Lyon 5e Mésanges, chouettes, vers luisants: la vie reprend au cimetière de Loyasse

L’écosystème s’est mis en place tout seul dans la mare. Ici une larve d’Agrion, de la famille des “demoiselles”. Photo Progrès /Aline DURET
L’écosystème s’est mis en place tout seul dans la mare. Ici une larve d’Agrion, de la famille des “demoiselles”. Photo Progrès /Aline DURET
Une mare a été créée dans le cimetière.  Photo Progrès /Aline DURET
Une mare a été créée dans le cimetière.  Photo Progrès /Aline DURET
Photo Progrès/Aline DURET
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L’écosystème s’est mis en place tout seul dans la mare. Ici une larve d’Agrion, de la famille des “demoiselles”. Photo Progrès /Aline DURET Une mare a été créée dans le cimetière.  Photo Progrès /Aline DURET Photo Progrès/Aline DURET Photo Progrès/Aline DURET

Comment faire revenir la biodiversité en ville ? C’est sur les hauteurs du 5e arrondissement de Lyon que se trouve un morceau de réponse. Dans les allées silencieuses du cimetière de Loyasse.

Il a fallu beaucoup de ténacité pour passer de la parole aux actes. Labellisé Refuge LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) depuis 2016, le cimetière de Loyasse est devenu terre d’accueil d’une multitude de petits animaux que l’on croyait bannis à jamais du monde urbain et de sa pollution.

Et c’est aujourd’hui un premier bilan très satisfaisant de ce projet un peu fou que nous dressent les promoteurs du projet, la Ville de Lyon, propriétaire des lieux et la Ligue de protection des Oiseaux. D’abord convaincre. Dire qu’un cimetière est bien un lieu de souvenir et de recueillement mais aussi « un lieu très vivant, végétal et fleuri ». Puis abandonner les pesticides, là c’est le cheval de bataille du service des Espaces verts, pour entretenir ce vaste espace de 12 hectares.

À partir de là, le projet a démarré. Ainsi, les prairies ne sont tondues que deux fois par an, pour laisser le temps aux insectes de se développer. Attirés par les coquelicots ils sont au menu des martinets. Cette nourriture de choix fait revenir les oiseaux. Mais pas seulement. Tous peuvent désormais investir les trente gîtes et nichoirs installés par la LPO.

 Fabien Dubois, coordinateur Refuge LPO. Photo Progrès/Aline DURET
Fabien Dubois, coordinateur Refuge LPO. Photo Progrès/Aline DURET

Une mare pour favoriser la faune sauvage

Une douzaine d’entre eux fixés tout en haut des pins ont été investis par les mésanges. Et ça piaille ces temps-ci, petits et adultes se délectant de chenilles processionnaires. « Plus besoin de faire intervenir une entreprise pour les traiter », explique Fabien Dubois, coordinateur Refuge LPO, surpris même de l’efficacité de la technique.

Les martinets affluent, la chouette hulotte a été entendue, le hibou Grand-Duc aussi. Les hérissons trottinant sur les terres de Loyasse sont au menu du plus grand rapace nocturne d’Europe. Ce jeudi matin, Fabien Dubois a vu un faucon chasser un lézard des murailles. Des zones de bois morts servent de domicile aux petits mammifères, coléoptères, limaces, escargots et autre vers luisant… Deux hôtels à insecte vont bientôt voir le jour, futurs supports pour communiquer sur les abeilles.

Enfin et depuis quelques semaines, le cimetière de Loyasse abrite une… mare où d’élégantes libellules côtoient tout un tas d’insectes qui ont élu domicile autour de cette précieuse zone humide. Un lieu garanti sans moustique, ironise le spécialiste, la mare est remplie de prédateurs qui ont la vie sauve, grâce à l’absence de poissons. « Cet écosystème s’est mis en place tout seul », constate le spécialiste. C’est un peu la magie du lieu.

Dans le cadre du Printemps des cimetières, des visites sont organisées à Loyasse, 43 rue du Cardinal-Gerlier, dimanche 19 mai : à 9 h 30, visite guidée de l’ancien cimetière par Lyon City Trek ; de 10 h à midi, visite guidée par Sauvegarde et Embellissement de Lyon ; à 14 h, visite guidée menée par la LPO et Jean-Luc Chavent.

Alain Giordano, adjoint au maire de Lyon. Photo Le Progrès /Nadine MICHOLIN
Alain Giordano, adjoint au maire de Lyon. Photo Le Progrès /Nadine MICHOLIN

« On est dans une bonne démarche »


Fabien Dubois, coordinateur Refuge LPO

« Un premier bilan ? Il est plutôt satisfaisant, on est allé dans le concret. Cela a mis du temps, mais tout a été réalisé, toutes nos préconisations ont été appliquées. Il faut que ce projet puisse servir d’exemple aux gens. Cela me rend optimiste, on n’est pas dans l’affichage, on est dans une bonne démarche. »

« Les cimetières lyonnais comme des lieux de biodiversité »


Alain Giordano, adjoint au maire de Lyon

« Les 50 hectares des cimetières lyonnais doivent être envisagés comme des lieux de biodiversité. Devant la réussite de cette opération, on souhaite l’étendre au cimetière de la Guillotière. Le public est sensible à une non-utilisation des pesticides, du coup, l’herbe prend sa place, un peu à la façon d’un cimetière à l’anglaise. Je crois que c’est apprécié, mais un travail d’explication est mené par les agents municipaux. Des panneaux pédagogiques vont être installés pour expliquer la démarche ».

Aline DURET

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