villeurbanne L’urbanisation pousse le petit garagiste vers la sortie

Né à Villeurbanne, le garagiste Bernard Degout a vu les programmes immobiliers pousser comme   des champignons au Tonkin, avant de devoir quitter son « antre » de l’avenue Galline, fin 2018. Incapable   de couper le contact, le sexagénaire a repris une activité à Sathonay.  Photo H. P.
Né à Villeurbanne, le garagiste Bernard Degout a vu les programmes immobiliers pousser comme des champignons au Tonkin, avant de devoir quitter son « antre » de l’avenue Galline, fin 2018. Incapable de couper le contact, le sexagénaire a repris une activité à Sathonay. Photo H. P.
Créé rue Charles Lyonnet, le garage Degout avait été transféré avenue Galline au début des années 1970.  Photo H. P.
Créé rue Charles Lyonnet, le garage Degout avait été transféré avenue Galline au début des années 1970. Photo H. P.
Le petit bâtiment du 75 de l’avenue Galline, à côté de  Feu vert, vient d’être démoli.  Photo H. P.
Le petit bâtiment du 75 de l’avenue Galline, à côté de Feu vert, vient d’être démoli. Photo H. P.
Né à Villeurbanne, le garagiste Bernard Degout a vu les programmes immobiliers pousser comme   des champignons au Tonkin, avant de devoir quitter son « antre » de l’avenue Galline, fin 2018. Incapable   de couper le contact, le sexagénaire a repris une activité à Sathonay.  Photo H. P. Créé rue Charles Lyonnet, le garage Degout avait été transféré avenue Galline au début des années 1970.  Photo H. P. Le petit bâtiment du 75 de l’avenue Galline, à côté de  Feu vert, vient d’être démoli.  Photo H. P.

Son père avait créé le garage au Tonkin en 1958, Bernard Degout a pris le relais jusqu’en décembre dernier. Sur l’avenue Galline, le petit bâtiment vient de disparaître pour laisser la place à un parc d’activités. Souvenirs, souvenirs.

« Ils ont décidé de conserver la grande cheminée jouxtant notre bâtiment. Mais nous aussi, nous faisions un peu partie du patrimoine industriel villeurbannais », sourit Bernard Degout.

Au 75 de l’avenue Galline, à la lisière du Tonkin, le petit garage Degout vient en effet de disparaître du paysage local. Sur le site, à proximité de l’avenue Salengro, un parc d’activités va voir le jour.

« Mon père avait créé le garage en 1958 »

Le sexagénaire ne cache pas être passé sur place tous les jours durant la démolition. Un crève-cœur pour ce Villeurbannais qui, avec son épouse, Michèle, travaillait et vivait sur place –dans un appartement à l’étage– depuis 46  ans.

Il précise à cet égard : « Mon père, Roger, avait créé le garage Simca en 1958, rue Charles Lyonnet, une rue qui a disparu. J’ai grandi près de l’ancienne place Rivière, mais le terrain appartenait aux Hospices civils de Lyon, et au début des années 1970, nous avons dû partir afin de permettre au nouveau quartier de sortir de terre. J’avais commencé à travailler à 14 ans, rue Lyonnet, et j’ai repris le boulot, avenue Galline, après mon service militaire. »

Spécialiste des courses de côte

Quand il ne répare pas des moteurs à l’atelier, Bernard Degout est au volant de bolides. Il participe à quelques rallyes puis devient un spécialiste des courses de côte. Pilote émérite, il remporte de multiples coupes qui remplissent les rayonnages dans le garage et impressionnent les visiteurs. Mais un grave accident, en 1990, l’oblige à mettre la pédale douce.

Entre-temps, il a pris les commandes de la petite entreprise familiale, qui va compter jusqu’à cinq salariés. « Nous faisions même de la vente, 30  à 35 voitures par an », se rappelle-t-il.

En 2012, une retraite très active débute. Pas question de baisser le rideau. C’est en solo, avec tout de même le soutien de Madame pour « la paperasse », que le garagiste continue d’œuvrer dans son antre, à la grande satisfaction des clients du quartier.

Mais à proximité, les programmes immobiliers poussent comme des champignons, et au printemps dernier, Bernard Degout apprend qu’il devra libérer les lieux avant la fin de l’année. L’hypothèse d’une installation dans le futur parc d’activités, évoquée un temps, est abandonnée. Il faut se résoudre à tourner la page, et à mettre le cap au nord de l’agglomération.

Toujours incapable de couper le contact, Bernard, 67 ans, vient d’investir un local flambant neuf à Sathonay-Camp, au 6, boulevard des Monts d’Or. « Quand je vois les appréciations positives sur internet, lâche-il, je pense que certains clients villeurbannais vont suivre. Pour le reste, je me cantonnerai à l’entretien de voitures anciennes. » Juste pour le plaisir.

H. P.

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