ENVIRONNEMENT 67% des écoles et crèches lyonnaises à moins de 200 mètres d’une zone où la pollution de l’air est critique

Greenpeace vient de publier une carte interactive qui met en évidence les niveaux annuels de pollution au dioxyde d’azote constatés dans l’environnement immédiat des écoles et des crèches à Lyon. 86 établissements se trouvent à moins de 50 mètres d’une zone extrêmement polluée, au-dessus des seuils fixés dans les directives françaises et européennes.

L’école primaire publique Montaigne (Lyon 6), l’école Lapierre (Lyon 4), l’école primaire des Entrepôts (Lyon 4), l’école maternelle Levi-Strauss (Lyon 1), l’école primaire privée Diot (Lyon 6), l’école maternelle Condé (Lyon 2), l’école élémentaire Ferdinand Buisson (Lyon 5), L’école primaire Michel Servet (Lyon 1), 123 Eveil (Lyon 3), le jardin de la colline (Lyon 4), la micro-crèche de Margot (Lyon 9), Farandole (Lyon 1er), la crèche enchantée des fées (Lyon 3), la crèche Gillet (Lyon 3), Chocolatine (Lyon 7), Crèche Attitude (Lyon 8)… Et la liste est encore longue.

A Lyon, 27 écoles et 59 crèches se trouvent à moins de 50 mètres d’une zone extrêmement polluée en dioxyde d’azote où la norme française et européenne de 40 microgrammes par mètre cube -40 µg/m³ est la valeur annuelle à ne pas dépasser pour limiter les effets nocifs sur la santé- est dépassée.

« Votre enfant respire-t-il un air trop pollué ? »

« Inacceptable et illégal », selon Greenpeace qui depuis plusieurs mois maintenant réclame « de l’air pour Lyon qui suffoque ».

Pour évaluer l’exposition chronique des enfants à la pollution liées aux émissions qui proviennent surtout des gaz d’échappement des voitures et des poids lourds, l’association a publié ce mardi, une carte interactive qui superpose la carte des données de la pollution de l’air extérieur au dioxyde d’azote (NO2) produites par Atmo Auvergne Rhône-Alpes pour l’année 2017 et la carte des établissements accueillant des enfants (écoles maternelles, élémentaires, crèches, halte-garderie…).

Une carte facile d’utilisation qui invite à saisir le nom ou l’adresse de l’établissement et répond à la question « Votre enfant respire-t-il un air trop pollué ? »

 Greenpeace vient de publier une carte interactive qui met en évidence les niveaux annuels de pollution au dioxyde d’azote constatés dans l’environnement immédiat des écoles et des crèches à Lyon.   Photo Progrès /Capture d’écran Greenpeace
Greenpeace vient de publier une carte interactive qui met en évidence les niveaux annuels de pollution au dioxyde d’azote constatés dans l’environnement immédiat des écoles et des crèches à Lyon.   Photo Progrès /Capture d’écran Greenpeace

Malheureusement, la réponse est « oui » dans la plupart des cas. Au total, sur 476 lieux de vie recensés, 321 se trouvent à moins de 200 mètres d’une zone où la concentration annuelle en No2 dépasse les 40 µg/m³.

Au-delà de cette norme, les impacts sanitaires peuvent être dangereux notamment pour les jeunes enfants dont le cerveau et les poumons sont encore en développement, et qui, selon une étude l’OMS , respirent plus vite et inhalent donc de polluants.

Risque pour la santé

131 établissements sont concernés par des niveaux annuels de pollution au dioxyde d’azote situés entre 30 et 40 µg/m³. « Même si la norme est respectée, on s’en rapproche dangereusement et l’absence de risque pour la santé n’est pas garantie », prévient encore Greenpeace. En fait, seules 24 écoles ou crèches se trouvent dans un rayon de 200 mètres où on ne constate pas de niveau moyen annuel de pollution au dioxyde d’azote supérieur à 10 µg/m³.

Ce qui ne signifie pas pour autant qu’ici les enfants sont épargnés car cette carte ne prend pas en compte l’exposition aux particules fines dont on sait que la quasi-totalité de la population de la Métropole de Lyon est touchée par une pollution dépassant les normes de l’Organisation mondiale de la santé…

Des données sur Lyon et la Métropole

La carte interactive prend en compte Lyon et les communes directement adjacentes (Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, Collonges, Caluire, Villeurbanne, Bron, Vénissieux, Saint-Fons, Pierre-Bénite, Oullins, La Mulatière, Sainte-Foy, Francheville, Tassin, Écully, Champagne-au-Mont-d’Or, et Saint-Didier-au-Mont-d’Or).

A cette échelle 13 % des établissements (40 écoles et 76 crèches) se trouvent à moins de 50 mètres d’une zone où la concentration annuelle en NO2 dépasse la norme européenne.

« Les enfants doivent pouvoir respirer sans danger »

Greenpeace en action sur le siège de la métropole pollution de l’air.  Photo Etienne Maury/Greenpeace
Greenpeace en action sur le siège de la métropole pollution de l’air.  Photo Etienne Maury/Greenpeace

« Ces données doivent alerter », affirme Greenpeace. « C’est la santé de milliers d’enfants qui est en jeu ! Pour qu’ils puissent respirer sans danger, l’ensemble de la métropole de Lyon doit être libéré des gaz d’échappement des voitures et des poids lourds, en priorité les diesels particulièrement nocifs. La zone à faibles émissions (ZFE) qui devrait entrer en vigueur en 2020 et qui ne concerne que les camions les plus anciens, n’est pas suffisante. Il faut aujourd’hui aller plus loin. Les élus doivent aussi absolument continuer à développer les alternatives et accompagner le changement, pour permettre à chacun de se déplacer autrement. Pour être cohérents sur la sortie du tout routier, les élus doivent également s’opposer à l’Anneau des sciences , projet d’un autre temps. »

L’association avait lancé, en début d’année, une pétition pour « demander au maire de Lyon et au président de la métropole d’agir contre la pollution de l’air à Lyon ! » Près de 20 000 personnes l’ont déjà signée.

« La ZFE sera, en 2021, la plus contraignante de France », dit-on à la Métropole

«La Métropole est responsable de 20 % de la pollution de son territoire. La ZFE sera, en 2021, la plus contraignante de France même si on peut juger qu’elle sera insuffisante. Le plan Oxygène met en œuvre des actions dans tous les domaines : habitat, transports, industrie, tertiaire. Ecoreno’V est un véritable succès avec 50 millions d’euros consacrés à la rénovation énergétique des bâtiments et l’objectif d’écorénover 200 000 logements à l’horizon 2030. Nous avons mis en place la prime air-bois pour aider au remplacement des appareils de chauffage les plus anciens et qui contribuent pour plus de 20 % à la pollution de l’air. Nous serons à 1 000 km de voies cyclables en 2020 et le vélo a une progression à deux chiffres depuis près de 10 ans. Nous développons les solutions d’autopartage avec Citiz, YEA et Bluely, nous avons été la première collectivité à lancer sa propre application de covoiturage… Lors du prochain conseil métropolitain du 13 mai, nous allons voter le schéma directeur des énergies, un dispositif qui va faire que l’ensemble des politiques métropolitaines seront lancées en prenant en considération la question de l’énergie. »

Tatiana VAZQUEZ

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