différent tous les entraînements, lesquels sont disséqués par séquences et mis à la disposition du staff pour le débriefing.

Tout est analysé, disséqué…

« Quand on filme une action de derrière les poteaux, on a une excellente vision de la largeur et des intervalles entre les joueurs. Quand on filme d’un côté du terrain, on a de la visibilité sur la profondeur et les lignes d’affrontement. En prenant de la hauteur, les deux perspectives sont observables en même temps », souligne Nicolas Portier. Bref, le drone est devenu un outil indispensable dans l’arsenal lyonnais pour travailler, entre autres, les lancements de jeu, les placements défensifs, la coordination entre joueurs, mais aussi les combinaisons en touche et les angles de poussée en mêlée.

Mais ce n’est pas la seule avancée technologique que le LOU utilise. Fini le temps où le rugby de papa n’avait que la balance et le chronomètre comme seules références. Depuis 2015, les joueurs lyonnais ont vu pousser une discrète excroissance entre leurs omoplates. Il s’agit d’un petit boîtier d’une balise GPS, glissé dans une pochette, qui enregistre leurs mouvements sur le terrain.

Les informations centralisées sont aussitôt analysées par ordinateur et moult données physiques peuvent être visionnées en temps réel lors des entraînements et des matches. «Cela permet de programmer minutieusement les charges d’entraînement individuellement, mais également de suivre la performance de tous nos joueurs en cours de match», résume Brice Puthod.

Membre de l’équipe des préparateurs physiques, il est devenu le «sport scientist» du LOU. Toutes les informations passent entre ses mains. Cela va du temps de jeu effectif à la distance parcourue, en passant par les accélérations, les décélérations, les changements de direction, le métrage parcouru par minute, le temps passé au sol, les sauts, la violence des impacts, etc. Un joueur ne peut plus se cacher !

Si lors de sa première saison au LOU en Pro D2, Pierre Mignoni se servait surtout de ces données pour étayer un «remontage de bretelles» lors de séances vidéos épiques, il les utilise avant tout aujourd’hui dans la programmation millimétrée des entraînements afin de peaufiner la préparation physique et éviter ainsi une fatigue excessive. Jeudi matin, par exemple, les joueurs lyonnais se sont contentés de six minutes de temps de jeu effectif sur le terrain.

En revanche, le LOU n’exploite qu’avec parcimonie les données GPS lors d’un match. «Pierre (Mignoni) a suffisamment l’œil pour savoir si un de nos joueurs est un peu moins bien, explique Brice Puthod. Il regarde simplement le temps de jeu effectif global à la mi-temps, ce qui lui permet de savoir s’il faut anticiper ou reculer certains changements…»

Yves BILLET

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