Innovation Elle a mis au point une machine qui permet d’imprimer le chocolat en 3D

Nadine Briallon, fondatrice de ‘‘3 Desserts graphiques’’, a mis au point l’‘‘Impressionnante’’ qui porte bien son nom.  Photo David TAPISSIER
Nadine Briallon, fondatrice de ‘‘3 Desserts graphiques’’, a mis au point l’‘‘Impressionnante’’ qui porte bien son nom. Photo David TAPISSIER
Les dessins sont programmés dans la machine et ils pourront être reproduits. Photo David TAPISSIER
Les dessins sont programmés dans la machine et ils pourront être reproduits. Photo David TAPISSIER
Nadine Briallon, fondatrice de ‘‘3 Desserts graphiques’’, a mis au point l’‘‘Impressionnante’’ qui porte bien son nom.  Photo David TAPISSIER Les dessins sont programmés dans la machine et ils pourront être reproduits. Photo David TAPISSIER

Après plus de quatre ans de recherches, la Lyonnaise Nadine Briannon va commercialiser l’‘‘Impressionnante’’, une imprimante 3D alimentaire qui porte bien son nom.

« Le choix du chocolat ? C’est par gourmandise ! Mais aussi grâce à ma grand-mère, qui était cuisinière et qui m’a transmis sa passion pour la cuisine ». Un choix gourmand et gagnant : aujourd’hui Nadine Briallon, 56 ans, lance l’industrialisation à Lyon de la première solution d’impression 3D alimentaire.

Après 30 ans dans l’informatique, entre programmation et direction de service, la lassitude la gagne. Et lorsqu’elle découvre au CES (Consumer electronics show) de Las Vegas la première imprimante 3D alimentaire, pour le chocolat et le sucre, elle se dit que le marché est à développer. En 2015, dans un premier temps, elle se fixe comme objectif de distribuer ces imprimantes en France… Sauf qu’elle se rend rapidement compte qu’elles ne fonctionnent pas vraiment. Tenace, l’entrepreneuse ne lâche pas le morceau et décide d’en créer une, qui puisse réellement « imprimer » du chocolat.

Cinq ans passés au sein de la division plats cuisinés d’un grand groupe agroalimentaire lui permettent de réaliser un premier prototype pour valider les grandes fonctionnalités de la machine.

De nouvelles imprimantes sortent sur le marché l’année suivante, mais le résultat est toujours décevant. Peu importe, ces dernières lui permettent de travailler ses recettes et de continuer à réfléchir sur son modèle qu’elle destine aux petits artisans. « En fait, je me suis rendue compte que ça ne correspondait pas à la demande et j’ai opté pour une machine encore plus professionnelle. » Fin 2016. Une fois sa société ‘‘Desserts graphiques’’ créée, la fondatrice signe un partenariat avec Staübli Faverges, qui accepte de travailler sur un bras de robot pour de l’alimentaire. Dès février 2017, la construction d’un premier prototype est lancée.

« Les contraintes sont énormes et la machine encore très imposante : pour le moment, elle est destinée au marché de l’industrie de l’agroalimentaire. Toutefois mon objectif, à moyen terme, est de permettre à tous d’en profiter : par l’achat, la location et pourquoi pas en créant un fab lab chocolat, qui disposerait d’un exemplaire et qui serait ouvert à tous… » ajoute-t-elle.

Prix et industrialisation

Désormais, son imprimante, montée à Civrieux-d’Azergues, fonctionne et étonne. Elle a d’ailleurs attiré l’œil de nombreux chocolatiers lors du dernier Sirha (salon lyonnais et international dédié à la restauration et à l’hôtellerie). Rien d’étonnant qu’elle soit prénommée L’‘‘Impressionnante’’ et qu’elle ait reçu le trophée ‘‘Jeune pousse’’ lors de la cérémonie de ‘‘Femmes en action’’. « Je passe désormais à la phase 1, la recherche d’un financement d’environ 600 000 €, pour lancer l’industrialisation. L’objectif est de la fabriquer, mais également de structurer la société. Je suis aussi en recherche de locaux, notamment pour faire des démonstrations mais également former les utilisateurs et assurer le service après-vente. J’ai des pistes sur Lyon mais aussi dans la Métropole ». Car les pré-commandes sont là, malgré un prix encore relativement élevé d’environ 100 000 €.

« La machine est assez unique en son genre, elle est quatre fois plus rapide qu’une imprimante 3D alimentaire, peut fonctionner en 2D ou 3D, avec tout type de chocolat et réaliser les décors de gâteau. Plus encore, la seule limite, c’est l’imagination du pâtissier… C’est idéal pour du sur-mesure. Mon objectif avec cet appareil, c’est de l’utiliser au mieux, en écosystème : s’enrichir de l’expérience et des programmes des autres pâtissiers afin de valoriser les savoir-faire ». Un vœu pieux, qui va avec la personnalité de la quinquagénaire. « Au départ on m’a dit ‘‘ Quelle idée, Madame, à votre âge… ’’ Rien de tel pour vous motiver encore plus et être fière du travail accompli » conclut-elle.

Site internet : https://www.3dessertsgraphiques.fr/

L'imprimante combat aussi les maladies professionnelles

Au-delà des qualités intrinsèques de la machine, ‘‘l’Impressionnante’’- c’est son nom- a surtout un atout dans sa manche, ou plutôt dans sa poche… à douille numérique. Elle permet de combattre les TMS ou troubles musculo-squelettiques, qui touchent les articulations, les muscles et les tendons… et qui handicapent de nombreux pâtissiers à force de répétitions de mouvement. « Cette machine inscrit les professionnels dans une démarche d’innovation de leurs pratiques. Elle ne bridera pas du tout leur créativité, au contraire : elle pourra permettre de dompter le chocolat, rendu capricieux par la complexité de sa courbe de température ».

David TAPISSIER

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