Exploit Double transplanté et triathlète : l’homme de fer est lyonnais

Jonathan Drutel, à gauche, avec ses amis Mathilde et Yann, compagnons de courses et anges protecteurs. Photo DR/Le Progrès
Jonathan Drutel, à gauche, avec ses amis Mathilde et Yann, compagnons de courses et anges protecteurs. Photo DR/Le Progrès
Après la seconde transplantation, Jonathan Drutel doit réapprendre beaucoup de gestes élémentaires et est aidé par son papa pour manger. Photo DR/Le Progrès
Après la seconde transplantation, Jonathan Drutel doit réapprendre beaucoup de gestes élémentaires et est aidé par son papa pour manger. Photo DR/Le Progrès
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Jonathan Drutel, à gauche, avec ses amis Mathilde et Yann, compagnons de courses et anges protecteurs. Photo DR/Le Progrès Après la seconde transplantation, Jonathan Drutel doit réapprendre beaucoup de gestes élémentaires et est aidé par son papa pour manger. Photo DR/Le Progrès Photo DR

Greffé des poumons et du cœur, puis finisher d’un triathlon, et maintenant auteur : dans Ironman (Mareuil éditions), Jonathan Drutel raconte son incroyable parcours. Rencontre avec l’homme de fer lyonnais.

Derrière une petite silhouette, un rouleau compresseur. Jonathan Drutel, né en 1984, est atteint de mucoviscidose. Son espérance de vie ? 17 ans.

Rongé à petit feu par la maladie, il a repoussé l’échéance jusqu’à une première greffe des poumons en 2008. Elle n’a pas pris et l’a encore affaibli, au point de peser 41 kg. Un an plus tard, une double-greffe pulmonaire et cardiaque, celle de la dernière chance, est un succès. À 25 ans, ce Lyonnais qui aurait pu mourir dix fois, respire enfin sans retenue, sans tousser. Mais il connaît aussi le blues du transplanté. « Passer d’un moment où l’on est entouré, cocooné et combatif, à un moment où tout va bien peut provoquer un grand vide. »"

"Il faut faire des choses extraordinaires pour faire passer un message"

Jonathan se réfugie dans ses études et obtient, en 2011, son diplôme d’ingénieur à l’Insa, où son cursus a été aménagé au gré des hospitalisations. Mais après une jeunesse semée d’embûches, il lui faut autre chose pour vivre intensément. Ce sera le sport. Et plus particulièrement le triathlon. Dont la devise, « tout est possible » est taillée sur mesure. 10 km, semi, marathon, demi-triathlon, le rouleau compresseur est à nouveau en marche, pour atteindre progressivement le Graal : l’Ironman de Nice et ses 3,8 km de natation, 180 km à vélo et un marathon. Le tout en seize heures maxi. Une folie ? « Dix ans avant, alors que je ne pensais qu’à vivre, c’était impensable. Mais je me suis entraîné dur. Et tous les tests montraient que mon corps, même fragilisé, résistait à l’effort. » L’exploit est accompli du premier coup en 2018, en 15h52’. Passée l’extase sur la ligne d’arrivée, Jonathan remet vite les choses à leur place : « Cela m’a permis d’attirer l’attention. Il faut faire des choses extraordinaires pour faire passer un message. »

Car son souhait n’est pas de communiquer sur ses exploits sportifs, mais sur la maladie : « C’est bien de sensibiliser au don d’organes, mais ce serait encore mieux de trouver des médicaments qui permettent de repousser une transplantation. Voire même qu’elle ne soit plus nécessaire un jour. J’espère assister à cet exploit médical de mon vivant. » La maladie, mais aussi ce qu’il y a autour, avec le retentissement psychologique et familial. C’est ce qu’il a voulu raconter dans le livre Ironman qui vient de paraître chez Mareuil éditions.

Pour ce combat, Jonathan ne refuse aucun rendez-vous médiatique, et se montre aussi actif qu’il le peut sur les réseaux sociaux. Son histoire a du sens pour d’autres malades, les « mucos » comme il les appelle. Pour ce responsable d’un bureau d’études d’une société à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, l’emploi du temps explose. Pas question pour autant de négliger le sport. Le 7 juillet en Allemagne, il sera au départ de l’Ironman de Roth, berceau du triathlon en Europe. « C’est comme un auto-examen qui me permet de voir que je vais bien. » En plus, les barrières horaires sont plus souples qu’à Nice. Du gâteau.

Xavier BREUIL

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