Education Ces Lyonnais émérites racontent leurs années “lycée Ampère”

Guy Charlot, Bernard Pivot, Mickaël Peters, Raymond Domenech, André Manoukian et Thierry de la Tour d’Artaise sont tous sortis du lycée Ampère. Photo Progrès/Michel NIELLY
Guy Charlot, Bernard Pivot, Mickaël Peters, Raymond Domenech, André Manoukian et Thierry de la Tour d’Artaise sont tous sortis du lycée Ampère. Photo Progrès/Michel NIELLY

500 ans d’existence. C’est dire si le lycée Ampère en a vu passer des élèves… Et certains ont marqué les esprits. Parmi eux, six hommes qui ont fait, comme on dit, « carrière » et qui pour la fête d’anniversaire sont revenus sur leurs années lycée. Désignés parrains de l’événement pour leurs talents dans les domaines de l’éducation, du sport, des arts, de la communication, de la littérature et de l’industrie, Bernard Pivot, Thierry de la Tour d’Artaise, Guy Charlot, André Manoukian, Raymond Domenech et Mickaël Peters, ont confié anecdotes, souvenirs et secrets, etc. Témoignages.

« Je dois à M. Giberné d’être expert-comptable »

Photo Progrès /Michel NIELLY
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Thierry de la Tour d’Artaise, PDG du groupe SEB

« Onze ans de présence jusqu’à la prépa HEC. En optant pour le grec au lieu d’une deuxième langue, j’ai partagé ce choix avec seulement trois autres camarades. Presque des cours particuliers ! En 1re , j’ai eu la chance d’avoir en maths, M. Giberné, je lui dois sûrement d’être aussi expert-comptable. Tout en vivant les événements de 68, un grand bazar, j’ai passé et réussi les bacs C et L à Ampère. »

« Un exemple d’espoir pour les mauvais élèves ? »

Photo Progrès /Michel NIELLY
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Bernard Pivot, journaliste, écrivain

« De la trouille, car je redoublais mon bac. J’étais en classe avec un brillant élève qui est devenu un ami et un futur concurrent, le critique littéraire J-J Brochier. Nul en physique et chimie, j’ai choisi la philo, préférant l’orthographe et la grammaire qui ne servaient plus à grand-chose pour ce type de bac que j’ai eu avec tout juste 10/20. Ne serais-je pas un exemple d’espoir pour les mauvais élèves ? »

« Je me suis senti totalement perdu »

Photo Progrès /Michel NIELLY
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Raymond Domenech, sélectionneur de football

« Je me suis totalement senti comme perdu dans ce lycée aux centaines de salles de cours. Pendant six mois, j’ai dû apprendre à grimper et dévaler des escaliers. Le seul chemin que je connaissais par cœur était celui de la cantine. Il me fallait y arriver le premier pour avoir une bonne place à table. C’est peut-être là que j’ai vu que je savais courir vite. En foot, cet entraînement m’a servi. »

« Sept ans pour un bac C avec un 5 en maths »

Photo Progrès /MICHEL NIELLY
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André Manoukian, auteur-compositeur

« Sept ans pour un bac C que j’ai eu avec un 5 en maths et un 16 en français. Trois professeurs m’ont marqué. Celui de français pour ses métaphores, celui des maths pour son accent du sud et surtout celle d’anglais, Madame Journoud, qui faisait des fêtes chez elle où on chantait du rock et apprenait à faire des crêpes à vendre pour tous aller en Angleterre. »

« J’y ai découvert le jeu du tarot »

Photo Progrès /Michel NIELLY
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Guy Charlot, inspecteur d’académie

« Ampère ? Un aspect de prison qui m’a désespéré le premier mois, mais un important lieu d’apprentissage et de métissage. J’y ai découvert le jeu du tarot. En fin de terminale, le proviseur, avec mes dossiers pour les prépas en main, m’a convoqué. Cinq secondes pour décider celui que je voulais ne pas déchirer. Un choix brutal mais que je n’ai pas regretté. »

De la Confrérie de la Trinité à la Ville de Lyon, 500 ans d’histoire

Le lycée Ampère ? C’est 500 ans d’histoire. Cinq siècles qui, pour le faire vivre, ont vu se succéder la Confrérie de la Trinité (8 ans), le consulat lyonnais (38 ans), les Jésuites (197 ans), les Oratoriens (30 ans) puis, à partir de 1792, à la suite de la loi supprimant les congrégations religieuses, la Ville de Lyon et l’État.

Collège de la Trinité, grand collège, lycée impérial, collège royal, lycée de Lyon et lycée Ampère (en 1888) en sont les appellations successives. C’est en 1914 qu’il a cessé d’être, à Lyon, le seul établissement d’enseignement secondaire public. De l’enseignant et principal Barthélémy Aneau (1561) à la conseillère régionale Nora Berra (fin des années 1970), d’illustres Français ont fréquenté ce lycée. Certains ont écrit leur parcours, comme Alphonse Daudet dans Le Petit Chose. Ouvert aux enfants pauvres et méritants dès 1527, ce lycée se distingue par un brassage social, qui bénéficie d’une excellence pédagogique. 1 624 élèves et étudiants le fréquentent cette année, fort d’un soutien assuré par 137 enseignants et personnel contractuel sous la direction de la proviseure Anne-Marie Brugeas. La soirée anniversaire a fait suite à diverses festivités commencées, le 8 octobre, par une chaîne humaine de 500 élèves et enseignants.

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