Transport « L’Anneau des sciences, c’est 15 kilomètres de bouchons en plus sur le périph »

85 % du trafic sur l’A6-A7 est directement en lien avec la Métropole. La voiture est ainsi le moyen de transport le plus utilisé pour des déplacements au sein de la Métropole. C’est surtout pour aller travailler qu’elle est utilisée, même sur des trajets très courts.  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
85 % du trafic sur l’A6-A7 est directement en lien avec la Métropole. La voiture est ainsi le moyen de transport le plus utilisé pour des déplacements au sein de la Métropole. C’est surtout pour aller travailler qu’elle est utilisée, même sur des trajets très courts.  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
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85 % du trafic sur l’A6-A7 est directement en lien avec la Métropole. La voiture est ainsi le moyen de transport le plus utilisé pour des déplacements au sein de la Métropole. C’est surtout pour aller travailler qu’elle est utilisée, même sur des trajets très courts.  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD Photo Progrès Photo Progrès

Le déclassement de l’A6-A7 met fin à un réseau routier mal configuré et source de pollutions, faisant converger sur les mêmes voiries circulations locales et transits internationaux vers le cœur de Lyon. L’Anneau des sciences, projet de contournement routier par l’ouest est prévu en partie pour absorber les flux. Une aberration pour la Coalition-Climat Rhône au regard des enjeux environnementaux d’aujourd’hui. Entretien avec l’un de ses porte-parole, Fabien Bagnon.

Comment est-il possible de déclasser l’autoroute A6-A7 sans créer d’infrastructure routière supplémentaire ? Ça risque de coincer ?

« 85 % du trafic sur l’A6-A7 est directement en lien avec la Métropole. La voiture est ainsi le moyen de transport le plus utilisé pour des déplacements au sein de la Métropole. C’est surtout pour aller travailler qu’elle est utilisée, même sur des trajets très courts. Alors, effectivement, on ne peut pas reporter plus de 50 000 voitures comme ça. Et surtout, il ne faut pas chercher à dévier les voitures sur d’autres axes. Il faut réduire, globalement, l’usage de la voiture tout en répondant aux besoins de mobilité des Lyonnais et des Grands Lyonnais. Ce déclassement de l’A6-A7, c’est l’opportunité de penser un projet global. Face aux enjeux écologiques, la réponse ne peut pas être dans un palliatif routier au déclassement qui produise émissions de gaz à effet de serre ou particules fines. L’Anneau des sciences est un non-sens, alors que la Métropole est en train d’élaborer son Plan climat. »

Le projet d’Anneau des sciences. Photo Progrès /Métropole de Lyon
Le projet d’Anneau des sciences. Photo Progrès /Métropole de Lyon
Aujourd’hui, se passer de sa voiture n’est pas simple ou fait peur. Pourquoi ?

« Parce qu’ils ne connaissent pas autre chose. Mais surtout, parce que l’alternative qu’on leur propose, actuellement, n’est pas à la hauteur. Il n’y a qu’à voir les bus. On réussit à faire monter les gens dans le tramway ou le métro. Mais pas dans le bus. On comprend pourquoi. Le C10, par exemple, qui relie Saint-Genis à Lyon, est une vraie bétaillère. On voyage serré, debout. Il y en a peu… Le premier enjeu de ce déclassement, c’est de réussir à favoriser le transport modal. »

C’est-à-dire ?

« Il nous faut des bus à haut niveau de service, en termes de fréquence et de confort. Tout de suite et maintenant. C’est un projet que le Sytral peut mener en deux ou trois ans. Le temps que le métro E ne sorte de terre et arrive (en 2030, Ndlr), c’est indispensable, à Part-Dieu. On doit aussi augmenter la cadence du tram-train de l’Ouest lyonnais en réalisant les travaux sous le tunnel des Deux-Amants pour l’élargir. Pourquoi ne pas le faire aller jusqu’à Givors ? On peut aussi parler du Réseau express vélo et l’étendre à la première couronne. Aujourd’hui, 1850 vélos empruntent chaque jour le pont de la Mulatière alors qu’il n’y a aucune infrastructure. On peut faire mieux, la tendance le prouve : l’utilisation de la voiture est en recul au profit du vélo. Si on fait déjà tout cela et qu’on le fait bien, on n’a pas besoin de créer cette autoroute enterrée de 15 km sous l’ouest lyonnais. Et de dépenser 3 milliards d’euros… »

Pourtant, aujourd’hui, votre opposition à l’Anneau des sciences ne fait pas l’unanimité auprès des Grands Lyonnais… On l’attend même pour « boucler le périphérique ».

« Bien sûr que s’il était réalisé, cet Anneau des sciences connaîtrait un grand succès. C’est ce qu’on appelle le trafic induit. Créez une route, il y aura toujours des voitures pour rouler dessus. Après un an ou deux, d’utilisation, on connaîtra sur cet anneau ce qu’on connaît déjà sur les trois quarts du périphérique. Des bouchons. Les infrastructures finissent toujours par se saturer et les temps de parcours par se dégrader. On le voit partout. Veut-on vraiment ajouter encore 15 kilomètres de bouchons supplémentaires, notamment sur les voies d’accès ? Nous ne sommes pas là pour embêter les gens ou rendre leurs déplacements plus compliqués. Et l’idée, ce n’est pas non plus de dire à tout le monde de monter sur un vélo. »

De quel poids pouvez-vous peser pour qu’il soit abandonné, sachant que l’enquête publique sera lancée 2021 ?

« Le mois dernier, on a mis le Président de la Métropole en demeure de clarifier sa position sur le sujet sous peine que notre collectif ne se retire du processus de co-élaboration du Plan Climat. Sa réponse ne nous satisfait pas. Toute la question aujourd’hui est de savoir, quel candidat à la Métropole inscrira ou pas l’Anneau des sciences dans son programme électoral. Ce n’est pas un dossier anecdotique et l’on n’attend pas que les candidats passent un coup de peinture verte sur leur programme. Les Lyonnais, non plus visiblement. Il n’y a qu’à voir la mobilisation lors des Marches pour le climat ou les résultats des élections européennes. »

L’Anneau des sciences, c’est quoi ?

Avant on l’appelait le TOP. Comme Tronçon Ouest du Périphérique. L'« Anneau des sciences », c’est 15 kilomètres de voies autoroutières, dont 80 % enterrés, imaginés pour relier la Porte du Valvert à Écully au boulevard périphérique Laurent-Bonnevay à Saint-Fons avec sept portes d’entrée. Prévue pour accueillir 55 000 à 70 000 véhicules par jour, soit une grande partie du trafic de l’autoroute A6/A7 et des villes de l’Ouest lyonnais. Le calendrier prévoit une mise en service en 2030.

Tatiana VAZQUEZ

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