Stationnement Seety, l'application qui vous aide à éviter les PV, débarque à Lyon

Hadrien Crespin, co-fondateur de la startup Seety, présente l'appli qui vient d'intégrer la ville de Lyon.  Photo Le Progrès/David TAPISSIER
Hadrien Crespin, co-fondateur de la startup Seety, présente l'appli qui vient d'intégrer la ville de Lyon.  Photo Le Progrès/David TAPISSIER

Marre des contredanses, fatigué des PV ? L’application Seety, déjà utilisée par 170 000 utilisateurs, aide les conducteurs à éviter les amendes et à réduire les coûts de stationnement. Ça tombe bien, elle débarque à Lyon.

Comment éviter les bouchons dans la circulation, quasiment en temps réel et obtenir le meilleur itinéraire ? En quelques années, l ’application Waze a remplacé les GPS, s’imposant parmi les conducteurs par son interactivité et surtout sa communauté. Une force qu’Hadrien Crespin, co-fondateur de la société cPark, devenue Seety, a souhaité utiliser pour en finir avec les amendes de stationnement…

Tout est parti d’une mésaventure. Le jeune belge, par erreur, gare sa voiture une semaine à la même place, pensant que le stationnement y est gratuit. À son retour, il reçoit 5 PV… Tous les papillons étant déposés quotidiennement entre 9 heures et 9h30. « Ce fut un électrochoc. D’abord, je me suis dit que j’aurai dû bien faire attention où je garais ma voiture, et ensuite que cette information et cette répétition des horaires du passage des agents pouvait intéresser d’autres automobilistes ».

170 000 utilisateurs à Paris

Il lance son idée en compagnie de Nicolas Cogneux dans le quartier d’Ixelles à Bruxelles : optimiser le stationnement en donnant des informations (zone, tarifs…) et créer une communauté qui puisse réagir et informer, par exemple, lors du passage d’un agent. En quelques semaines, ils arrivent à réunir un millier d’utilisateurs et des demandes d’élargissement de la zone de test. Les villes principales de Belgique sont toutes répertoriées dès mars 2018 et Paris testée dès le mois de juin, Seety fonctionnant aussi bien sur Android qu’IOS. « Aujourd’hui, nous avons 170 000 utilisateurs, dont 60 000 rien qu’à paris et surtout plus de 20 % de contributeurs. Ce qui est intéressant, c’est que souvent, une fois aidé, l’utilisateur est de lui-même entraîné par ce cercle vertueux de la communauté et à son tour partage… En cas de message d’un contributeur sur le passage d’un contractuel, tous les véhicules garés à moins de 300 mètres reçoivent une notification »

Lyon très demandé

L’intérêt de la création d’une communauté a d’autres avantages : par exemple, les retours sont très nombreux sur l’application. Rapidement après la capitale, les demandes réclamaient Toulouse… et Lyon ! « C’est assez logique répond le co-fondateur, les amendes à Lyon sont les plus élevées de France. Tous les moyens pour les éviter sont bons ! De plus, les zones sont assez compliquées et il y a de plus en plus de vacanciers, intéressés pour le coup, par les zones les moins chères pour garer leur véhicule le temps de leur visite».

Depuis plusieurs mois, l’équipe -onze personnes désormais- travaillait sur la récolte d’informations et depuis mardi 26 mars, Lyon mais également neuf autres villes (Bordeaux, Grenoble, Montpellier, Lille, Nantes, Toulouse, Marseille, Nice et Strasbourg) apparaissent sur l’application. Sur Lyon, un millier de téléchargements ont été effectués en une semaine, sans aucune publicité.

« L’objectif, c’est de toucher 500 000 personnes d’ici la fin de l’année mais également d’enrichir cette application, en y intégrant diverses informations pour toucher d’autres utilisateurs : les places livraisons, handicapées, mais aussi les parkings publics… Et qui, sait dans un second temps, intégrer les enrichissements des utilisateurs. Et pourquoi pas, un jour, proposer directement le paiement de tous les parkings ! » conclut-il.

Site internet : https://seety.co/ 

Qu’en pense-t-on à la mairie de Lyon ?

L’amende à 60 € ne concerne que 6 500 places et à Lyon.  Photo Progrès /JEGAT MAXIME
L’amende à 60 € ne concerne que 6 500 places et à Lyon.  Photo Progrès /JEGAT MAXIME

Une astuce pour connaître le passage des agents… et donc les créneaux où il y a le plus de chances de prendre une contravention. L’idée est évidemment intéressante… mais pas pour tout le monde. « Le cœur de l’application, c’est de donner les zones précises, les tarifs et de parvenir à désengorger les parkings les plus utilisés : les mairies sont plutôt contentes en ce sens. Après, ce sont surtout dans les villes qui ont délégué complètement la gestion des contraventions que les sociétés, qui ont pour but de maximiser leur profit, sont mécontentes ».

Contactée sur le sujet, la mairie de Lyon a avoué ne pas avoir connaissance de l’arrivée de la start-up. « Il ne faut toutefois pas diaboliser le système » a tenu à préciser Jean-Yves Sécheresse, élu en charge de la tranquillité publique et des déplacements. « L’amende à 60 € ne concerne que 6 500 places et à Lyon, contrairement à Paris, la verbalisation ne se fait qu’une fois par jour. « Nous avons constaté que la fluidité se mettait peu à peu en place et que le turn-over avait bien lieu. Quant aux contraventions, elles ne sont pas gérées par une société externe donc nous ne sommes pas concernés par la maximisation du profit ».

David TAPISSIER

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