PATRIMOINE Douze ans de glisse sur la Sarra, la piste de ski sur la colline de Fourvière

En famille, à la neige… à Lyon ! Photo Le Progrès /Philippe JUSTE
En famille, à la neige… à Lyon ! Photo Le Progrès /Philippe JUSTE
La piste synthétique dans les années 1970.  Photo d’archives Le Progrès
La piste synthétique dans les années 1970. Photo d’archives Le Progrès
En famille, à la neige… à Lyon ! Photo Le Progrès /Philippe JUSTE La piste synthétique dans les années 1970.  Photo d’archives Le Progrès

Non, vous ne rêvez pas, une station de ski a bien existé sur les hauteurs de Lyon. Inaugurée en 1964 par Louis Pradel, la descente de la Sarra, sur les pentes de Fourvière, a émerveillé les Lyonnais durant douze ans.

Il fut un temps à Lyon où il n’y avait pas besoin de se déplacer pour aller aux sports d’hiver. Avec la Saône en contrebas et la colline de Fourvière comme décor montagneux, la piste de ski de la Sarra a ravi les Lyonnais à partir des années 1960.

Perchée à 280 mètres d’altitude et desservie par un télésiège moderne, cette piste artificielle avait été imaginée par Tony Bertrand, adjoint aux Sports du maire de Lyon, Louis Pradel, lors d’un salon à Paris, où il avait entendu parler d’un revêtement révolutionnaire fabriqué en Italie, en 1963.

Un tapis en fibres synthétiques

Le 29 novembre 1964, l’idée était devenue réalité et la piste fut inaugurée par le maire de Lyon. Plus besoin de se déplacer pour se livrer aux joies des sports d’hiver.

Avec une pente de 20 %, la piste mesurait 300 mètres de long, pour 30 mètres de large. Un tapis en fibres synthétiques faisait office de neige, accessible aussi bien aux néophytes qu’aux skieurs chevronnés.

La station disposait d’un télésiège et même de moniteurs. Pour les sportifs, des vestiaires étaient installés et un système d’éclairage leur permettait de skier à la nuit tombée.

En 1964, Lyon devenait ainsi la seule ville d’Europe à posséder une piste de ski urbaine. Quelque 5 000 personnes étaient venues assister à l’ouverture de la piste, inaugurée par Louis Pradel.

Avec une fréquentation en constante progression, la station avait rapidement été victime de son succès. Les chiffres sont impressionnants : 270 000 entrées payantes par an. Au total, plus de deux millions de remontées mécaniques ont été comptabilisées de 1964 à 1975.

Les chutes causaient des brûlures aux skieurs

Malgré ce succès populaire, l’équilibre financier peine à être assuré et le tapis, qui sert de piste, finit par s’user rapidement. Initialement de couleur bleue, il est remplacé en 1973 par un nouveau revêtement, blanc comme neige. Mais face à des accidents répétés, la piste est fermée en 1975, dans l’attente de trouver un matériau plus résistant et moins dangereux. Les chutent causaient d’importantes brûlures aux skieurs et de nombreux doigts se sont brisés en voulant s’accrocher aux rectangles de plastique. Faute de moyens, le projet a été abandonné l’année suivante.

La nouvelle municipalité s’est progressivement désintéressée du sujet, laissant ainsi le domaine à l’abandon. Des pillages et des dégradations ont même été constatés. Faute de moyens, le projet fut abandonné en 1976. Laissées en état pendant seize  ans, la piste et la remontée mécanique furent entièrement démontées en 1991, pour laisser place à l’actuel parc des Hauteurs.

En 2003, la société Skimania et le comité de ski lyonnais ont organisé, en partenariat avec la Ville de Lyon et le domaine skiable des Sybelles, l’opération Station Lyon neige. L’objectif était de faire revivre ce site atypique durant un gros week-end. Lors de la deuxième édition, deux fils-neige ont été installés pour remonter les skieurs au sommet de la Sarra.

3 000 m³ de neige ont été récupérés sur la route du col de l’Iseran et au sein des stations de Saint-Sorlin-d’Arves et de Saint-Colomban-des-Villards. Une compétition de slalom y a même été organisée… La glisse a désormais cédé sa place à d’autres sports.

Les VTT et les runners ont désormais pris le relais

La Lyon urban trail en 2017.  Photo M.JEGAT
La Lyon urban trail en 2017. Photo M.JEGAT

Aujourd’hui, ce sont les VTT qui investissent la descente l’été, avec une piste officiellement tracée, notamment lors de la Lyon free. Mais les coureurs s’y aventurent également, à l’occasion de l’Ultra boucle, mais également lors du Lyon urban trail et la Lyon urban trail by night.

Mais l’hiver, lorsque la ville se revêt de neige, il n’est pas rare de croiser encore quelques skieurs en quête de sensations fortes…

270 000

C’est le nombre d’entrées payantes par an à la piste de la Sarra.

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