Polémique Les locaux des identitaires fermés au public

La maison de l'identité, "La Traboule" est née en 2010, montée du Change à Lyon 5 e .  Photo d’archives Le Progrès   /Nadine Micholin
La maison de l'identité, "La Traboule" est née en 2010, montée du Change à Lyon 5 e .  Photo d’archives Le Progrès /Nadine Micholin

La salle de boxe «L’Agogé» et le bar associatif «La Traboule» fréquentés par les identitaires sont visés par deux arrêtés municipaux qui pointent l’insécurité des locaux en matière de risque incendie

La Ville de Lyon a pris deux nouveaux arrêtés de fermeture en date du 14 mars 2019 à l’encontre des établissements « Top Sport Rhône » et « La Traboule » situés aux 3 et 5 rue du Change dans le Vieux-Lyon (Lyon 5e ). Le premier est une salle de boxe connue du public sous le nom « L’Agogé » ; le second voisin est un bar associatif aussi appelé « Maison de l’identité ». Ces deux pas-de-porte, 180 m² au total, sont fréquentés par les militants de Génération identitaires Lyon.

Ce groupe d’extrême droite est installé dans le quartier depuis presque dix ans. La Licra a demandé sa dissolution après la mise en cause du mouvement, l’an dernier, dans les Hautes-Alpes, pour empêcher les migrants en provenance d’Italie d’entrer en France.

Jean-Yves Sécheresse, adjoint au maire à la Sécurité, se défend de tout parti-pris idéologique

C’est par le biais de la commission communale de sécurité et d’accessibilité au titre des établissements recevant du public que la Ville de Lyon intervient. Ainsi, en novembre 2018, le Service départemental et métropolitain d’incendie et de secours a notamment relevé l’absence de certificat qui pourrait prouver la résistance au feu. Jean-Yves Sécheresse (PS), adjoint au maire à la Sécurité, qui se défend de tout parti-pris idéologique sur ce dossier précise : « Dans le Vieux-Lyon, nous faisons appel à des cabinets spécialisés pour tester la résistance au feu des bâtiments. C’est notre devoir de protéger les riverains. À La Traboule et à l’Agogé, les conditions de sécurité ne sont pas remplies. Nous avons effectué plusieurs relances auprès des responsables mais ils se moquent de ce que l’on peut dire. »

Béatrice Gailliout, maire du 5e veut la dissolution de ces groupes

Effectivement, plusieurs mises en demeure ont été notifiées d’octobre 2018 à février 2019 à Romain Espino, l’exploitant de «La Traboule» et de «l’Agogé» sommé de faire des travaux. Aujourd’hui, la Ville de Lyon estime n’avoir pas été entendue et met en avant le caractère d’urgence pour que la Traboule et l’Agogé ne puissent plus accueillir du public.

Concrètement, seuls les responsables des associations pourront fréquenter les lieux jusqu’à ce que les locaux soient conformes. Pour Béatrice Gailliout, maire du 5e , «ce n’est qu’une étape. L’Etat doit s’emparer du sujet pour qu’on arrive à la dissolution de ces groupes.»

Dans la nuit de mardi à mercredi, sur les réseaux sociaux, L’Agogé faisait comme si de rien n’était indiquant : «Contrairement aux rumeurs, nous sommes bien ouverts et nous vous attendons dés mercredi à 19 h 30 pour l’entraînement de boxe féminine». La notification de fermeture au public est tombée ce jeudi.

M-C. P.

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?