PRES DE CHEZ VOUS A Saint-Priest, le boucher du village crée un clip vidéo pour trouver un repreneur

Alain Hudelot a commencé à travailler il y a 52 ans. Photo Progrès/Laurence MIRAILLES
Alain Hudelot a commencé à travailler il y a 52 ans. Photo Progrès/Laurence MIRAILLES

Implanté depuis douze ans au village et désireux de prendre une retraite bien méritée avec son épouse, Alain Hudelot peine à trouver un repreneur : les affaires sont bonnes, mais les contraintes horaires sont lourdes. Il a alors l’idée de créer un clip vidéo pour attirer un potentiel repreneur.

Fier de ses 52 années d'activité Photo Le Progrès/L.M
Fier de ses 52 années d'activité Photo Le Progrès/L.M

« La boucherie, ça me connaît, je suis né avec ! »

En effet, c’est à l’âge de 14 ans qu’Alain Hudelot commence à travailler avec son père, dont la première boucherie était située à Lyon (les locaux sont devenus aujourd’hui le café-théâtre Le Nombril du Monde). Il se met à son compte à 25 ans et est rejoint par son épouse, qui était auparavant fleuriste.

« Le jeu en vaut la chandelle »

Alain Hudelot a tenu plusieurs boucheries, dont une à Vaulx-en-Velin pendant trente ans. Installés depuis douze ans au cœur du village de Saint-Priest, les époux Hudelot, toujours souriants, ont désormais envie de couler des jours heureux. Ils ont alors mis en vente leur commerce il y a quelques mois mais n’ont encore trouvé personne pour reprendre leur affaire pourtant florissante. Leurs deux filles n’ont pas suivi leur voie et se sont épanouies professionnellement dans un autre domaine.

Alain Hudelot reconnaît que « le métier comporte des contraintes évidentes, comme le travail le week-end ou les horaires, mais « le jeu en vaut la chandelle. Le contact avec des clients de tous âges est agréable. Ici, on est au cœur du village. L’entente entre commerçants est excellente, et même si nous sommes deux bouchers, nous nous complétons bien. »

Les chiffres-clés

➤  Prix de vente: 200  000  €.

➤   Chiffre d’affaires: 480 000 €.

➤   Résultat: 93 000 €.

➤   Loyer: 832 €.

➤  Surface: environ 100 m² (magasin/cave/laboratoire).

➤  Appartement: 31 m2.

Une vidéo pour présenter la boutique

Pour donner un coup de pouce à la recherche de son repreneur, Alain Hudelot n’a pas hésité à faire appel à Delphine, son amie la fromagère, pour faire réaliser une vidéo YouTube présentant sa boutique. Il est persuadé que la Boucherie du village aura bientôt un nouveau patron digne de ce nom. Cette boucherie existe depuis près de 100 ans. Le premier boucher s’appelait M. Poulet ! Jadis, un abattoir se trouvait au fond de la boutique et les bêtes étaient livrées entières.

Le successeur d’Alain Hudelot pourra s’en donner à cœur joie : partie traiteur à développer, nouveautés, exploitation des réseaux sociaux, commandes en ligne, communication sur les provenances, les filières. « Je ne l’ai pas fait, car ce n’est pas mon truc. J’ai voulu avec cette boucherie ne faire que ce dont j’avais envie ! »

Un hédoniste qui rêve aujourd’hui de balades à moto et de voyages mais qui va tout de même profiter de sa retraite pour se familiariser avec les nouveaux outils numériques.

Profil type du repreneur idéal

Photo Progrès /L. M
Photo Progrès /L. M

Le repreneur idéal a accompli un apprentissage, puis un brevet professionnel, et a travaillé dix ans en boucherie. Ce type de commerce est souvent tenu par un couple (qui pourrait d’ailleurs occuper l’appartement situé à l’étage) mais laisser la place à deux associés serait une solution envisageable. Comme le souligne Alain Hudelot, « rien n’est impossible, une personne motivée pour changer de métier pourrait très bien suivre une formation pour adulte. » En effet, aujourd’hui, la reconversion permet une entrée dans le métier en un an, avec l’obtention d’un Certificat de qualification professionnelle.

De notre correspondante locale, Laurence MIRAILLES

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