Transports Trains : ça coince à Lyon, quelles solutions ?

La gare de la Part-Dieu est actuellement en train de se doter d’une douzième voie, la voie “L”, afin de résorber les retards et fluidifier le trafic.       Photo d’archives Progrès   /Joël PHILIPPON
La gare de la Part-Dieu est actuellement en train de se doter d’une douzième voie, la voie “L”, afin de résorber les retards et fluidifier le trafic. Photo d’archives Progrès /Joël PHILIPPON

Pour fluidifier le trafic, des mesures immédiates sont prises, tandis qu’un grand débat sur la désaturation du nœud ferroviaire lyonnais est en cours.

C’est quoi, un « nœud ferroviaire » ?

1166 trains correspondant à douze lignes traversent Lyon quotidiennement. C’est le « nœud » le plus « emprunté et le plus complexe de France », selon la SNCF. La région est d’ailleurs la deuxième plus mal placée en France, derrière PACA, en termes de ponctualité des trains (lire par ailleurs). Bien plus, les incidents locaux (un passage à niveau en panne, un accident de voyageur, une avarie dans un train) entraînent des retards sur une grande partie du trafic national. « Quand le nœud ferroviaire lyonnais est enrhumé, c’est toute la France ferroviaire qui tousse », dit-on à la SNCF. Cette congestion empêche, du coup, d’injecter de nouveaux trains, notamment en heures de pointe, malgré la demande.

Un plan à court terme

Pour fluidifier le trafic et résorber les retards chroniques, une douzième voie, la voie “L”, est en cours de construction à la gare de la Part-Dieu. Le hall de la gare est également en train d’être revu et corrigé pour améliorer les flux des voyageurs. Un grand nombre de personnes ne font, en effet, que traverser la gare pour aller récupérer un tramway. Ils n’ont pas tous été positionnés côté métro et bus.

Fret : un contournement en panne

Si 51 % du trafic des gares lyonnaises concerne les TER, et 18 % les TGV, le fret représente 15 %. Le tracé nord du contournement ferroviaire de Lyon a fait l’objet d’une déclaration d’utilité publique en 2010. L’État n’engage toutefois pas les travaux. Or, retirer le fret des gares lyonnaises donnerait du mou aux trains de voyageurs. Créer le contournement ferroviaire permettrait aussi… de développer le fret. Une lapalissade en forme d’impératif, en raison de l’urgence climatique, surtout quand on sait qu’un train de marchandises correspond au chargement de 45 poids lourds.

« Désaturation du nœud » pour un doublement du trafic à l’horizon 2040

Le projet proposé par SNCF Réseau, objet d’un débat public, est de doubler la capacité ferroviaire à Lyon. D’aucuns considèrent que ce n’est pas suffisant. Une première option consiste à rajouter deux voies “M” et “N” en surface, entre Saint-Clair (Caluire) et Guillotière (Lyon 7e ), sur dix kilomètres, ce qui impliquera de les construire en encorbellement sur le parcours qui passe entre le parc de la Tête d’Or et le boulevard Stalingrad (Villeurbanne). Coût : 2,8 milliards d’euros. Ou alors, on fait passer ces deux voies supplémentaires en souterrain (4.3 milliards d’euros), avec la contrainte de créer une gare en sous-sol, à la Part-Dieu, comme à Montpellier, par exemple, option retenue par le maire de Lyon qui présente une délibération en ce sens au conseil municipal du 20 mai. Un doublement de la ligne Lyon-Grenoble entre Saint-Fons et Grenay est également prévu.

Et Saint-Exupéry ?

La ministre des Transports a passé commande d’une étude à SNCF Réseau pour une utilisation renforcée de la gare de l’aéroport Saint-Exupéry. La Métropole de Lyon et la Ville ne sont pas favorables à ce développement de la gare accolée à l’aéroport. La Région, elle, oui.

4,3

C’est, en milliards d’euros, le coût du projet de gare souterraine à la Part-Dieu. L’option d’élargissement du sillon ferroviaire en surface est quant à lui chiffré à 2,8 milliards.

Ponctualité : « Nous sommes en train de progresser », assure SNCF Réseau

L’entrée ouest de la gare est  en plein chantier.  Photo Progrès /P. J.
L’entrée ouest de la gare est en plein chantier.  Photo Progrès /P. J.

Un an après le vote de la réforme de la SNCF, Patrick Jeantet est venu jeudi dernier à Lyon pour rencontrer près de 500 des cadres de la société ferroviaire basés dans le sud-est de la France. À cette occasion, le président de la SNCF Réseau a évoqué les efforts prévus pour accroître la productivité des équipes (+ 2 % par an) en s’appuyant sur plusieurs leviers dont celui du digital. Mais les voyageurs devraient aussi bénéficier de cette transformation selon le dirigeant. À commencer par le respect de la ponctualité. « Nous sommes en train de progresser. On vient de dépasser le cap de 85 % de trains en moyenne qui partent à l’heure contre 80 % il y a encore peu de temps, souligne Patrick Jeantet. La gare de la Part-Dieu était à 52 % il y a un an, elle atteint aujourd’hui 69 % malgré le chantier de la gare. »

Pour réussir l’ensemble des chantiers, souvent très attendus par les voyageurs, sur l’ensemble du territoire (30 000 km de lignes), le président de SNCF Réseau a annoncé la mise en place d’un plan stratégique sur quinze ans.

Lyon-Paris : de 13 à 16 trains à l’heure à l’horizon 2024

« Le but est bien de pouvoir faire passer plus de trains sur le réseau existant, explique-t-il, ainsi nous prévoyons d’ici 2024 d’augmenter le nombre de trains entre Lyon et Paris. On va passer de 13 trains à l’heure par sens à 16 sans construire de nouvelles lignes ». Quant au fret, parent pauvre de la SNCF, Patrick Jeantet prévoit un plan de relance qui s’appuiera sur la demande des entreprises concernées. De plus, il a insisté sur le fait que « si on veut améliorer le fret ferroviaire en France, il faudra trouver des solutions pour le nœud ferroviaire lyonnais et le contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise, c’est essentiel d’investir dans les grands nœuds ferroviaires car ils constituent des goulots d’étranglement du réseau ».

Quant aux investissements dans la région, ils sont passés de 400 M€ il y a deux ans, à près de 750 M€ cette année, cofinancés avec l’État et la Région. Thomas Allary, le directeur régional Auvergne-Rhône-Alpes de la SNCF, a indiqué que le chantier de la gare de la Part-Dieu (dont la construction de la 12e voie) se déroulait « bien et dans le respect des délais et des coûts ». Tout en précisant que ce grand chantier va « permettre de rattraper le retard de plusieurs décennies. Mais si on veut augmenter le nombre de trains, il faudra d’autres aménagements et de nouvelles méthodes d’exploitation ». Faisant ainsi référence au débat en cours sur la nécessité ou non de nouvelles infrastructures ferroviaires à Lyon.

Un centre de formation SNCF à Saint-Priest en 2022
Appelant à plus de décentralisations au sein de son entreprise, Patrick Jeantet, le président de SNCF Réseau a confirmé l’ouverture d’un grand centre de formation, basé à Saint-Priest, en 2022.

NFL : les prochaines réunions
Voici les prochaines réunions publiques organisées par la Commission nationale du débat public dans le Rhône : “Quels aménagements ? Quels impacts”, le jeudi 6 juin à Lyon, le mardi 11 juin à Vénissieux et le mardi 18 juin à Villeurbanne. Une conférence-débat sur les transports des marchandises sera organisée à Lyon le mardi 4 juin. Plus d’informations : www.noeud-ferroviaire-lyonnais.debatpublic.fr 

Sophie MAJOU

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