Ils font la ville A Lyon 6e, ce coiffeur raccroche les ciseaux après 58 ans de métier

Jean Louis Grévaud prendra sa retraite le 30 avril, le jour même de ses 72 ans. Son épouse Andrée a accompagné ses 58 ans de carrière.  Photo Progrès /Sylvie SILVESTRE
Jean Louis Grévaud prendra sa retraite le 30 avril, le jour même de ses 72 ans. Son épouse Andrée a accompagné ses 58 ans de carrière.  Photo Progrès /Sylvie SILVESTRE

C’est un coiffeur ponctuel : Jean-Louis Grévaud prendra sa retraite le 30 avril, le jour même de ses 72 ans.

Jean-Louis Grévaud a toujours vécu à Villeurbanne où il est né. Il a aussi été fidèle à sa clientèle masculine, qu’il a coiffée durant 58 ans. Il raconte : « L’école n’était pas pour moi. J’ai commencé à travailler le lendemain de mes 14 ans. Je voulais être un homme, porter des pantalons longs et fumer la cigarette ! » En poussant simplement quelques portes comme on le faisait autrefois, il se retrouve apprenti fleuriste. Ce n’est que pour quelques mois : en effet, daltonien, il a du mal à harmoniser les fleurs. Toutefois, il le sait, il veut travailler avec ses mains, et être au contact des clients. « En novembre 1961, on m’a donné ma chance comme apprenti coiffeur dans un salon des Brotteaux ; même balayer, je ne savais pas le faire ! » Il montre sa première fiche de paie : « 6,53 nouveaux francs pour trois mois de travail : de quoi me payer le cinéma. »

Après son CAP puis 8 années comme salarié dans un salon mixte où il apprend d’autres techniques (les hommes se faisaient faire des permanentes à l’époque), il ouvre en juin 1971 le salon au 83 cours Vitton, dont il achètera les murs en 1995.

« J’ai surtout aimé la relation avec les gens, j’ai pu jouer mon cinéma. Les clients venaient avec leurs idées, et moi je faisais ce que je voulais : ceux qui n’étaient pas contents ne revenaient pas », s’amuse-t-il. Ceux qui revenaient devenaient parfois des amis, partageant un verre ou un repas dans l’arrière-boutique. L’un d’entre eux a même salué son départ au nom des trois générations qui se sont succédé au salon. « Mon seul regret, c’est de n’avoir pas su former d’apprentis ». C’est à ses deux enfants et trois petits-enfants, aux voyages et à la musique (accordéon, saxophone, clarinette qu’il a joués au sein de diverses harmonies, fanfares et orchestre) qu’il consacrera désormais son temps… sans oublier son épouse Andrée, avec qui il célébrera bientôt 50 ans de mariage.

La relève est assurée

Olivier Nabech traversera la rue pour tripler la surface de son salon.   Photo Progrès /Sylvie SILVESTRE
Olivier Nabech traversera la rue pour tripler la surface de son salon. Photo Progrès /Sylvie SILVESTRE

Jean-Louis s’en va, mais le coiffeur reste : installé pour l’instant juste en face au 102 du Cours Vitton, Olivier Nabech rachètera fin avril les murs du 83 ainsi que la boutique voisine, pour s’agrandir de 34 à 110 m². Ce Lyonnais de 46 ans est lui aussi très implanté dans le quartier. « Nous prévoyons de rouvrir début juillet».

De notre correspondante, Sylvie SILVESTRE

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?