Transports Descente de bus à la demande : on a testé pour vous

La descente entre deux arrêts, expérimentée depuis le 8 mars sur la ligne C14 (et d’autres lignes bientôt), est censée permettre  aux usagers de rentrer plus rapidement chez eux sans avoir à marcher longtemps dans la pénombre et potentiellement croiser  des personnes malintentionnées.  Photo Le Progrès /Joël PHILIPPON
La descente entre deux arrêts, expérimentée depuis le 8 mars sur la ligne C14 (et d’autres lignes bientôt), est censée permettre aux usagers de rentrer plus rapidement chez eux sans avoir à marcher longtemps dans la pénombre et potentiellement croiser des personnes malintentionnées.  Photo Le Progrès /Joël PHILIPPON

Bien que très récent, l’essai de la descente entre deux arrêts n’est pas méconnu et commence tout doucement à être utilisé. Nous avons testé.

Il est un peu moins de 22 heures, place Jean-Macé. Un panneau lumineux indique 21 h 58 et « nouveau C14 – après 22 heures descendez entre deux arrêts ». Le bus arrive, un chauffeur en sort pour fumer une cigarette avant de repartir dans l’autre sens (direction les Sources, à Écully). Il connaît bien sûr le dispositif, mais il n’a pas été beaucoup sollicité depuis une semaine. Il faut dire que le test vient tout juste de commencer, et uniquement sur cette ligne, d’autres viendront bientôt (lire par ailleurs).

« Je suis évidemment au courant, même si je n’ai pas encore été briefé », dit-il. Ce qui devrait être chose faite dans les jours à venir. En attendant, nous lui demandons s’il serait possible de descendre, avant l’arrêt du pont Koenig, sur les quais de Saône. « Ce sera avec plaisir », répond-il avec le sourire.

Dans le bus, trois jeunes étudiantes en danse et en musique au CNSM. Clarissa dit être au courant et lui avoir demandé de descendre entre l’arrêt Greillon et pont Koenig. « Non je ne savais pas », répond en revanche son amie Naïse. Elle va du coup « demander à descendre entre Tissot et Vaise ». Non pas qu’elles aient peur de rentrer seules le soir, mais c’est quand même plus sécurisant d’avoir un peu moins de chemin à faire…

Prévenir le conducteur en montant

Sur le panneau d’affichage des arrêts du bus, l’information défile. Mais les habitudes ont la vie dure : cette dame, pourtant avec une canne, préfère marcher. Une jeune femme avec son téléphone dit être au courant « mais on la dépose déjà devant chez elle ». Elle dit comprendre l’utilité de l’expérimentation « mais préférerait que les gens soient éduqués… ». Comprendre : qu’ils n’embêtent pas d’autres personnes, plus souvent des femmes, lorsqu’elles rentrent chez elles…

Un peu avant de descendre à l’endroit souhaité, un monsieur avec son fils (qui reviennent de Barcelone, ils ont assisté au match de l’OL), demande à se faire déposer devant la montée de l’Observance. « Je sais que c’est à 150 mètres de l’autre arrêt et que je ne vais pas me faire harceler, mais si on peut le faire… », s’excuse le papa auprès du chauffeur. Le conducteur lui sourit et lui dit qu’il n’y a pas de problème mais stipule néanmoins qu’il faut prévenir en montant. C’est la procédure. « Il faut le temps de savoir où on peut s’arrêter car on ne peut pas stopper le bus n’importe où… »

Sandrine RANCY

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