Pollution de l’air La zone à faibles émissions votée à l’unanimité

Le conseil de métropole, rue du Lac, à Lyon 3e.  Photo Sophie MAJOU
Le conseil de métropole, rue du Lac, à Lyon 3e. Photo Sophie MAJOU

À partir du 1er janvier 2020, les poids lourds et les camionnettes les plus polluants ne pourront plus entrer dans la zone à faibles émissions (ZFE) correspondant au centre de l’agglomération. La concorde, dans les urnes, n’a pas empêché quelques divergences.

« Un petit pas après quatre années de surplace. » Si Pierre Hémon (EELV) s’est réjoui du vote, « enfin », d’une zone à faibles émissions (ZFE), l’élu a néanmoins raillé le retard pris. Alors que Gérard Collomb avait déjà quitté la séance lors de l’examen de la mesure, David Kimelfeld (LREM), a estimé, avoir « pris le sujet comme un taureau par les cornes », dès son arrivée aux manettes de la collectivité, en juillet 2017.

« Pourquoi t’es pas allé chercher des citoyens ! ? »

La concertation du grand public que l’exécutif et ses groupes politiques amis jugent « exemplaire », Pierre Hémon, lui, la taxe de « complètement ratée ! ». « Des milliers de personnes marchent pour le climat, mais il n’y a eu que 154 avis déposés », a rappelé l’écologiste. « Pourquoi t’es pas allé chercher des citoyens ? », lui fera observer Pierre-Alain Millet (PCF). Étendre le périmètre de la ZFE aux limites de la collectivité et… aux voitures, c’est aussi ce qu’a réclamé Pierre Hémon. La solution trouvée n’est pas non plus à la hauteur de l’enjeu sanitaire pour Gilles Vesco. « En excluant les voitures qui représentent 50 % de la pollution », on fait seulement dans la « demi-mesure », note l’inventeur de Velo’V, avant de détailler les dégâts des particules fines pour la santé. « On gagne cinq ans d’espérance de vie tous les vingt ans, et la pollution de l’air ne nous fait perdre que six mois », a fait observer Thierry Philip, vice-président (PS) à la Santé, et cancérologue de formation. « Le discours du catastrophisme tue le débat », a estimé de son côté Pierre-Alain Millet, faisant état de « l’amélioration de l’air depuis plusieurs années », due notamment à la fermeture de sites industriels. « Vous allez trouver des Gilets jaunes sur les ronds points », a-t-il mis en garde, si la ZFE devait être étendue aux véhicules particuliers. Pierre Diamantidis (Synergies-Avenir), à l’instar d’autres groupes politiques, a réclamé « davantage de transports en commun ».

« En 2021, la ZFE de la Métropole de Lyon sera la plus restrictive en France », a observé David Kimelfeld, pour qui il s’agit d’une « mesure ambitieuse et équilibrée ». « Il s’agit ici de démarrer ; s’il faut aller plus loin et plus vite, nous serons armés », a conclu le président de la collectivité. 

La Zone à faibles émissions, c’est quoi ? 

À partir du 1er janvier 2020, les camions et les camionnettes les plus polluants (selon leurs vignettes Crit’Air) ne pourront plus entrer dans la quasi-totalité des arrondissements de Lyon, à Villeurbanne, Bron et Vénissieux (à l’intérieur du périphérique) et à Caluire-et-Cuire.

Au 1er janvier 2021, la restriction concernera d’autres poids lourds et camionnettes plus récents. L’année 2019 n’est que pédagogique. Des dérogations sont prévues, tout comme des aides financières à l’achat de véhicules propres (électricité, hydrogène, gaz naturel).

S. M.

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