Santé SAUV Life arrive à Lyon : et si vous deveniez un citoyen sauveteur ?

L’application SAUV Life est utilisée depuis jeudi 7 mars par le Samu 69.  Photo Le Progrès /Maxime JEGAT
L’application SAUV Life est utilisée depuis jeudi 7 mars par le Samu 69.  Photo Le Progrès /Maxime JEGAT

Depuis jeudi 7 mars, le Samu 69 est le 22e à expérimenter l’application SAUV Life, qui vise à créer une communauté de citoyens sauveteurs. L’objectif : réduire le nombre de décès par arrêt cardiaque.

Peut-on aider à sauver des vies même lorsque l’on n’est pas initié aux gestes de premiers secours ? « Oui », assurent les médecins du Samu. Et c’est l’objectif de l’application SAUV Life, imaginée par le Dr Lionel Lamhaut, médecin au Samu de Paris, pour « créer une communauté de citoyens à disposition des Samu ».

L’objectif est d’améliorer la survie des patients victimes d’un arrêt cardiaque. Car la France n’est pas bonne dans ce domaine avec un taux de survie à 30 jours de 6,5 % en 2018. Dans un pays où seuls 40 % des citoyens sont formés au secourisme, seule la moitié des victimes bénéficient d’un massage cardiaque par un témoin.

« Quand l’arrêt a lieu sur la voie publique, un défibrillateur est utilisé dans seulement 9 % des cas mais la survie à 30 jours monte alors à 36 % », souligne le Pr  Pierre-Yves Gueugniaud, chef du Samu 69.

Il faut en moyenne 6 ou 7 minutes à un véhicule de pompiers et 10 minutes à un du Smur (Service mobile d’urgence et de réanimation) pour arriver sur place (et plus d’une vingtaine de minutes en milieu rural).

Une minute sans massage cardiaque c’est 10 % de survie en moins

Pendant ce temps d’attente, la survie peut être améliorée, car une minute sans massage cardiaque représente 10 % de survie en moins.

Déployée depuis un an, SAUV Life compte 120 000 abonnés. « On a déjà de belles histoires avec une vingtaine de patients dont le cœur est reparti », rapporte le Dr  Lamhaut. A Paris, entre 150 et 200 utilisateurs reçoivent une alerte par intervention et Lyon devrait s’approcher rapidement de ces chiffres, selon lui.

Quatre applications existent sur ce créneau en France dont Permis de sauver, lancée par deux pompiers lyonnais et réservée aux secouristes diplômés. Elle sera peut-être utilisée un jour par le Samu 69.

Si SAUV Life arrive seulement maintenant à Lyon, c’est pour des raisons administratives, précise le Pr Pierre-Yves Gueugniaud. Tout a été vérifié pour s’assurer que les volontaires ne risquaient aucun tracas. C’était déjà le cas en théorie mais c’est désormais écrit dans la loi du 19 février 2019. Elle crée le statut de citoyen sauveteur, un « collaborateur occasionnel du service public », exonéré de toute responsabilité civile.

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C’est le nombre de victimes d’arrêt cardiaque prises en charge chaque jour par le Samu de Lyon.

Comment ça marche ?

Photo Le Progrès/Maxime JEGAT
Photo Le Progrès/Maxime JEGAT

➤   1- Téléchargez l’application SAUV Life, sur Google Play ou Apple Store et inscrivez-vous. Il faut accepter d’être géolocalisé en permanence et de recevoir des notifications. L’application n’utilise pas le GPS tout le temps donc utilise peu de batterie. Personne n’a accès à votre position hormis l’opérateur du Samu pendant les 10 minutes que dure le déclenchement de l’alerte. Ces données ne sont pas conservées.

➤  2 - Quand le Samu reçoit un appel pour un arrêt cardiaque, il envoie des secours professionnels (pompiers et équipe médicale) et déclenche l’application. Les citoyens volontaires à proximité reçoivent un SMS d’alerte.

➤  3 - Si vous acceptez le message, l’application vous dirige vers la victime.

➤  4 - Une fois sur place, le Samu vous appelle et vous guide dans les gestes à effectuer. L’application peut aussi vous demander d’aller chercher un défibrillateur et de l’apporter sur place sans réaliser d’autre geste.

➤  5 - Vous réalisez les premiers gestes jusqu’à l’arrivée des secours. Une fois sur place, le Samu prend le relais.

Sylvie MONTARON

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