Métropole La traversée de Lyon bientôt payante?

La mise en place de cette taxe vise à accompagner le déclassement acté de l’A6/A7 et pourrait financer  les aménagements nécessaires. Photo d'archives Progrès /Richard MOUILLAUD
La mise en place de cette taxe vise à accompagner le déclassement acté de l’A6/A7 et pourrait financer les aménagements nécessaires. Photo d'archives Progrès /Richard MOUILLAUD

Dissuader le trafic national et international de traverser Lyon, tel est le sens du “péage urbain de transit” que des députés LREM du Rhône défendent. Sans avoir eu gain de cause, mardi, à l’Assemblée.

Avant de savoir à combien pourrait s’élever la taxe dont devraient s’acquitter les automobilistes qui traversent Lyon si un péage de transit y voyait le jour, l’heure est à continuer de défendre un projet dont l’amendement examiné mardi à l’assemblée nationale a été rejeté.

Porté par le député LREM du Rhône, Thomas Rudigoz et co-signé par Jean-Luc Fugit, Jean-Louis Touraine, Anne Brugnera et Anissa Khedher, celui-ci vise à accompagner le déclassement acté de l’A6/A7. Au-delà, son inscription dans la Loi d’orientation des mobilités (LOM) vaudrait pour toutes les villes de plus de 100 000 habitants qui souhaiteraient s’en saisir.

En attendant, il semblerait que la ministre des Transports Elisabeth Borne en désapprouvant l’amendement, n’ait pas fait de différence entre péage urbain et péage de transit. La motivation de son refus le prouve. « Ce type de dispositif peut être vécu par les citoyens qui habitent en dehors des grandes agglomérations, comme une sorte de frein supplémentaire dans leur capacité à accéder à ces grandes villes », a, en effet, défendu la ministre.

60 centimes le kilomètre

« Il ne s’agit en aucun cas d’un péage urbain », tient, ainsi, à repréciser le député Thomas Rudigoz, qui préfère désormais le terme de “tarif de transit”. « Seraient seulement taxés, les automobilistes qui ne font que traverser Lyon. Détectés à l’entrée de l’agglomération, à Anse par exemple, où il est possible d’emprunter l’A46, on saurait, en fonction du temps de trajet s’ils sont allés à Ternay en passant par le centre. La facture serait établie au kilomètre (0,60 cts/km) et son montant serait dissuasif. » De l’ordre d’une dizaine d’euros, selon le député.

Autre volet du dispositif, des panneaux annonceraient la « couleur » pour permettre un véritable choix. Quant aux applications (Waze…), elles en tiendraient compte dans le calcul total des frais.

La Métropole de Lyon appelle, également, de ses vœux un tel péage. « C’est un projet que nous défendons dans la suite logique du déclassement de l’A6/A7. Celui-ci nécessite des aménagements qui pourraient être financés via l’amendement proposé, qui inclut tous les dispositifs visant à dévier la circulation : Anneau des sciences, péage de transit, réaménagement des voiries, etc. » Et d’insister : « Les habitants des communes voisines souhaitant venir à Lyon, ne seraient, eux, en aucun cas taxés. Seuls ceux qui veulent transiter, paient ou choisissent de contourner. »

« Il va falloir faire de la pédagogie, repréciser l’exposé des motifs, sachant que c’est sans doute seulement le timing qui n’est pas le bon. Le gouvernement ne voulait pas d’un amendement instaurant une nouvelle taxe juste avant les Européennes », souligne, en off, un proche du dossier.

Refuser l’ajout de nouvelles taxes, est, aussi, la position défendue par les élus LR de la Métropole de Lyon qui se sont réjouis, mardi soir, du rejet de l’amendement sans manquer de railler le fait que les députés « ont été retoqués par leur propre gouvernement ». « Notre groupe avait immédiatement réagi pour affirmer son opposition à cette taxe de transit en l’absence d’une véritable alternative offerte aux automobilistes pour se déplacer en transport en commun ». Un argument qui tendrait à prouver que la notion de péage urbain n’est pas comprise par tout le monde de la même façon.

Le député LREM Thomas Rudigoz, lui, ne s’avoue pas vaincu, ni même déçu. « L’amendement sera représenté lors de la prochaine séance publique, début juin. Avant cela, nous avons rendez-vous au ministère du Transport pour en rediscuter. »

15.000 véhicules à détourner

115 000 véhicules empruntent, chaque jour, le tunnel de Fourvière. Parmi eux, 15 000 ne font que traverser Lyon. L’option d’un péage de transit pourrait, ainsi, potentiellement éloigner du centre, 10 % des véhicules. Face à une taxe au montant dissuasif, les automobilistes seraient, ainsi, incités à emprunter l’A46. C’est à l’est, en effet, que s’est amorcée l’esquisse d’un grand contournement. La partie nord existe avec l’A432 et l’A46 nord (Saint-Priest/Anse). Son achèvement nécessite un prolongement au sud de l’A432 pour rejoindre la vallée du Rhône. À un niveau probablement proche de Vienne restant à définir.

L’État travaille à ce prolongement au sud de l’A432 en utilisant une portion à quatre voies de l’A43, la construction d’un shunt à Manissieux pour se raccorder à une A46 sud qui passerait de deux à trois voies dans chaque sens. Elle serait alors connectée à l’A7 par un autre shunt à Ternay. Au grand dam d'élus de l'Est.

Dominique MENVIELLE

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