Solidarité Des Compagnons pour oublier le handicap

À l’Escale solidaire, Quiterie et Régis, handicapé, échangent autour d’un jeu de société. En pull bleu, Martin Fautrad, responsable des activités. Photo Progrès/Christian SALISSON
À l’Escale solidaire, Quiterie et Régis, handicapé, échangent autour d’un jeu de société. En pull bleu, Martin Fautrad, responsable des activités. Photo Progrès/Christian SALISSON

Depuis 2015, les Compagnons, entité de l’association Simon de Cyrène Lyon Métropole, favorisent les rencontres entre porteurs de handicap et personnes valides. Afin de rompre l’isolement social trop fréquent des premiers.

C’est une histoire de partage, de volonté de réunir deux mondes qui ne se rencontrent pas facilement. D’échange, entre des valides disposant d’un peu de temps et des handicapés désireux de s’inclure dans le monde des valides pour se mêler à une activité, une conversation, un repas.

« Naturellement, ce ne sont pas les gens qui viennent à moi, raconte Régis, 43 ans, développeur PAO (publication assistée par ordinateur) en recherche d’emploi et handicapé moteur. Je dois faire l’effort, sans cesse, pour nouer et entretenir des contacts avec les valides. Et ce n’est pas facile ! Du côté des personnes handicapées, il est facile de rester entre soi, d’où une espèce d’enfermement que je ne supporte pas. Du côté des valides, le rythme de vie n’est pas le même. Et, des préjugés – comme la peur de l’inconnu – les freinent dans la démarche. On m’a parlé des Compagnons de Simon de Cyrène et, depuis quelque temps, je les fréquente plus ou moins régulièrement. J’y trouve là le monde réel des valides, composé de différents profils de la société : étudiants, actifs, retraités. Les conversations abordent plein de sujets, pas seulement celui du handicap. C’est ce que je recherche ! »

« Donner du temps aux autres est indispensable »

Quiterie, étudiante en droit de 21 ans, adhère aux Compagnons depuis un an et est assez assidue. « Cette mission bénévole, de rencontre, d’échange, avec des porteurs de handicap mais aussi avec des compagnons valides, en toute simplicité, m’apporte beaucoup de joie. C’est une pause bénéfique dans ma vie d’étudiante. Je viens rencontrer les Compagnons une journée par mois et quelques heures par-ci par-là. Donner du temps aux autres en participant à des activités communes est pour moi indispensable », explique la jeune fille.

Martin Fautrad, titulaire d’un master de management d’action sociale et solidarité internationale, jeune responsable des activités des Compagnons, confie : « Les valides viennent au départ avec l’idée d’aider mais, très vite, au contact des personnes fragiles, ils se rendent compte que c’est la relation qui épanouit les uns et les autres. J’observe que les personnes fragiles humanisent le monde. »

compagnons.lyon@simondecyrene.org

Donner du temps aux autres en participant à des activités communes est pour moi indispensable

Quiterie, bénévole depuis un an

De notre correspondant local, Christian SALISSON

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