Transports Les trains à hydrogène bientôt en gare

Le Coradia polyvalent (électrique et hydrogène) d’Alstom arriverait en gare d’ici 2022-2023. Photo DR Alstom
Le Coradia polyvalent (électrique et hydrogène) d’Alstom arriverait en gare d’ici 2022-2023. Photo DR Alstom

La Région Auvergne Rhône-Alpes souhaite miser sur les trains à hydrogène pour une mobilité entièrement décarbonée. Elle devrait passer à l’action dans les prochains mois pour tester ces trains à l’horizon 2022 ou 2023.

Des trains “zéro émission” dans la région, cela ne sera bientôt plus de la science-fiction, mais une réalité. Dans la foulée du plan Hulot, en juin 2018, Auvergne Rhône-Alpes, déjà à la pointe en matière d’hydrogène, a été l’une des régions à se porter candidate pour accueillir sur son territoire des trains à hydrogène. Cette technologie, déjà utilisée en Allemagne dans la région de Basse-Saxe depuis septembre 2018, intéresse aux quatre coins du monde. Le train, électrique, est alimenté par l’énergie produite dans la pile à combustible par la rencontre entre l’hydrogène stocké sur le toit et l’oxygène de l’air. Aucun rejet, hormis de la vapeur d’eau.

Des commandes de trains dès 2019 ?

« Se porter volontaire est déjà un acte fort. Cet intérêt s’inscrit dans une volonté d’avoir des énergies plus propres, une mobilité décarbonée », explique la vice-présidente de la Région en charge des Transports, Martine Guibert, qui travaille actuellement au renouvellement du parc TER.

Alors qu’Alstom mise sur une version bimode (électrique et hydrogène) du Regiolis qui parcourt la France depuis 2009, contrairement au monomode allemand qu’il a également développé (Coradia iLint), le calendrier technique et politique est très serré (lire par ailleurs). Pour avoir un parc conséquent en 2028, il faut une mini-flotte active sur le territoire en 2022. Alors, la collectivité aux 3 000 km de voies ferrées devra se positionner dans les prochains mois pour voir ces trains rouler sur son réseau en 2022 ou 2023. « 2022, c’est notre souhait. Nous travaillons à tout cela avec un retroplanning. Nous allons signer une convention qui va acter cet engagement, dans le délai le plus court possible », garantit Martine Guibert. À en croire Alstom, pour que ce scénario se réalise, il faudrait que les commandes arrivent dès ce premier semestre 2019. Néanmoins, la Région souhaite encore s’assurer de plusieurs choses : « Il faut que les performances soient garanties, sur les temps de parcours, l’autonomie… Il faut connaître les coûts de maintenance », énumère la vice-présidente.

La ligne Lyon-Roanne-Clermont est ciblée

Quoiqu’il en soit, une ligne a déjà été ciblée : Lyon-Roanne-Clermont. Avec un tronçon central non électrifié de 130 kilomètres environ, elle est l’une des lignes qui consomment le plus de gazole en France, pour un trajet de 2 h 20 environ. De plus, relier les deux capitales régionales donne du sens à la démarche, sans oublier que les deux villes produiront de l’hydrogène à court terme.

Lors de la dernière assemblée plénière de l’année 2018, interrogé par l’opposition au détour d’un amendement, le président de la Région, Laurent Wauquiez, avait expliqué qu’il prenait cette option très au sérieux et qu’il « ferait un point d’étape l’an prochain (2019) ». Il indiquait aussi attendre de l’aide, pour un investissement qu’il estimait alors à 400 millions d’euros.

Jean-Philippe CAVAILLEZ

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