Transports Pourquoi le tunnel sous Fourvière a fermé pendant la nuit

Environ 115 000 véhicules par jour empruntent le tunnel sous Fourvière.  Photo archives Stéphane GUIOCHON
Environ 115 000 véhicules par jour empruntent le tunnel sous Fourvière. Photo archives Stéphane GUIOCHON

Les fermetures nocturnes s’enchaînent pour le tunnel sous Fourvière. La raison : l’installation d’un nouveau système de sécurité.

Lors de la semaine qui vient de s'écouler, le tunnel de Fourvière, point névralgique des déplacements dans la Métropole, a fermé toutes les nuits, de 20 heures à 5 heures du matin, dans les deux sens, de lundi à jeudi. Comme il l’avait été entre le 21 et le 24 janvier. Contactée, la Métropole confirme la nature exceptionnelle des travaux qui ont été menés. « Nous sommes en train de mettre en place un nouveau système de détection des véhicules hors gabarit », explique-t-on rue du Lac, au siège de la collectivité.

Des capteurs sont placés en amont des deux tubes, à environ 300 mètres, afin de détecter l’arrivée des véhicules hors gabarit. Si jamais un camion de ce type, dépassant 4,30 m de haut, est repéré, les barrières à l’entrée du tunnel se fermeront automatiquement, et toute la signalisation (feux rouges, flashs, panneaux) sera déclenchée. Le poids lourd sera ensuite évacué par un patrouilleur de la CRS via les montées de Choulans (sud) ou Huss (nord). L’abaissement de ces barrières immobilisera le trafic le temps que les équipes d’exploitation interviennent pour sécuriser la zone et rouvrir le tunnel. Dans un second temps, le poids lourd contrevenant sera pris en charge par les forces de l’ordre.

« Ce dispositif est unique et expérimental. Il est destiné à protéger l’ouvrage et assurer la sécurité des usagers », explique-t-on à la Métropole. Ce système, dont le coût s’élève à 300 000 € et sera expérimenté pendant un an, doit permettre d’éviter un nouveau 28 septembre 2017, accident qui avait eu de sérieuses conséquences, empêchant toute circulation dans le tunnel pendant plusieurs jours (lire par ailleurs). Un cauchemar pour les usagers de la route et les riverains des 5e  et 9e  arrondissements de Lyon.

Quinze nuits de fermeture au total

D’où ces travaux d’envergure et cette fermeture dans les deux sens. En mars 2016, la Métropole avait annoncé privilégier désormais la fermeture d’un seul des deux tubes, en maintenant le trafic en mode bidirectionnel. « Dans ce cas précis, nous ne pouvons pas faire autrement. » En effet, l’utilisation du mode bidirectionnel n’est pas compatible avec les installations techniques nécessaires à la mise en place de cette détection automatique de gabarit, couplée à une fermeture des barrières d’accès.

La Métropole assure néanmoins que, depuis 2016, le nombre de nuits lors desquelles le tunnel sous Fourvière est totalement fermé à la circulation a plongé. De 30 à 40 par an, « nous sommes passés à 6 à 8 nuits ». Il en faudra plus en 2019. En effet, 15 nuits seront nécessaires pour l’installation et les réglages des capteurs, le tirage des câbles, l’intégration dans le système de contrôle commande et les tests de bon fonctionnement.

Objectif : éviter de revivre l’accident du 28 septembre 2017

Jeudi 28 septembre 2017 : un jour à marquer d’une pierre noire pour le tunnel sous Fourvière. Ce matin-là, vers 8 heures, le camion d’une société de transports d’Heyrieux (Isère) assurant un convoi exceptionnel s’engage dans le tunnel. La tractopelle, dont le bras n’avait pas été replié, racle la voûte de l’ouvrage et emporte caissons et poutrelles abritant la gaine d’air vicié servant au désenfumage en cas d’incendie. L’accident ne fait aucune victime, mais condamne le tube dans le sens Paris-Marseille (nord-sud) jusqu’au 8 octobre pour les automobiles, et jusqu’au 16 pour les camions et autocars.

Des travaux considérables ont été entrepris depuis pour réparer les dégâts (1,4 million d’euros, totalement pris en charge par l’assurance du PL en cause) et sécuriser l’ouvrage (changement de la signalisation), tandis que la hauteur réglementaire a été abaissée à 4,30 m. Les travaux, débutés le 21 janvier, ont pour objectif d’éviter un nouvel incident de ce type.

Jean-Philippe CAVAILLEZ

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