Transport Embouteillages: de pire en pire dans l’agglomération lyonnaise

Les Lyonnais passent davantage de temps dans leur voiture. La cause majeure: les embouteillages aux heures de pointe.  Photo Progrès/Richard Mouillaud
Les Lyonnais passent davantage de temps dans leur voiture. La cause majeure: les embouteillages aux heures de pointe. Photo Progrès/Richard Mouillaud

Le niveau d’embouteillages a atteint 29 % en 2018, soit un point de plus que l’année précédente selon le “Traffic Index 2019” de TomTom. D’après le calcul du fabricant de logiciels de navigation, les Lyonnais perdent 135 heures par an dans les bouchons.

Impossible d’y échapper aux heures de pointe. Les embouteillages font partie du quotidien des automobilistes de l’agglo. Ils vont devoir prendre leur mal en patience, car la tendance n’est pas à une plus grande fluidité. TomTom a dévoilé mardi son “Traffic Index 2019”. Pour 2018, Lyon a affiché un niveau de bouchons de 29 %, en hausse d’un point par rapport à l’année précédente.

Lyon se classe 6e ville de France la plus embouteillée. "Compte tenu de sa taille, la 3e de France, ce n’est pas si mal, comparé à des villes plus modestes, comme Grenoble, Bordeaux ou Nice", nuance Vincent Martinier, directeur marketing de TomTom France.

Mais selon l’index, les automobilistes locaux perdent quand même en moyenne 19 minutes le matin et 18 minutes le soir (voir méthodologie), soit plus d’une demi-heure passée chaque jour dans les bouchons.

Lissés sur l’année, ces chiffres représentent 135 heures. Les principales difficultés se recensent aux heures de pointe lundi, mardi et jeudi matin, entre 7 et 8 heures, et le vendredi à 17 heures. Les niveaux d’embouteillages atteignent 65 à 70 %. L’A7, la rue de l’Université, le cours Gambetta et les avenues Félix-Faure et Jean-Mermoz constituent les axes les plus problématiques.

Le derby, pire jour de l’année

Parmi les dates marquantes de l’année 2018, vendredi 23 novembre figure comme la journée la plus chargée. Ce jour-là, en plus des départs en week-end, le derby entre Lyon et Saint-Étienne se jouait au Groupama stadium et le Supercross investissait le Palais des sports.

Les axes de l’agglomération affichaient un niveau de bouchons de 53 %. Là encore, Vincent Martinier relativise ce pic. "À Montpellier, la pire journée a enregistré 120 % d’embouteillages à cause de la neige." Les grèves SNCF et les manifestations pour le climat ont aussi fait augmenter la congestion. À l’inverse, le 15 août, férié et au milieu de la période estivale, Lyon affichait seulement 7 % de bouchons.

La méthodologie de l’index

Pour bâtir son index, TomTom a compilé anonymement les données des utilisateurs de GPS, systèmes de navigation embarqués et applications mobiles. "Pour des agglomérations comme Lyon, une voiture sur six est équipée", estime Vincent Martinier, directeur marketing TomTom France. Grâce à cette base, l’éditeur dispose des temps de trajet sur l’ensemble des segments de route. L’index se base sur un trajet type quotidien de trente minutes. Le temps le plus faible mesuré détermine une base, sans embouteillage. "Généralement, ce temps de base est enregistré la nuit", précise Vincent Martinier.

Ensuite, l’augmentation du temps sur le parcours, au fil de la journée et chaque jour, permet de déterminer le niveau de bouchons. En moyenne donc, pour un trajet de trente minutes sans embouteillage, les automobilistes lyonnais passent quarante-neuf minutes avec les bouchons du matin, et quarante-huit avec ceux du soir. "Depuis 2017, TomTom a repris la méthodologie de l’index presque à 0, ajoute Vincent Martinier. Les systèmes sont de plus en plus performants. En deux ans, nous avons multiplié par quatre le nombre de données collectées."

"Les véhicules électriques partagés et autonomes peuvent faire baisser les bouchons"

Vincent Martinier, directeur marketing de TomTom

Quels facteurs expliquent l’augmentation des embouteillages ?

"Beaucoup de phénomènes interviennent. La météo, avec les précipitations de pluie ou de neige, favorise la formation de bouchons. Les travaux et les accidents ont également un impact lourd. L’augmentation du nombre d’automobilistes dans la même zone ou au même moment crée aussi mécaniquement des difficultés, comme lors des départs en vacances ou en week-end."

Comment éviter ce phénomène ?

"Les automobilistes peuvent d’abord se renseigner pour éviter les points noirs. Nos outils de navigation permettent de trouver des itinéraires de substitution, tout en veillant à ne pas surcharger, de fait, d’autres zones. Nous travaillons aussi avec les agglomérations pour comprendre comment s’organisent les grands flux. Les transports publics et les nouveaux modes de circulation peuvent aussi jouer un grand rôle."

À quoi peuvent ressembler ces nouveaux modes de circulation ?

"Pour la voiture par exemple, les véhicules électriques, partagés et autonomes peuvent faire baisser les niveaux de bouchons. Il faut moins de véhicules, mais mieux les utiliser. Aujourd’hui, la voiture individuelle n’est utilisée que 5 % du temps par ses propriétaires."

Blaise FAYOLLE

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