Télévision On va s’aimer un peu beaucoup: une pétition pour que la série tournée à Lyon continue

Les deux saisons ont été tournées à Lyon, et notamment au palais de justice.  Photo capture d’écran France 2
Les deux saisons ont été tournées à Lyon, et notamment au palais de justice. Photo capture d’écran France 2

Une fan d’ On va s’aimer un peu beaucoup , dont les deux saisons ont été tournées à Lyon, a lancé une pétition, déçue de l’arrêt de la série de France TV. En un mois et demi, plus de 8 000 signatures ont été récoltées. Et l’initiatrice l’assure : elle ira « jusqu’au bout ».

Quand elle a appris qu’il n’y aurait pas de saison 3 à la série On va s’aimer un peu beaucoup , diffusée en janvier sur France 2, Corinne Ferré, habitante d’Albeilhan, dans l’Hérault, a décidé de transformer sa déception en engagement. « Un soir, en rentrant du travail, j’ai vu la bande-annonce de la saison 2, et je me réjouissais à l’idée de passer une bonne soirée. Puis, j’ai appris qu’il n’y aurait pas de saison 3 et je me suis dit : “Ce n’est pas possible, nous n’aurons même pas de VOD (vidéo à la demande N.D.L.R.) !” » 

Plus de 8 000 signatures

Sur les réseaux sociaux, le mouvement de protestation s’organise pour demander une troisième saison : « Avec d’autres fans, nous nous sommes dit qu’il fallait lancer une pétition. C’est ce que j’ai fait, la veille de la diffusion des derniers épisodes. » C’était le 15 janvier. Depuis, plus de 8 000 signatures ont été récoltées sur Mesopinions.fr.

Tournée à Lyon, la série détaille les affaires que traite un cabinet d’avocats spécialisé en droit de la famille et dans lequel travaillent une mère et sa fille. L’occasion de montrer les évolutions de la cellule familiale au fil des années.

« On reste sur notre faim, déplore Corinne Ferré. Cette série avait un potentiel énorme. C’est une série feel-good qui traite de sujets importants comme l’autisme. Trois actrices se partagent les épisodes, et les seconds rôles masculins sont importants également. C’est dommage qu’elle soit mise de côté au profit de séries américaines. »

Selon elle, la série doit son arrêt à un changement de direction : « Anne Holmes, nouvelle directrice de la fiction de France Télévision, a décidé de l’arrêt de la série en septembre, avant même la diffusion de la nouvelle saison », affirme la pétitionnaire.

« Tourner à Lyon était un choix artistique »

La ville, décor de la série, est mise en valeur d’après celle qui a lancé la pétition : « Lyon est très bien filmée, notamment le Palais de Justice et le Comptoir de la Bourse. Et cela a sûrement fait travailler l’économie locale. » D’après Florence Verney-Carron, vice-présidente à la Culture de la Région interviewée dans nos pages en mars dernier, « 80 % des équipes techniques ont été recrutées localement. Cette série génère 4 millions d’euros de retombées. »

Catherine Marchal, qui tient un des rôles principaux, confirme l’importance de la ville dans la série : « Tourner à Lyon était un choix artistique : c’est une ville sublime, très photogénique. Le palais de justice est magnifique. C’est également une ville plus petite que Paris, et donc tout le monde se connaît, ce qui est intéressant pour la fiction. Et nous avons adoré y vivre pendant les cinq mois de tournage. »

Corinne Ferré ne compte pas s’arrêter là. Les téléspectateurs déçus prépareraient de nouvelles actions de communication, notamment des tee-shirts et de la visibilité sur Twitter : « Chaque lundi, j’envoie à Delphine Ernotte (présidente de France Télévisions N.D.L.R.) les différents articles de presse et commentaires sur le sujet. On ira jusqu’au bout. »

Pour la chaîne, "il faut tourner la page"

Corinne Ferré envoie chaque semaine une lettre à Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, pour réaffirmer sa déception suite à l’arrêt de la diffusion d’ On va s’aimer un peu beaucoup. Auparavant, elle a contacté le service téléspectateurs, qui lui a répondu dans un mail.

Tout en saluant « la qualité de cette série, qui a su toucher un certain public, attaché notamment à la galerie de personnages hauts en couleur de ce cabinet d’avocats pour le moins atypiques », la chaîne précise : « Il est inhérent à la vie d’une grande chaîne généraliste de renouveler et diversifier ses offres de programmes, ce qui implique de facto des arrêts de certaines productions, quelles que soient leurs qualités. »

Selon Corinne Ferré, de nombreux courriers auraient été envoyés par d’autres téléspectateurs déçus.

Catherine Marchal, qui campe un des personnages principaux de la série, affirme : « France 2 n’a donné signe de vie que devant le nombre de lettres, mais il n’était pas possible d’entendre cette réponse pour les spectateurs. »

Contacté, le service presse de la chaîne responsable de la série On va s’aimer un peu beaucoup indique : « Une pétition a été lancée, mais nous n’avons reçu aucune lettre. Il est courant que des séries s’arrêtent et que d’autres démarrent. » Pourtant, cette série effectuait de bons scores, de l’ordre de 3,5 millions de téléspectateurs par soir en moyenne. « Mais la chaîne a aussi des contraintes : il faut tourner la page. »

Laurène PERRUSSEL-MORIN

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