Santé L’hôpital Saint-Joseph Saint-Luc peine à tourner la page des brûlés

L’hôpital Saint-Joseph Saint-Luc a ouvert, au début de l’année, une nouvelle salle de radiologie interventionnelle qui permet de réaliser des procédures techniques radiologiques, vasculaires et cardiologiques  dans un environnement de bloc opératoire.  Photo Le Progrès /Pierre MAIER
L’hôpital Saint-Joseph Saint-Luc a ouvert, au début de l’année, une nouvelle salle de radiologie interventionnelle qui permet de réaliser des procédures techniques radiologiques, vasculaires et cardiologiques dans un environnement de bloc opératoire.  Photo Le Progrès /Pierre MAIER

En 2017, le service des brûlés rejoignait Edouard-Herriot. Malgré une hausse de l’activité, le manque à gagner pour l’hôpital doit toujours être compensé par des aides de l’Agence régionale de santé.

« Traumatisme » Le mot est lâché par Jacques de Chilly, président du conseil d’administration du centre hospitalier Saint-Joseph Saint-Luc (CHSJSL), pour qualifier le départ pour l’hôpital Edouard-Herriot du service des brûlés sur lequel Saint-Jo Saint-Luc avait bâti sa réputation. Deux ans plus tard, « nous sommes en train de tourner la page, de réorganiser l’hôpital en conséquence », a expliqué, ce mercredi, Jacques de Chilly lors d’une conférence de presse. Mais cette page reste difficile à tourner pour cet hôpital aux difficultés budgétaires récurrentes depuis son ouverture en 2002.

La hausse d’activité ne compense pas le départ de cette spécialité

D’abord, la fusion des services, décidée par l’Agence régionale de santé (ARS), a échoué. Sur le plan humain, la greffe n’a pas pris entre les équipes du CHSJSL et celles des Hospices civils de Lyon. Ensuite, la hausse d’activité de 3 % par an n’a pas compensé le manque à gagner de cette spécialité, qui dégageait 7 M€ de recettes (10 % du chiffre d’affaires).

« Les objectifs en termes d’activités, validés par l’ARS, ont été atteints fin 2017 », souligne Pascal Bonafini, directeur général de l’hôpital. Mais le départ des brûlés représente un déficit structurel de plus de 2M€, toujours comblé par des enveloppes de l’ARS, grâce auxquelles 2017 et 2018 se terminent en léger excédent, alors que le contrat de retour à l’équilibre financier signé en 2014 était prévu en 2016… Tout cela sur fond de contexte national défavorable, Saint-Jo Saint-Luc devant faire face à la diminution des tarifs de 1,57 % dans les établissements privés à but non lucratifs.

« 2020 reste une inquiétude »

Si le développement du nombre de postes de dialyse et l’agrandissement de la maternité ont pu être réalisés avec le soutien de l’ARS, pendant ce temps, les 1 000 m² laissés vacants par le départ des brûlés sont restés en friche.

Il a fallu attendre que le projet de 20 lits supplémentaires de médecine soit jugé conforme au Plan régional de santé arrêté au printemps 2018. D’un montant de 4 M€, ces travaux doivent démarrer pour adapter cet environnement. Mais ce nouveau service pour des patients polypathologiques provenant des urgences ne pourra ouvrir que mi-2020 au plus tôt alors que les enveloppes de l’ARS seront arrêtées. Même si l’équilibre reste envisagé pour 2021, « cette année reste préoccupante », reconnaît Pascal Bonafini.

Sylvie MONTARON

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