concert Eric Bellamy : ce Lyonnais fait tourner le rap français

Eric Bellamy : « Le rap est la nouvelle variété française » . Photo Yannick Norhadian
Eric Bellamy : « Le rap est la nouvelle variété française » . Photo Yannick Norhadian

Il a commencé à Vénissieux avec son “posse” de rappeurs, avant de devenir l’un des plus gros producteurs de concerts de rap en France (Sexion d’Assaut, Damso, Youssoupha...). Ce mardi, il remonte sur scène avec son groupe IPM.

Comment devient-on le producteur de Kery James, Youssoupha ou Jul ?

« J’ai commencé par être artiste, à Vénissieux, avec le groupe IPM. J’étais le compositeur du groupe, mais aussi son manager, par défaut. On a sorti notre premier album en 1998, on a fait beaucoup de concerts. Et on a monté notre premier label, La Lyonnaise des Flows , pour nous et pour d’autres artistes lyonnais, comme Khaban , Mind The Step ou Stereotypical Working Class.

Mais le distributeur de nos albums a déposé le bilan, et nos disques étaient bloqués. Pour s’en relever, on a organisé des tournées. »

Vous vous êtes spécialisés dans le rap à partir de 2002, à une époque où organiser un concert de rap était tout sauf simple…

« Exactement. Les salles nous voyaient arriver avec suspicion, et c’est vrai qu’on avait parfois à gérer des problèmes de violence dans le public. Moi-même je me suis fait tirer dessus à un concert à Lyon ! »

Depuis, le hip-hop et le rap sont devenus des marchés grand public ?

« Oui, on peut dire ça, grâce à des gens comme Diam’s, Soprano, Maître Gims ou Nekfeu, C’est la nouvelle variété. Dans un de ses morceaux, Youssoupha dit : « Nous sommes la chanson française ». Il a raison, ils sont devenus incontournables. Ils dominent le marché. »

Vous aviez un coup d’avance sur ce marché, vous avez su le garder ? 

« Ah, tout d’un coup, la concurrence est devenue rude ! Il y a de gros capitaux qui sont arrivés dans la partie. Mais on s’est forgé une crédibilité, un savoir-faire et un historique qui plaident pour nous. Et nous, on propose aux artistes une stratégie de carrière, pas seulement de la production de tournée. »

Par exemple ? Qui avez-vous aidé à se développer ?

« Sexion d’Assaut : on a commencé à travailler avec eux quand ils jouaient sur des petites scènes, on les a accompagnés, y compris dans la polémique, où tout s’est effondré. Et on a remonté la pente avec eux. Il y a aussi Youssoupha, qui est passé de clubs minuscules aux Zéniths. »

Et vous produisez aussi Damso, qui cartonne actuellement…

« Oui, il a fait trois albums, et il joue déjà dans les plus grandes salles. On a fait une Halle Tony-Garnier à 9 000 personnes en fin d’année 2018, c’était énorme… ».

Est-ce qu’il y a de nouveaux marchés à conquérir ?

« Oui, bien sûr. Les Anglais et les Américains s’intéressent au rap français. Et il y a l’Afrique qui commence à se structurer. Les rappeurs français seront bientôt des artistes internationaux. »

Les Anglais et les Américains s’intéressent au rap français

Eric Bellamy

IMP, ce mardi 29 janvier au Ninkasi

Aux début des années 90, à Vénissieux, Eric Bellamy découvre le rap, et commence une carrière de DJ, au milieu d’une bande de copains passionnés de hip-hop : danseurs, graffeurs, rappeurs… L’équipe fonde un groupe, IPM, ou “Impact Par les Mots”, dont Eric Bellamy écrit les paroles et compose les musiques, à l’aide de samplers.


IPM se fait un nom, et commence à multiplier les concerts. Mais le rap est encore une musique de périphérie, et aucune structure n’est là pour soutenir le groupe. Eric Bellamy crée donc la sienne, La Lyonnaise des Flows , qui produira notamment l’album “La Galerie des Glaces”, en 1998, qui se vendra à plus de 20 000 exemplaires et fera la renommée d’IPM. Le groupe remonte donc sur scène à Lyon pour fêter les 20 ans de cet album fondateur.

Pratique : IPM, mardi 29 janvier à 20 h 30 au Ninkasi Gerland, 267 rue Marcel-Mérieux, Lyon 7e. Gratuit

Propos recueillis par Thierry MEISSIREL

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