Théâtre Sophie Forte : «Je veux réconforter les gens !»

Photo Karine LETELLIER
Photo Karine LETELLIER

Sophie Forte est sur la scène de la comédie Odéon jusqu'au 2 mars, pour jouer la pièce qu’elle a écrite avec Virginie Lemoine, "Chagrin pour soi", excellente occasion de rencontrer cette ex-Lyonnaise.

De quoi parle votre pièce Chagrin pour soi  ?

« C’est une comédie dramatique. Elle met en scène une femme qui vient d’être quittée. Et son chagrin est personnifié par un homme très beau, très classe (joué par Tchavdar Pentchev, Ndlr) qui frappe à sa porte. Il prend beaucoup de place dans sa vie et elle peine à s’en débarrasser. Elle se rend compte que son chagrin est attachant, très confortable. Elle lutte avec toutes ses émotions. C’est un peu un voyage dans sa tête, avec un traitement original et loufoque. »

La pièce a été co-écrite avec Virginie Lemoine, qui signe aussi la mise en scène…

« Oui, j’avais commencé à l’écrire toute seule parce que je vivais moi-même un chagrin. Mais je me suis rendu compte que je ne m’amusais pas, ça me renvoyait à des choses douloureuses. Un ami m’a suggéré de faire appel à Virginie Lemoine. Ce que j’ai fait, et elle a été emballée.
Je la connais depuis mes débuts, nous avons fait les mêmes cafés-théâtres, et nous participions toutes les deux à l’émission Rien à cirer, de Laurent Ruquier, dans les années 90. J’avais toujours écrit en solo jusque-là ( Le Dalaï… et moi , Le Chaman et moi , etc.). Mais nous nous sommes mises au travail et nos deux univers se sont très bien rencontrés. »

Comment avez-vous vu évoluer le paysage humoristique en France ?

« À l’époque de Rien à cirer, il y avait plus de liberté. Il y avait eu auparavant, – toujours sur France Inter – Le tribunal des flagrants délires, avec Pierre Desproges. Il y avait eu Coluche juste avant… Et nous, nous surfions sur cette vague, il n’y avait pas encore le politiquement correct. On pouvait dire ce qu’on voulait.

Aujourd’hui, c’est plus difficile, même s’il y a toujours des gens, comme Blanche Gardin, pour dire des choses trashs et osées.

Le métier d’humoriste consiste justement à mettre le doigt là où ça fait mal. Mais je ne me considère plus comme humoriste, j’ai toujours pensé que c’était un passage pour moi. Maintenant j’écris des comédies, c’est différent. Je prends des sujets plus intemporels, je ne parle pas d’actualité ou de politique.

J’aime que les gens rient mais qu’il y ait aussi des émotions. J’aime qu’ils se sentent réconfortés. »

Chagrin pour soi, jusqu’au 2 mars, à 19 heures. Tarifs à partir de 16,50 €. Comédie Odéon, 6, rue Grolée, Lyon 2e. Tél. 04.78.82.86.30, www.comedieodeon.com

Le retour d’une ancienne Lyonnaise

« Je suis ravie de venir jouer à Lyon ! J’y ai vécu jusqu’à mes 24 ans, d’abord à la Croix-Rousse, puis dans le quartier d’Ainay.

J’adore cette ville. Mes parents étaient artistes. Mon père, Max Forte, avait une belle galerie, tenue par ma mère, rue Victor-Hugo. Il a énormément peint de paysages lyonnais. Il faisait des aquarelles. Il était très coté. Malheureusement, ils sont décédés. Étant fille unique, je n’avais plus d’attaches familiales à Lyon. Mais j’y ai gardé des amis.

J’étais, bien sûr, déjà revenue, mais jamais très longtemps. Là, nous allons rester presque deux semaines. Mes filles vont me rejoindre et je vais leur montrer mon ancienne école, les endroits où j’ai vécu, ça va être sympa ! »

Propos recueillis par Nicolas BLONDEAU

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