Animaux A Confluence, ils craignaient de se voir parqués avec leur chien

Dans le quartier de La Confluence, les chiens se baladent en liberté surveillés de près par leurs maîtres.  Photo Progrès /Lionel BROSSARD
Dans le quartier de La Confluence, les chiens se baladent en liberté surveillés de près par leurs maîtres.  Photo Progrès /Lionel BROSSARD

À Confluence, le projet d’un espace d’agility pour les chiens du quartier semait le doute ces derniers temps chez les habitants. La mairie est venue les rassurer ce jeudi.

Entre chiens et maîtres, c’est la voix de Xavier Calmard qui s’élève au milieu du jardin d’Erevan. L’adjoint au maire du 2e arrondissement, responsable des Espaces publics, est venu, jeudi 16 mai, défendre son projet de parc d’agility canine pour les chiens de Confluence. Face à lui, une bonne vingtaine d’habitants et leurs compagnons à quatre pattes, qui émettaient quelques réserves sur cette nouvelle aire.

La mairie souhaite en effet satisfaire la forte population canine de la zone en créant devant les locaux du Progrès, en lieu et place d’un espace sanitaire canin laissé à l’abandon, une aire flambante neuve d’agility de 25 mètres sur 12. Mais les habitants craignaient que le projet soit un prétexte pour verbaliser tout chien qui ne serait pas tenu en laisse en dehors de la zone prévue.

Un projet à 10 000 €

L’élu a tenu à rétablir le dialogue en demandant aux habitants : « Est-ce que vous avez déjà eu une seule fois la police ici ? » Face à cela, un « non » unanime tend à rassurer les locaux.

L’opposition active au projet était en réalité le fait principal d’une habitante qui a finalement jeté l’éponge face à l’engouement partagé par presque tous ses voisins. « Elle voyait tout en noir », nous dit l’une des voisines au sujet de l’irréductible opposante. Et l’élu du 2e arrondissement d’ajouter : « Une personne a cru que j’étais là pour parquer les chiens et mettre des amendes alors que pas du tout. »

Mettre l’accent sur le canin

Les chiens pourront toujours gambader dans le jardin d’Erevan (lieu de leur rendez-vous habituels) et jouir du nouvel espace d’agility : les habitants sont rassurés. « Pour une fois qu’une mairie propose quelque chose », déclare une habitante satisfaite. Car le projet n’est pas mince. Ce sont 10 000 € qui seront attribués à cette aire qui devrait voir le jour en septembre, dans un premier temps sous une forme entièrement démontable.

Xavier Calmard a cependant tenu à rappeler qu’il sera intransigeant sur la propreté du d’Erevan : « Moi par contre ce qui me pourri la vie, ce sont les crottes de chien. » Constatant le bon respect des lieux par les habitants, il espère que les choses continueront ainsi.

L’idée de cette aire n’est pas anodine. En juin dernier, Xavier Calmard avait organisé le festival “J’aime mon chien, j’aime ma ville” pour rencontrer les habitants du quartier. C’est d’ici qu’est née la volonté de créer un espace dédié aux chiens. Le festival devrait aussi être pérennisé.

Jardin d’Erevan, un espace de sociabilisation des chiens et des maîtres

Petits et grands, à poils courts ou longs, il y en a pour tous les goûts.  Photo Progrès /Lionel BROSSARD
Petits et grands, à poils courts ou longs, il y en a pour tous les goûts.  Photo Progrès /Lionel BROSSARD

Les habitants de La Confluence ont leurs petites habitudes. Pour les propriétaires canins du quartier, le rendez-vous obligatoire c’est la balade au jardin d’Erevan. Ici, les chiens de toute sorte et toute taille gambadent à l’air libre pendant que leurs maîtres discutent. C’est par crainte de perdre cela que les habitants étaient frileux au projet. « C’est génial de faire des nouveaux projets, il faut juste qu’on nous laisse aussi cet espace (le jardin d’Erevan) qui est convivial et où on peut tous se réunir », déclare une habitante alors qu’une autre explique que son voisin va même promener son chien à sa place lorsqu’elle ne peut pas.

D’autant plus que ce collectif d’habitants est très important. Une conversation sur l’application WhatsApp regroupe déjà 32 personnes, mais il y a près de 60 propriétaires canins qui se réunissent occasionnellement au jardin d’Erevan.

Xavier Calmard : « Quand je tiens un os, je ne le lâche pas »

Xavier Clamard parmi les chiens dans le jardin d'Erevan pour expliquer son projet. Photo Le Progrès/Lionel BROSSARD
Xavier Clamard parmi les chiens dans le jardin d'Erevan pour expliquer son projet. Photo Le Progrès/Lionel BROSSARD

Lui même habitant de Confluence, le quatrième adjoint de la mairie du 2e arrondissement, Xavier Calmard avait à cœur de faire quelque chose pour la population canine du quartier. S’il n’a plus de chien aujourd’hui, il veut permettre aux bêtes à poil de s’épanouir pleinement dans le quartier. Le projet n’a pas été simple à mener. Initialement prévu pour juin, les craintes exprimées par certains habitants ont reporté le projet à septembre. Mais l’élu a défendu son idée jusqu’au bout : « Quand je tiens un os, je ne le lâche pas », affirme-t-il avec fierté.

De notre correspondant local, Lionel BROSSARD

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