Humour Gaspard Proust : « Mourir sur scène, je laisse ça à Dalida ! »

Gaspard Proust, sa dernière tournée passe par Lyon. Photo JF ROBERT
Gaspard Proust, sa dernière tournée passe par Lyon. Photo JF ROBERT

Très gros poisson dans le domaine de l’humour, Gaspard Proust est en représentation, à la Bourse du Travail, jusqu'au 5 avril. Profitez-en, il envisage de ne plus monter sur scène après cette tournée.

De quoi parle votre « Nouveau spectacle, nouvelle version » ?

C’est le spectacle que j’ai joué à l’Olympia. Avec des nouveautés, les Gilets jaunes par exemple. Difficile de faire l’impasse sur eux. Mais je réagis à l’actualité seulement si j’en ai envie. Et si je trouve un angle original. Sinon ce sont mes thèmes habituels : politique, sexe, religion, sociologie…

Comment définiriez-vous votre humour ?

À vrai dire, je me fous un peu des définitions, ce n’est pas à moi de les faire. Vous savez, le personnage qui m’a le plus inspiré en écrivant ce spectacle c’est le père Karamazov de Dostoïevski.

Par rapport aux chroniques télé, quelles différences faites-vous avec la scène ?

À la télé, j’écrivais ma chronique trois jours avant et ça durait cinq minutes. Sur scène, j’ai plus de temps pour tout préparer. Et le spectacle dure une heure et demie. J’ai vraiment le temps d’installer mon personnage. Mais dans l’esprit, je ne peux pas dire que c’est l’inverse de ce que je faisais en télé, ça reste moi. J’ai toujours été libre mais en faisant une chronique par semaine, forcément, on n’est pas toujours pertinent. La raison essentielle pour laquelle je viens jouer à Lyon, c’est que je ne fais pas de captation de mon spectacle et je voulais que les Lyonnais le voient avant que je ne tire le rideau.

Vous envisagez de quitter la scène définitivement ?

En tout cas, j’espère ne plus faire de one-man-show avant quatre ou cinq ans, s’il y en a un nouveau. J’estime avoir fait le tour, avoir dit ce que j’avais à dire. Je n’ai jamais envisagé de faire ce métier à vie. Je suis monté sur scène un peu par défaut. J’écrivais des textes, il n’y avait personne d’autre pour les jouer, j’ai fait le service après-vente. Apparemment, je ne m’en sors pas trop mal mais je l’ai fait pendant dix ans, ça suffit. Je ne vais pas mourir sur scène, je laisse ça à Dalida !

Vous comptez vous consacrer davantage au cinéma ?

Non, j’espère me consacrer plutôt à l’écrit. Si je peux rester derrière un bureau, écrire pour d’autres ou pour faire des livres, j’en serai ravi. Mais pour l’instant je pense surtout à bien clôturer ce chapitre qui a occupé dix ans de ma vie.

Gaspard Proust, "Nouveau spectacle, nouvelle version", jusqu'au 5 avril à 20 h 30 la Bourse du Travail, tarifs à partir de 34 €. 205, place Guichard, Lyon 3e. Points de vente habituels.

Le saviez-vous ?

Avant d’être humoriste, Gaspard Proust a travaillé dans une grande banque, en Suisse. Et il n’a aucun regret d’avoir renoncé à cette voie :

« Je souhaite à tout le monde de connaître ce bonheur extrême de ne pas avoir un type au-dessus de vous qui vous dit comment ranger votre bureau. Jamais je ne regretterai ces discussions ineptes auprès de la machine à café, cette façon d’être dans des petites merdouilles administratives, et surtout d’être dans un système de rentabilité totalement débile. Je n’ai aucun compte à rendre, excepté à mon intelligence et au bon sens. Je souhaite à tout le monde ce bonheur d’être face à un public, même s’il vous aime un jour et moins le lendemain. De toute façon, je serais totalement incapable de m’adapter à une quelconque structure hiérarchisée. »

Propos recueillis par Nicolas Blondeau

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