PATRIMOINE Chapelle de l’hôtel-Dieu, ce «bijou baroque» à restaurer

L’un des deux clochers en cours de restauration. Photo Progrès/Aline DURET
L’un des deux clochers en cours de restauration. Photo Progrès/Aline DURET

Comme corsetée par de très hauts échafaudages depuis janvier, la chapelle de l’Hôtel-Dieu fait l’objet d’une imposante restauration. Une équipe d’artisans d’art est à la manœuvre, sous la houlette d’un architecte du patrimoine. On est allé voir.

C’est un chantier exceptionnel qui est engagé depuis janvier dernier en pleine Presqu’île. Il concerne la chapelle construite au XVIIe siècle et décorée au XIXe, proche du Grand Hôtel-Dieu, située place de l’Hôpital. Tout comme son imposant voisin, elle est destinée à reprendre des couleurs, après une restauration qui fait appel à une équipe de spécialistes en monuments historiques.

Et ils travaillent vite. Au chevet de l’édifice classé au titre des Monuments Historiques, charpentiers, sculpteurs, tailleurs de pierre, couvreurs, menuisiers sont aux petits soins pour que fin juin, façades et tours clochers reprennent vie. «On pourra découvrir l’ampleur de ce travail le 17 avril, date de la dépose des échafaudages», indique Édouard de Vimal, architecte de l’agence RLA en charge du projet.

Tout en haut des échafaudages, devant l’un des quatre épis qui a été restauré à la feuille d’or. Photo Progrès /Aline DURET
Tout en haut des échafaudages, devant l’un des quatre épis qui a été restauré à la feuille d’or. Photo Progrès /Aline DURET

La tâche semble immense, car depuis les années 1980, aucun travail n’y a été réalisé. Le temps a fait son œuvre notamment sur la façade principale très exposée aux intempéries. Des pierres malades, du bois pourri, des éléments cassés, des matériaux de construction dégradés, l’état des lieux n’est pas fameux, « il y avait une réelle nécessité de sauvegarder le bâtiment », note Sergueï Piotrovitch d’Orlik, chef de projet aux Hospices civils de Lyon, maître d’ouvrage de l’opération.

Une pietà de Fabisch remise en valeur

Alors tout a été revu, ou presque. Des pierres changées ou restituées avec du mortier, des charpentes refaites en chêne, des sculptures très endommagées réparées. La plus importante est située au-dessus de la porte d’entrée, ajoute le chef de projet. C’est une pietà de 1853, sculptée par Fabisch (il réalisa dans la même période, la Vierge de la chapelle de Fourvière) qui a été totalement remise en valeur. Tout comme la façade en pierre, nettoyée par aérogommage, après réparation. Un badigeon uniforme à base de chaux est ensuite posé à la manière de l’Hôtel-Dieu, afin d’harmoniser l’ensemble.

Ils travaillent sur la façade de la chapelle : Comte (échafaudages), Marbrerie Générale du Rhône (marbrerie), Chevalier (sculptures), Le Ny (couverture), Chardon Frères (charpentes), atelier Schaefer (dorure), Heur-tech (électricité, remise en fonction des cloches).

Aline DURET

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