PATRIMOINE 100 ans d’histoire pour le carillon de l’Hôtel de Ville

En haut du beffroi de l’Hôtel de Ville de Lyon, trône un carillon hors normes désormais centenaire.  Photo Progrès /Lionel BROSSARD
En haut du beffroi de l’Hôtel de Ville de Lyon, trône un carillon hors normes désormais centenaire.  Photo Progrès /Lionel BROSSARD

Surplombant la place des Terreaux, le carillon du beffroi de l’Hôtel de Ville fête cette année ses 100 ans. Un siècle chargé d’histoire.

Cent ans et toutes ses cloches. Le carillon de l’Hôtel de Ville de Lyon souffle cette année sa centième bougie ; l’occasion de revenir sur l’histoire de cet instrument monumental.

C’est à l’ancien maire de Lyon, Édouard Herriot, que l’on doit ce carillon. En 1913, lors d’un voyage dans en Belgique, le Lyonnais passe par Bruges, le temple sacré des carillons, et tombe alors amoureux de cet instrument. À son retour, il ordonne la construction d’un carillon pour le beffroi de l’Hôtel de Ville, qui comprenait déjà trois cloches. Oui mais voilà, la Grande Guerre passant par là, le carillon se fait attendre. C’est finalement le 11 novembre 1919 que le carillon est inauguré pour l’anniversaire de l’armistice. Tout un symbole. Staf Bres, le plus grand carillonneur au monde du moment, est spécialement venu d’Anvers, en Belgique, pour envoûter les Lyonnais.

« C’est un peu mon bébé »

Si le carillon en question impressionne tant aujourd’hui, c’est parce qu’il a su traverser les époques mais aussi car il a connu une transformation dans les années 80. Sous l’impulsion de Jean-Bernard Lemoine, qui était alors carillonneur officiel de Lyon, salarié par la mairie, l’instrument est entré dans la cour des très grands. Ancien pianiste, puis organiste, il a insisté pour rénover et renforcer le carillon déjà existant. « C’est un peu mon bébé parce que c’est moi qui l’ai fait passer d’un tas de ferraille à ce qu’il est maintenant », se vante-t-il.

En effet, lorsqu’il devient le carillonneur de Lyon en 1987, 35 nouvelles cloches sont ajoutées. Ce qui fait de ce dernier l’un des plus grands au monde, avec 65 cloches dont trois d’origine datant de 1675. La plus grosse d’entre elles pèse près de quatre tonnes. Une montagne de bronze qui résonne, sous la pression des carillonneurs sur les touches du clavier, situé juste en dessous.

Jean-Bernard Lemoine. Photo Le Progrès/Lionel BROSSARD
Jean-Bernard Lemoine. Photo Le Progrès/Lionel BROSSARD

Un art en perdition

Après presque vingt ans de bons et loyaux services à la mairie de Lyon, Jean-Bernard Lemoine a pris sa retraite et a passé le flambeau en 2005. C’est aujourd’hui Charles Dairay qui joue à Lyon. Mais ne vient que pour les concerts : le monde du carillon est très petit et la passion d’un art qui coûte cher peine à se transmettre.

Pour fêter le centième anniversaire du carillon de l’Hôtel de Ville, l’association des carillons lyonnais organisera un grand concert le 29 juin prochain. Jean-Bernard Lemoine, ancien carillonneur de Lyon, sera présent pour jouer les mêmes morceaux que ceux d’il y a 100 ans, à l’inauguration du carillon. Il laissera ensuite la place à Charles Dairay, l’actuel carillonneur de Lyon, pour un saut dans le temps et des morceaux contemporains composés spécialement pour être joués au carillon (fait rarissime) par Luc Le Provost. Un carillonneur anglais et un virtuose belge feront aussi retentir les cloches de l’Hôtel de Ville, de quoi faire rayonner la mélodie à l’international.

Qu'est ce qu'un carillon

Dans les têtes de tous pendant la période des fêtes de Noël, les carillons sont des instruments bien souvent méconnus du grand public.

Il s’agit d’un instrument de musique à percussion, où un clavier et un pédalier sont reliés par des câbles à une panoplie de cloches frappées par un battant. La norme américaine veut que soit nommé carillon un instrument de minimum 24 cloches, alors que quatre cloches suffisent selon la racine latine, précise Jean-Bernard Lemoine, expert en la matière.

Manier un tel instrument est très complexe et seuls les carillonneurs aguerris y arrivent.

De notre correspondant local, Lionel BROSSARD

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