Sciences naturelles L’herbier de Lyon 1, une encyclopédie de la biodiversité

Dans les meubles majestueux de Roland Bonaparte, une collection exceptionnelle de végétaux du monde entier.  Photo Progrès /Monique DESGOUTTES
Dans les meubles majestueux de Roland Bonaparte, une collection exceptionnelle de végétaux du monde entier.  Photo Progrès /Monique DESGOUTTES
L’émouvante pivoine  Paenia officinalis, probablement recueillie à la fin du XIXe siècle.  Photo Progrès /M. D
L’émouvante pivoine Paenia officinalis, probablement recueillie à la fin du XIXe siècle.  Photo Progrès /M. D
Dans les meubles majestueux de Roland Bonaparte, une collection exceptionnelle de végétaux du monde entier.  Photo Progrès /Monique DESGOUTTES L’émouvante pivoine  Paenia officinalis, probablement recueillie à la fin du XIXe siècle.  Photo Progrès /M. D

Au campus de La Doua, à Villeurbanne, le bâtiment Herbier dédié à la botanique abrite la deuxième plus grande collection universitaire de végétaux du monde, après Harvard.

Le 6 avril 1926, Le Progrès titrait : “La Basilique de Flore”, relatant l’arrivée à Lyon de l’herbier du prince Roland Bonaparte. Cette donation avait nécessité « 22 wagons pour amener à Lyon 8 733 cartons de la collection Bonaparte, ainsi que 983 cartons de la collection Rouy et 1 800 volumes de la bibliothèque du petit-neveu de Napoléon ».

Patrimoine public ouvert aux amateurs et aux chercheurs du monde entier, d’abord abrité à Saint-Just, puis à la Faculté des Sciences, il a finalement rejoint en 1973 le bâtiment Herbier à la Doua, où « les meubles majestueux de Bonaparte lui servent toujours d’écrin » (1).

Huitième plus grande collection de végétaux du monde

D’autres herbiers enrichissent également les collections de Lyon 1 (notamment ceux de Michel Gandoger, Alexis Jordan et Georges Rouy). Cela fait de cet ensemble botanique extrêmement bien conservé, l’un des plus importants du monde universitaire après Harvard, et, toutes institutions confondues, le second en France, après le Muséum d’Histoire naturelle et, enfin, le huitième dans le monde.

À l’Herbier, toute une flore sommeille, précieuse et fragile à manipuler. La numérisation des 4,4 millions de spécimens de la collection Bonaparte et des 40 000 planches d’Alexis Jordan, qui vient de s’achever, permet de préserver ce trésor et de le mettre à disposition de tous sur la plateforme ReColNat (2).

(1) Cf. Le n°hors série de la revue Isotopes-Octobre 1997 - "La Mémoire du Futur". (2) Sur internet : www.recolnat.org/fr/ ●  Bâtiment Herbier, 9, rue Raphaël Dubois, Villeurbanne. Tél. 04 72 43 15 59. Site web : http://herbier.univ-lyon1.fr/ L’Herbier universitaire de Lyon 1 est ouvert au public pour les journées du patrimoine, la Fête de la Science et sur demande pour les groupes, les classes, etc.

Une visite botanique le 13 mai prochain

L’Université, ouverte à tout public, organise des visites découverte des arbres et des arbustes de différents groupes botaniques sur le campus de La Doua. La prochaine aura lieu le 13 mai de 14 à 16 heures. Rendez-vous à l’entrée A du bâtiment Darwin, 14, avenue Claude-Bernard.

Le circuit botanique du campus répertorie 127 essences végétales *.

➤   Réservation obligatoire sur : https://uo.univ-lyon1.fr/visites-botaniques-parcours-botanique-du-campus-de-la-doua 

* À retrouver dans l’ouvrage d’Élisabeth Samuel : À la Découverte des arbres et arbustes du campus de La Doua : 127 Essences Végétales à connaître, 2004.

La numérisation au service de la recherche et de la diffusion publique

Lisa Auger, restaure une planche de graminées pour la numérisation de la collection d’Alexis Jordan.  Photo Progrès /M. D.
Lisa Auger, restaure une planche de graminées pour la numérisation de la collection d’Alexis Jordan.  Photo Progrès /M. D.

Mélanie Thiébaut, directrice de l’Herbier : « On n’a pas fini de décrire la biodiversité végétale, on fait encore des découvertes ! Nos collections permettent de comparer de nouveaux spécimens à des références et de comprendre l’évolution. De nos jours, 95 % des besoins des chercheurs peuvent être satisfaits par la haute définition d’une photographie. Même si certaines recherches nécessitent toujours l’approche réelle, la numérisation remplace efficacement le contact et évite de coûteux déplacements pour les scientifiques du monde entier. »

Plus de 800 000 planches numérisées
Le programme RecolNat a permis de numériser plus de 800 000 planches (4,4 millions de spécimens) des herbiers Bonaparte et Jordan. Ce travail de fourmi commencé en octobre 2017 à raison de 500 planches à l’heure, s’est achevé ce 12 avril 2019.

Les images réalisées en 570 dpi, d’une qualité exceptionnelle, permettent des agrandissements très précis.

Budget nécessaire à l’opération : 740 000 € (Recolnat), 60 000 € (université, aides institutionnelles, crowdfunding ).

Mode d’emploi pour réaliser son propre herbier

Un herbier est une collection de plantes. Du printemps à l’automne, par temps sec, on cueille les plantes dans tous leurs états (fleurs, feuilles, fruits, graines). En hiver, on classe et on documente sa collection.

   Chacun choisit ses propres thèmes - inventaire d’un lieu, d’une espèce végétale…

   Il est recommandé de transporter sa collecte dans une boîte métallique pour garder la fraîcheur.

   Au retour, presser les plantes entre des feuilles de journal, changées régulièrement pour éliminer l’humidité. Les disposer de façon esthétique pour obtenir de belles planches. Noter la date et le lieu de la cueillette.

   Après deux semaines de séchage, les plantes sont fixées sur des feuilles cartonnées. Bannir le ruban adhésif, privilégier des bandelettes de tissu enduit de colle naturelle.

   Stocker dans des chemises à sangle pour garder une pression.

De notre correspondante locale, Monique DESGOUTTES-ROUBY

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