Rhône - Environnement Qualité de l’air: du mieux, mais…

La qualité de l'air dans le Rhône s'est globalement améliorée en 2018 selon les données du laboratoire ATMO
La qualité de l'air dans le Rhône s'est globalement améliorée en 2018 selon les données du laboratoire ATMO

Est-ce que Lyon est en train de suffoquer ? Si la qualité de l’air s’est globalement améliorée en 2018 dans la région Rhône-Alpes et le département, le chemin est encore très long et pollué. Selon le bilan 2018 de l’observatoire ATMO, les niveaux de dioxyde de carbone et de particules fines sont toujours au-dessus des seuils sanitaires fixés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ainsi, 1,4 million de Rhodaniens, soit 77 % de la population, ont été exposés l’an dernier à des taux trop importants de particules fines PM 2,5.

Autre point également inquiétant, la forte augmentation de l’ozone (+29 % depuis 2007), particulièrement marquée ces deux dernières années. Décryptage.

Des niveaux de polluants qui restent élevés

Photo le Progrès/ Richard MOUILLAUD
Photo le Progrès/ Richard MOUILLAUD

Quel bilan pour 2018 pour le Rhône ?

« En 2018, nous avons eu la confirmation d’une tendance d’amélioration globale de la qualité de l’air », a noté d’emblée Claire Labartette, référente territoriale d’ATMO à Lyon. Et en regardant les chiffres et notamment l’évolution entre 2007 et 2018, la trajectoire est claire. Le dioxyde d’azote, essentiellement dû çà la circulation, a vu sa moyenne baisser de 29 % dans le département. Idem pour les particules fines 10 (-40 %) ou les PM 2,5 (-55 %).

Néanmoins, en observant les seuils réglementaires, le Rhône, et en particulier la Métropole de Lyon, est encore loin du compte. Dans le cas du dioxyde d’azote, la valeur limite réglementaire française et le seuil sanitaire de l’OMS sont dépassés. Pour les particules, les seuils nationaux sont respectés, mais pas celui de l’OMS. C’est ainsi que malgré cette amélioration, les épisodes persistent.

Dans le bassin lyonnais Nord-Isère, la vigilance a été activée 23 jours en 2018, dont cinq jours de vigilance rouge.

Jean-Philippe CAVAILLEZ

Pourquoi la pollution à l’ozone augmente-t-elle?

C’est un point d’inquiétude pour ATMO. Le seul polluant en augmentation, particulièrement ces deux dernières années après une stagnation, est l’ozone : + 29 % dans le département entre 2007 et 2018 et 33 jours de dépassement l’an dernier. « Cette augmentation est à mettre en regard avec le changement climatique.

En 2018, les mois de juin et août ont été les plus chauds enregistrés par Météo France après 2003 », explique ATMO dans son bilan. Et ces conditions sont très propices à la formation de l’ozone.

Quelle est la situation dans la région?

Photo Le Progrès/ Richard MOUILLAUD
Photo Le Progrès/ Richard MOUILLAUD

Du côté d’ATMO, la mise en place de la zone à faibles émissions (2020) et la baisse de la vitesse sur le périphérique sont attendues. « Le passage à 70 permet de réduire les polluants mais il faut aussi que la circulation soit fluide. Car sur les axes congestionnés, les phases d’accélération et de décélération sont émettrices de pollution », nuance Claire Labartette.

« Il ne faut pas penser que les actions individuelles n’ont pas d’impact », poursuit-elle, mettant en avant la modification de modes de transports (recours aux transports en commun, aux modes doux).

Et chez soi, il faut se prémunir de la pollution intérieure : « Éviter de fumer, de faire brûler de l’encens et aérer tous les jours, en évitant bien sûr les heures de pointe au niveau de la circulation ».

Combien de personnes sont trop exposées aux polluants ?

Beaucoup, surtout si l'on prend les recommandations de l'OMS. 13 700 personnes, souvent des habitants proches des grands axes de circulation, sont exposées au dioxyde de carbone. 

Pour les particules fines, c'est encore plus alarmant. 162 000 Rhodaniens sont exposés aux PM10 et 1,4 million aux PM 2,5. La grande partie de ces personnes habitant dans la Métropole.

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?