Transports Le ras-le-bol des aveugles contre les trottinettes abandonnées n’importe où

Selon les associations, Les personnes déficientes visuelles heurtent les trottinettes abandonnées sur le trottoir risquant de se blesser.  /Jean-Philippe CAVAILLEZ
Selon les associations, Les personnes déficientes visuelles heurtent les trottinettes abandonnées sur le trottoir risquant de se blesser. /Jean-Philippe CAVAILLEZ

Un courrier a été adressé au Président de la Métropole pour lui demander d’interdire les trottinettes électriques en libre-service, «source de danger pour les piétons, en particulier les plus vulnérables» au premier rang desquels les personnes âgées, les malentendants, malvoyants et handicapés.

Elles n’ont pas fini de faire polémique. Alors que le nouvel opérateur VOI a pris ses quartiers dans le centre-ville au côté de la société Lime, partout, les trottinettes électriques en libre-service attisent le débat et font grogner. On dit d’elles qu’elles sont dangereuses quand elles roulent sur les trottoirs ou embarrassent la marche quand elles sont abandonnées n’importe où sur la chaussée.

Et s’il y en a dans la ville, qui sont bien conscients de ce problème, ce sont les piétons les plus vulnérables sur le trottoir, au premier rang desquels les personnes âgées et handicapées, les aveugles, ou encore les sourds. Et tous de crier leur ras-le-bol contre une situation qui leur complique encore un peu plus la vie, en général, et les déplacements, en particulier. Ils dénoncent le fait que « les utilisateurs de ces engins circulent à grande vitesse sur les trottoirs, sans prêter attention aux piétons, puis s’en débarrassent au milieu des trottoirs, où ils sont un obstacle supplémentaire pour les passants.

Les personnes déficientes visuelles ne les voient pas et les heurtent, risquant ainsi de se blesser et de chuter et les personnes sourdes ne les entendent pas arriver derrière elles et risquent d’être percutées. Quant aux personnes en fauteuil roulant elles sont parfois bloquées dans leur cheminement à cause de ces vélos et trottinettes qui leur barrent le passage. »

Par la voix de plusieurs associations et collectifs, ils ont décidé d’interpeller les pouvoirs publics. Un courrier a été adressé à David Kimelfeld, président de la Métropole, copie au maire de Lyon, Gérard Collomb, pour lui demander d’être compréhensif et réactif.

« Certains maires ont interdit ces véhicules dans leur commune à cause des accidents et des nuisances qu’ils causaient, écrivent-ils. C’est pourquoi, Monsieur le Président, nous vous demandons d’en faire autant dans la Métropole, afin d’éviter que se produisent des accidents graves, des chutes ayant déjà eu lieu, et que cessent les entraves quotidiennes à la circulation des piétons sur les trottoirs, qui sont déjà bien assez nombreuses. »

Clarifier la manière dont s’agence la circulation

À l’heure où la ville de Lyon semble devenir la capitale du free flotting, la question de la place des vélos et des trottinettes électriques en libre-service peut effectivement se poser. Et se poser de manière encore plus cruciale alors que toutes les collectivités attendent la promulgation d’une loi sur les mobilités qui devrait, notamment, acter la fin des trottinettes électriques sur les trottoirs les obligeant à circuler sur les pistes cyclables.

En attendant, la ville de Lyon compose comme elle peut, en recherche d’équilibre entre les usages et les usagers, Bien conscient du problème de sécurité sur les trottoirs, Jean-Yves Sécheresse, adjoint à la ville de Lyon, à la sécurité, tranquillité publique et occupation du domaine public, Jean-Yves Sécheresse, expliquait ainsi en début de semaine, dans les colonnes du Progrès qu’une charte de bonne conduite destinée aux trottinettes électriques allait être mise en place qui clarifierait la manière dont « s’agence la circulation sur les pistes cyclables, la rue, les trottoirs, non pas dans une volonté punitive mais pour plus de sécurité ».

À la Métropole, où l’on serait en train d’élaborer un plan avec des espaces pour faciliter le stationnement des modes doux en libre-service, on a édité un petit guide des bonnes conduites avec plusieurs associations d’usagers qui recense les comportements dangereux, imprudents ou à risques et rappelle que les engins de déplacement personnel sans moteur sont réglementés et doivent rouler à moins de 6 km/h sur les trottoirs. Et de préciser que quoi qu’il arrive, la règle qui doit prédominer sur toutes les autres gestes « la priorité aux plus fragiles. »

T.V.

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