Circulation Trottinettes : « Des zones de stationnement devraient être rapidement mises en place »

Nicolas Grose, directeur général de Dott France, Manon Pagniez, responsable Dott Lyon et Matthieu Faure, directeur marketing Dott Europe étaient tous les trois présents pour la réunion autour de la charte.  Photo Progrès/David TAPISSIER
Nicolas Grose, directeur général de Dott France, Manon Pagniez, responsable Dott Lyon et Matthieu Faure, directeur marketing Dott Europe étaient tous les trois présents pour la réunion autour de la charte.  Photo Progrès/David TAPISSIER

Jeudi dernier, les sept opérateurs de location de trottinettes électriques étaient présents à l’Hôtel-de-Ville. L’objectif ? Signer la charte de bonne conduite adoptée au conseil municipal en mars dernier. Parmi elles Dott, la dernière venue, explique la raison de sa présence et les enjeux d’un tel engagement.

Vous êtes les derniers arrivés à Lyon, en avril. Votre présence à l’Hôtel de ville est assez logique. Comment s’est passée la réunion ?

Matthieu Faure : « Nous avons tous été reçus par Gérard Collomb, Jean-Yves Sécheresse et les équipes dédiées à la problématique des trottinettes. Notre présence était indispensable et légitime. Nos échanges ont commencé en janvier avec la ville de Lyon. La charte avait été évoquée : notre engagement responsable nous a permis d’avoir pris dès le départ des engagements qui allaient dans le bon sens. Lors de notre installation en avril, nous prenions déjà en compte les zones de non-stationnement, et des patrouilleurs présents à Lyon sensibilisaient le public. Dans le même sens le partage de nos données est intéressant pour étudier les meilleures zones de stationnements et réfléchir sur le vandalisme  ».

Vous parlez d’engagement responsable de Dott. Comment se matérialise-t-il sur le terrain ?

Nicolas Gorse : « Lyon est la première ville dans laquelle nous nous installons, après des tests à Bruxelles et Paris. Ici, nous sommes arrivés avec nos spécificités : responsabilité et durabilité. Nous sommes une start-up franco-européenne, basée à Paris, spécialisée en micro-mobilité. Notre trottinette, nous la voulons durable : des grosses roues, une batterie plus importante, une plateforme plus large, un double freinage.

Durable veut dire également réparation sur place, dans un atelier de mécanique à Villeurbanne et l’installation d’une filière de recyclage. C’est de notre responsabilité de pouvoir tout réparer mais aussi de recharger nous-même les véhicules dans nos entrepôts ».

« Faire du donnant-donnant »

Comment intégrer cette charte et ces contraintes au quotidien ?

Matthieu Faure : « L’idée, c’est de faire avec la ville du donnant-donnant. Cette charte va évidemment évoluer avec les discussions de ce jeudi et nous attendons de voir le cadre qui sera donné grâce au projet de loi d’orientation des mobilités (Loi LOM). Ce jeudi, les principaux échanges ont porté sur le stationnement et sur la sécurité. Concernant le stationnement, des zones dédiées aux trottinettes devraient être rapidement mises en place en fonction des données récoltées par les différents opérateurs. Pour la sécurité, le double freinage mais surtout le rechargement dans des entrepôts et non par des particuliers est une vraie volonté de la ville ».

Comprenez-vous ces exigences ?

Manon Paniez : « Tout à fait ! Chaque ville est différente et les échanges sont primordiaux. Par les échanges on apprend à connaître la ville. Notre chance, c’est notre proximité. Nous sommes plusieurs de Lyon et notre connaissance de la ville est un atout. Pour le moment, entre 500 et 800 de nos trottinettes sont déjà positionnées et nous comptons nous installer progressivement sur Lyon et Villeurbanne ».

La redevance d’accès du domaine public a-t-elle été évoquée ?

Nicolas Gorse : « Nous l’avons évoqué en janvier, sans parler chiffre. Sur le principe, nous sommes d’accord pour que ça serve au stationnement dédié. Mais ce jeudi, sans surprise, aucun des opérateurs n’en a parlé ! »

Une charte de bonne conduite et de bonne volonté

Adoptée le 9 mai, la charte symbolique de bonne conduite n’engagera pas légalement les plateformes de location de trottinettes.Toutefois, en la signant, les opérateurs affirment leur bonne volonté à respecter et faire respecter aux utilisateurs les règles de régulation de leur activité.

Voici quelques extraits de bonnes pratiques à retenir :

- Les trottinettes avec moteur sont interdites sur la chaussée et les trottoirs,

- La circulation à trottinette est interdite sur les voies du tramway ainsi que dans les cimetières,

- Dans l’attente de la réglementation spécifique aux trottinettes avec moteur sur l’espace public, il sera admis, à Lyon, que les trottinettes avec moteur circulent sur les aménagements cyclables ou la chaussée à 25 km/h (sauf dans les zones de rencontre où le piéton est prioritaire et où la vitesse est limitée à 20 km/h).

- L’opérateur devra inciter ses utilisateurs à porter un casque, un gilet rétro réfléchissant, à ne pas pratiquer la trottinette avec des écouteurs et à mobiliser des moyens techniques afin de développer par exemple des systèmes de bridage de la vitesse de ses trottinettes électriques suivant le secteur.

- L’opérateur s’engage à éviter que ses trottinettes stationnées ne causent de gêne aux piétons et aux véhicules. De plus, dans certains endroits, il est également interdit de stationner les trottinettes (les parties centrales des places Bellecour, Jacobins, la place de la Réplique…). Dans le cas contraire, elles pourront être enlevées par les services de police.

Dernier point, les quais du Rhône et de Saône. Un arrêté interdit la circulation sur les quais de Saône. Les quais du Rhône pourront être utilisés, mais interdiction de s’y garer.

Propos recueillis par David TAPISSIER

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