Gastronomie L’Hôtel-Dieu célèbre le retour des Halles en Presqu’île

Photo Joël PHILIPPON
Photo Joël PHILIPPON

Aménagées au grand Hôtel-Dieu, les Halles qui ont ouvert leurs portes en décembre ont été inaugurées très officiellement ce lundi soir. Une nouvelle aventure pour l’un des bâtiments des plus emblématiques de Lyon, qui réunit neuf artisans d’exception.

Ils sont venus très nombreux, ce lundi soir, pour ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de l’Hôtel-Dieu. Ou plutôt pour célébrer un retour, celui des Halles qui ont déserté la Presqu’île depuis des décennies.

Réunissant neuf enseignes de bouche lyonnaises, toutes installées côté quai Jules-Courmont au pied de sa façade monumentale, les Halles du grand Hôtel-Dieu ont ouvert leurs portes en décembre. Était donc venu le temps de l’inauguration. L’occasion pour le MOF (Meilleur ouvrier de France), traiteur lyonnais Jean-Paul Pignol, de rappeler à l’assistance cette aventure peu commune, devenue «évidence» lors d’une visite de chantier en 2012.

Il a fallu «convaincre»

À ce moment, et comme l’a souligné l’adjoint Richard Brumm, représentant le maire de Lyon Gérard Collomb, le célèbre traiteur lyonnais «a pris son bâton de pèlerin pour convaincre» et bâtir, avec huit autres artisans d’exception, «une offre alimentaire globale avec des commerces de qualité». Un tel lieu, a indiqué l’élu, n’existait plus dans la Presqu’île depuis la démolition de l’ancienne Halle des Cordeliers.

Pour eux tous qui représentent plus de 510 années de savoir-faire au service du goût, il était presque «naturel» de s’installer dans ce bâtiment emblématique, construit au XVIIIe  siècle par l’architecte Soufflot. «C’est un projet commun né d’une histoire commune», souligne Jean-Paul Pignol. Comme accroché à un lieu d’exception, ce «haut lieu de la gastronomie», conçu par l’architecte Albert Constantin, est aménagé sur près de 1200 mètres carrés répartis sur deux niveaux. L’ensemble se distingue par ses poutres apparentes remises en valeur et les rondeurs de ses voûtes que l’on devine à l’entresol.

La trémie du quai bientôt recouverte ?

Saluant «le courage politique de Gérard Collomb et de l’ensemble des élus qui ont participé à cette aventure», David Kimelfeld, président de la Métropole, voit l’Hôtel-Dieu gagner en attractivité, avec l’arrivée des Halles. «Après avoir mis en valeur les belles façades de la rue Bellecordière, voilà que l’on redécouvre celles du quai Jules-Courmont. Il faudra, dit-il, aller plus loin et envisager que demain, nous puissions recouvrir la trémie (celle de l’axe nord-sud) afin que l’Hôtel-Dieu puisse s’ouvrir directement sur le Rhône»… Comme avant. «Il faudra des études, une volonté politique et du courage», ajoute-t-il. Et des financements aussi.

Repères

Le saviez-vous ?

L’arrivée de surfaces commerciales le long du quai Jules-Courmont constitue presque un retour aux sources. Lorsqu’il dessine sa belle façade au XVIIIe  siècle, Soufflot, l’architecte doit en tenir compte dans ses plans. Ces espaces, placés idéalement le long du Rhône, lui ont été imposés par les aménageurs de l’époque pour « apporter des ressources financières complémentaires au fonctionnement de l’édifice », alors aménagé en hôpital.

Neuf enseignes sur 1 200 m²

Ils ont ouvert leurs portes le 12 décembre dernier : Pignol (pâtissier-chartcutier-traiteur), La Mère Richard (fromages), Trolliet (boucher-volailler), Vianey (poisson-coquillages), Pozzoli (boulangerie-viennoiserie), Voisin (chocolats-café), Guyot (vins), Cerise et Potiron (fruits-légumes), Le Théodore (Bistrot des Halles).

Aline DURET

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