Se déplacer Des places de parking supprimées au profit des trottinettes

Les trottinettes ont, pour le moment et faute d’installation, vocation à être stationnées n’importe où sur l’espace public, à quelques exceptions près.  Photo Progrès/Michel NIELLY
Les trottinettes ont, pour le moment et faute d’installation, vocation à être stationnées n’importe où sur l’espace public, à quelques exceptions près.  Photo Progrès/Michel NIELLY

La mairie souhaite transformer des places de stationnement de voitures en zones de stationnement pour les trottinettes et les autres engins en libre-service. Les aménagements seraient en partie financés par la taxe que payeront les opérateurs à partir du 1er septembre.

Le travail de fond avec la Métropole doit commencer en septembre. Mais d’ores et déjà, la réflexion est lancée. Alors que le conseil municipal a validé ce lundi le principe d’une redevance d’occupation du domaine public pour les activités de locations de scooters, de vélos et de trottinettes en libre-service sans station sur le territoire de Lyon, la question se pose de savoir ce que va faire la Ville de cette recette.

À compter du 1er septembre 2019, les opérateurs devront en effet mettre la main à la poche pour le stationnement sur l’espace public de leurs flottes. 24 euros par vélo classique ou à assistance électrique, 30 euros par trottinette classique ou électrique, 80 euros pour un scooter électrique, 100 euros pour un scooter thermique, le tout par an.

Charge aux opérateurs de fournir un récapitulatif mentionnant le nombre de vélos, trottinettes et scooters mis en service chaque mois. Alors que le nombre de trottinettes devrait atteindre le chiffre de 10 000 d’ici l’été, la recette rien que pour ces engins s’élèverait à 300 000 euros. Sans compter la recette des autres moyens de transport…

10 000 trottinettes en libre-service rapporteront 300 000 euros à la ville

Pour Jean-Yves Sécheresse, adjoint au maire de Lyon en charge de la Sécurité, « bien conscient des dysfonctionnements que ces nouveaux services peuvent engendrer sur le domaine public » et des gênes causées, notamment aux piétons qui circulent sur les trottoirs, cet argent pourrait servir à réaliser des zones de stationnement, notamment pour les trottinettes. L’espace nécessaire serait ainsi prélevé sur les places de stationnement voitures existantes.

Si Jean-Jacques David (LR et Apparentés) craint que cela n’accentue les problèmes de stationnement déjà grands pour les automobilistes - « Au 1er décembre 2018, près de 3 000 personnes étaient inscrites auprès de Lyon Parc Auto pour un abonnement illimité ou un abonnement domicile » - Françoise Chevallier, d’Europe Écologie les Verts, elle, se dit satisfaite. En revanche, elle aimerait que les suppressions de places de stationnement se fassent « en amont des passages piétons ». Elle aimerait en outre que cette redevance participe à l’aménagement et l’élargissement des pistes cyclables car les trottinettes vont circuler dessus, aussi, de plus en plus.

Et pour cause. En attendant le cadre juridique que doit fixer prochainement la loi d’orientation des mobilités, la ville a usé de son pouvoir de police pour réglementer les usages. Par arrêté, elle a en effet interdit la circulation des trottinettes sur les trottoirs, sous peine d’amende. Reste cette dernière question, dès lors, posée par Denis Broliquier : qui pour faire la chasse, vraiment, aux contrevenants ?

Tatiana VAZQUEZ

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