INITIATIVE Livre, objets, produits alimentaires: le concept de boîte à partage fait fureur

Place Sathonay (Lyon 1er) à l’entrée du square. Photo Progrès /Marie-Christine PARRA
Place Sathonay (Lyon 1er) à l’entrée du square. Photo Progrès /Marie-Christine PARRA

Si la boîte à lire est entrée dans le quotidien des Lyonnais, les autres boîtes à partage sont encore peu connues.

Actuellement, le 2e arrondissement de Lyon nourrit deux projets de boîtes à lire.

Secteur Jacobins, en cœur de presqu’île, où un collectif d’habitants s’est constitué sous le nom "L’attrape livres", pour présenter un projet ficelé aux élus du 2e: ouvrir trois boîtes à lire sur des places de l’arrondissement entre Bellecour et Cordeliers.

À la Confluence (Lyon 2e), la MJC qui a déjà un système de livres pour ses adhérents nourrit le projet d’une boîte à partage. Dans cette optique, la MJC s’est rapprochée du collectif Les Boîtes à partage Lyon.

Lancée en 2016 avec l’aide d’Anciela, cette association lyonnaise surfe sur la vague du don pour accompagner les particuliers et les structures dans les procédures : « Nous permettons aux citoyens de se réapproprier l’espace public en créant du lien social, de la solidarité et du réemploi » se félicite Stéphanie, une des sept bénévoles.

88 boîtes à partage en région lyonnaise

La boîte à livres ? Un concept importé de Suisse et d’Allemagne en 2014, avec l’arrivée sur Lyon de la première boîte place Jules-Guesde à deux pas de la maison des étudiants de la Métropole de Lyon.

Le fonds Decitre a été le premier à installer des boîtes à lire en 2014 sur Vénissieux. Aujourd’hui, ce collectif en a implanté une vingtaine en région lyonnaise, à Vaulx-en-Velin, Brignais, Saint-Fons, Saint-Priest, Mions, Morancé, Tassin-la-Demi-Lune et Champagne au Mont d’or. "A Lyon même, nous n’en avons pas", reconnaît Madame Cattet. "On ne voulait pas de confusion ni occasionner de la gêne avec les autres libraires. Seule incursion sur Lyon intramuros, un prêt de deux boîtes à lire à l’été 2018 au cœur du grand Hôtel-Dieu de Lyon." Si la boîte apparaît encore sur la carte interactive des boîtes, ne la cherchez pas ! Elle n’existe plus.

La bibliothèque municipale de Lyon Part Dieu s’y est mise aussi en installant un rayon où les Lyonnais peuvent déposer des livres usagers. En région lyonnaise, on compte quelque 88 boîtes à lire et à partage.

"C'est mieux que de garder les livres sur une étagère"

Le 1er arrondissement de Lyon a misé très tôt sur ces boîtes à lire y voyant le moyen de tisser du lien social et d’amener les publics à la lecture. Et cela fonctionne. Sitôt les boîtes enlevées ou vandalisées, les citoyens s’en inquiètent auprès des élus du 1er. "Cela me permet de lire des livres que je n’aurais pas forcément achetés", observe Hélène, trentenaire. "C’est mieux que de garder les livres sur une étagère", renchérit Christophe. Mieux, il a fait école et s’étend aujourd’hui à d’autres produits. Chacun peut se servir et alimenter ladite boîte.

À Jean-Macé (Lyon 7e), en décembre 2018, le collectif lyonnais "Les boîtes à partage" est allé plus loin en expérimentant un magasin éphémère gratuit. Stéphanie, du collectif s’en réjouit : "L’initiative a permis à quelque 1 000 objets d’avoir une seconde vie."

Prêt d’objets entre voisins dans les immeubles, le concept du don va aujourd’hui bien au-delà du livre. On ne jette plus, on économise, on essaie de consommer intelligent et éthique, en donnant une seconde vie aux objets. C’est bon pour le portefeuille et pour la planète !

Montée de la Grande-Côte, depuis juin 2018 sur la terrasse d’un commerçant, cette ancienne cave à vin attend les produits alimentaires. Photo Progrès / Marie-Christine PARRA
Montée de la Grande-Côte, depuis juin 2018 sur la terrasse d’un commerçant, cette ancienne cave à vin attend les produits alimentaires. Photo Progrès / Marie-Christine PARRA

La boîte à partage alimentaire, un concept qui se cherche

Biscuits, boîtes de conserve, dentifrice, steak de soja, riz et pâtes, nougats, petits pots pour bébés, couches... En juin 2018, le conseil des enfants du 1er arrondissement de Lyon, épaulé par le collectif lyonnais "Les boîtes à partage" et l’association à l’éducation citoyenne "Lyon à double sens", a inauguré sur la terrasse du café salon de thé, Aux thés des Merveilles, 59, montée de la Grande-Côte, une boîte à partage d’un nouveau genre.

Une ancienne cave à vin customisée par l’association "La Coulure" et ayant pour vocation de collecter des denrées alimentaires, en sec, emballées, non périmées pour donner un coup de pouce aux habitants du quartier et améliorer l’ordinaire. Mais, dix mois après, Irina et Christophe, le couple de commerçants qui s’est prêté au jeu reste sur sa faim : "C’est une vraie bonne idée et cela répond à un réel besoin. Dès qu’il y a des produits, ils trouvent preneurs. Mais, elle est mal placée et les gens l’oublient. Depuis deux mois, il n’y a rien dedans." Très visible, grâce à ses couleurs fluo, la boîte à partage ou "Give box" pour les anglophiles est située tout près de l’entrée du commerce en terrasse.

La boîte reste en place du mardi au dimanche aux heures d’ouverture du salon de thé.

Marie-Christine Parra

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