RHÔNE Supergrid, le champion français du courant continu

Le Supergrid Institute est un centre de recherche pour le courant continu haute tension, qui emploie 180 collaborateurs.  Photo Progrès/Christophe GALLET
Le Supergrid Institute est un centre de recherche pour le courant continu haute tension, qui emploie 180 collaborateurs.  Photo Progrès/Christophe GALLET

Installé rue Cyprian à Villeurbanne, le Supergrid Institute est un centre de recherche dans l’élaboration du transport et du contrôle du courant continu haute tension sur de très longue distance. Il se veut le leader européen en la matière.

A Villeurbanne, à quelques encablures du périphérique et le long de la ligne du tram T3, le Supergrid Institute s’érige dans un bâtiment livré au printemps 2018 de 5 560 m², à l’emplacement d’un ancien local d’Alstom. 180 collaborateurs travaillent ici, dont 135 à plein temps.

Leur mission : trouver des réponses au niveau européen pour le transport et le contrôle du courant continu haute tension sur de très longues distances. « Nous sommes un centre de recherche, d’innovation, d’essais et de services. Avec la transition écologique, de nombreuses énergies renouvelables émergent, comme les éoliennes en pleine mer dans le Nord de l’Europe. Il faut pouvoir transporter de manière stable le courant produit vers des centres de consommation de plus en plus loin qui, parfois, sont au sud de l’Europe, en sachant que l’Allemagne ferme ses centrales nucléaires. C’est dans ce domaine que nous travaillons », résume Hubert de la Grandière, directeur du Supergrid Institute.

Michel Augonnet, le président de la structure, abonde : « Le courant continu haute tension est préféré car il peut être transporté sur de longues distances, dans un encombrement réduit, et il peut être maillé avec le courant alternatif via des interconnexions. C’est le défi du Supergrid Institute qui doit aussi permettre d’affronter tout bonnement la concurrence chinoise. Nous sommes un champion français en la matière ».

Ce projet, c’est l’État qui l’a lancé en 2012, estimant que la maturité technologique du courant continu haute tension était balbutiante. Un consortium d’industriels issus de la filière électrique s’est formé en souhaitant travailler avec des acteurs académiques. L’ambition : « Améliorer la gestion de l’énergie et favoriser l’intégration massive des énergies renouvelables, en ayant recours au courant continu haute tension, l’autoroute de transport de l’électricité ».

Supergrid Institute obtient dans la foulée la labellisation d’Institut de transition énergétique (ITE). Fort d’un support financier de 86,6 M€ du secrétariat général pour les investissements, de la Région et de la Métropole, il dispose aujourd’hui d’un budget de 220 M€ sur dix ans.

Pouvoir concurrencer la Chine

Archives Le Progrès/ Emmanuelle BABE
Archives Le Progrès/ Emmanuelle BABE

Pour Hubert de la Grandière, directeur général du Supergrid Institute, le courant continu a vocation à « traverser les frontières. Cela va demander un maillage de plus en plus important et donc de plus en plus de transports ». Le Supergrid a les installations nécessaires pour trouver les réponses.

« On a ici ce qu’il faut pour des essais très haute tension, des laboratoires pour tester les convertisseurs haute puissance, des salles de simulation de réseau, un labo de chimie, un autre d’essais d’isolant, de câble, de gaz. On a aussi un banc d’essai hydraulique. Nous sommes équipés », souligne le responsable.

Côté informatique, le Supergrid a pour mission de développer un algorithme devant contrôler les flux d’électricité dans le réseau. Avec pour objectif d’avoir un train d’avance sur la concurrence. Et la principale n’est pas mince : elle provient de la Chine. Ce que confirme le président Michel Augonnet : « Cette concurrence est extrêmement vive ».

220
C’est en M€ le budget sur 10 ans de Supergrid Institute. Le support financier de 86 M€ a été en partie payé par la Région et la Métropole.

180
C’est le nombre de collaborateurs employés par Supergrid Institute, dont 135 à temps plein.

6
C’est le nombre d’actionnaires industriels, complétés par un actionnaire public, la banque des territoires, ex-caisse des dépôts. Les partenaires académiques sont au nombre de 7 et les organismes publics qui soutiennent l’action, trois. Il s’agit du secrétariat général pour l’investissement, la Région et la Métropole.

3
C’est le nombre de bâtiments qu’occupera, à terme, le Supergrid Institute. Le premier, de 5 560 m² , a été livré au printemps 2019. Il comprend des bureaux administratifs, des plateaux de recherche, des laboratoires, dix plateformes d’essais pour faire progresser les cinq principaux programmes de recherches initiés. Les deux autres bâtiments sont en cours de construction, l’un destiné aux tests de matériels soumis à de très fortes puissances, le second devant abriter une source de courant continu de très forte puissance pour alimenter une partie des essais effectués dans le second, à partir de 2021.

Christophe GALLET

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