Déplacements “Le gouvernail”, l’innovation lyonnaise pour arriver à bon port

Sébastien Noll et Matthieu Audebaud présentent leur création devant le grand Hôtel-Dieu.  Photo Progrès /Lionel BROSSARD
Sébastien Noll et Matthieu Audebaud présentent leur création devant le grand Hôtel-Dieu.  Photo Progrès /Lionel BROSSARD

Si les trottinettes sont omniprésentes, à Lyon on se déplace aussi à pied. Depuis début mai, la start-up lyonnaise vOOg a installé rue Bellecordière son nouveau gouvernail urbain pour orienter tous les passants.

Drôle d’objet qu’est le nouveau gouvernail de vOOg. Apparu le 3 mai devant l’une des entrées du Grand Hôtel-Dieu, le gouvernail attire les yeux des passants. Mais qu’est-ce donc ?

À la fois discret et fort utile, le gouvernail possède une capsule à double face semblable à un œil, qui est perchée sur un support métallique à hauteur d’homme. Le pied en métal pouvant tourner à 360° lorsque l’on prend l’objet en main, l’on se croirait presque aux commandes d’un vaisseau maritime.

Car c’est bien cela l’utilité de cet objet. Dans l’œil de cette capsule, que l’on regarde plus attentivement qu’elle nous regarde, se trouve une cartographie des environs. Grâce à une liste des centres d’intérêt environnants, vous pouvez retrouver votre destination qui correspond à un numéro. Il suffira ensuite de tourner le gouvernail pour placer le numéro en question juste en face de vous et avoir ainsi un plan orienté correctement pour arriver à bon port.

L’innovation fait mouche dans le milieu des mobilités urbaines

La double face de la capsule permet même d’avoir deux cartes, à deux échelles différentes. Une variable qui peut aider à dresser des parcours touristiques pour les villes, parcs d’attractions ou même pour salons.

Alors que toutes les grandes agglomérations s’activent autour des politiques dites de «marchabilité» de la ville, l’innovation fait mouche dans le milieu des mobilités urbaines.

«C’est le syndrome de l’épine dans le pied»

Le gouvernail est encore pour le moment en phase de test dans la France entière. Avec actuellement sept prototypes en France comme celui du Grand Hôtel-Dieu, les deux créateurs fignolent les plans de marché pour se lancer dans l’industrialisation du produit.

Le gouvernail, c’est en quelque sorte Google Map en version mobilier urbain. Sauf qu’ici, pas de problème de batterie, pas de suivi aveugle du GPS, l’objet permet de «réinstaurer le dialogue entre l’espace et l’utilisateur», souligne Sébastien Noll, l’un des deux créateurs.

C’est l’aspect matériel de l’objet qui renforce son intérêt. Construit près de Tours avec 100 % de matériaux recyclables, le gouvernail se veut aussi bien écologique qu’éducatif.

Lorsqu’on l’interroge sur l’origine de cet objet, Matthieu Audebaud avoue volontiers : «C’est le syndrome de l’épine dans le pied. C’est né d’une faiblesse personnelle, en l’occurrence un très mauvais sens de l’orientation.»

Le gouvernail sera peut-être au centre de la vie urbaine puisque de nombreuses villes telles que Lyon, Clermont… se sont montrées intéressées par le projet.

“vOOg”, petite start-up qui deviendra grande

Née de la rencontre entre Sébastien Noll et Matthieu Audebaud, la start-up vOOg s’est installée en septembre 2018 en terre lyonnaise. Experte en signalétique et information voyageurs dans les transports urbains et autres espaces de mobilité, vOOg axe principalement son activité sur le développement de son outil phare : le gouvernail.

Dans cette start-up en plein dans l’air du temps, les profils sont complémentaires. Sébastien Noll, ancien employé de Transdev s’intéresse énormément aux problématiques de mobilités urbaines notamment celle de la « marchabilité » des villes. De son côté, Matthieu Audebaud, issu du milieu de la philosophie a imaginé l’objet innovant.

Si la jeune entreprise repose aujourd’hui sur le travail de sept collaborateurs, un premier employé va faire son arrivée en juin. Les objectifs de vOOg étant ambitieux, les embauches liées à la start-up devraient aller crescendo. En effet elle va avoir besoin de plus en plus de salariés car après la conquête du marché français, les deux acolytes lyonnais comptent bien s’attaquer à l’international.

De notre correspondant LIONEL BROSSARD

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