Economie Nouveautés, business: pourquoi le Sirha est un rendez-vous obligé

Pour cette édition du Sihra, 208 000 professionnels sont attendus jusqu’au au 30 janvier, dont 25 600 chefs et cuisiniers du monde entier.  Photo Joël PHILIPPON
Pour cette édition du Sihra, 208 000 professionnels sont attendus jusqu’au au 30 janvier, dont 25 600 chefs et cuisiniers du monde entier. Photo Joël PHILIPPON

Ce vendredi à Eurexpo, s’ouvre la nouvelle édition du Sirha. Trois mille exposants et 200 000 professionnels de la restauration et de l’hôtellerie du monde entier nous cuisinerons nos assiettes d’aujourd’hui et demain.

Même le monde de la restauration connaît sa révolution digitale ! Et pas seulement : de plus en plus de professionnels sont aussi confrontés aux nouvelles exigences des consommateurs – plus sain, plus local – avec la place croissante du vegan notamment et celle des intolérances alimentaires nécessitant de nouveaux modèles de cuisine. En 2019, les chefs ne rédigent plus leur menu comme il y a vingt ans ou même dix ans. Et c’est donc dans cet environnement plein d’incertitudes, mais aussi d’innovations – un village accueille trente start-up spécialisées – que les 200 000 professionnels de la restauration viennent s’imprégner de ces grandes tendances, où se mêlent les nouvelles technologies de cuisson, de stockage, de gestion, mais aussi l’arrivée de nouveaux produits, fruits de recherches de plus en plus développées.

« Les professionnels doivent s’adapter très vite »

« Parmi les autres tendances qui s’affirment, précise Marie-Odile Fondeur, directrice générale du Sirha, il y a aussi celle du design, qui devient très présent dans les arts de la table, mais aussi la décoration des restaurants ».

Selon l’institut d’étude NPD, globalement, le secteur de la restauration hors foyer se porte bien en Europe où tous les marchés sont en croissance (+ 2 % en France). Preuve que les efforts entrepris par les professionnels portent leurs fruits.

« Pour nous, le Sirha est l’occasion de présenter nos nouveautés », explique Olivier Dupraz, responsable de l’activité “professionnels” de l’entreprise villeurbannaise Eurocave. « Nous exportons 80 % de nos produits, et ce salon permet aussi de rencontrer nos clients du monde entier. » Pour Alain Milliat, qui produit des jus de dégustation pour une clientèle haut de gamme, « ce salon est aussi une belle opportunité de communication et pas seulement un lieu de business, même si on a des retours ». Le dirigeant, installé à Valence depuis 2013, présentera cette année sa “citronnade bio sans sucre”.

De quoi désaltérer les visiteurs gourmets, qui pourront aussi déguster de très nombreux autres produits présentés pour la première fois à Eurexpo. « Dans un monde qui bouge, les professionnels doivent s’adapter très vite », souligne Marie-Odile Fondeur, directrice générale du Sirha. Avec, en toile de fond, la problématique du “bien manger”, qui varie d’un pays à l’autre ou d’une génération à l’autre. Pas simple même avec le digital !

Du Salon des métiers de bouche au Sirha : un succès inégalé

Le premier Salon des métiers de bouche s’est tenu à Lyon en 1983, à l’initiative de l’Association des métiers de bouche présidée par Georges Delangle, Meilleur ouvrier de France (MOF) en charcuterie. L’un des objectifs à l’époque consistait à défendre le patrimoine culinaire et attirer les jeunes vers les métiers de bouche.

En 1987, le salon prend le nom de Sirha, Salon international de la restauration de l’hôtellerie et de l’alimentation, et Paul Bocuse lance le Bocuse d’Or. C’est en 2007 que le groupe lyonnais GL events acquiert Sepelcom, société qui gérait notamment le Sirha.

Tous les deux ans, le monde de la restauration et de l’hôtellerie se retrouve à Eurexpo et depuis ces dernières années, celui des nouvelles tendances culinaires. Pour cette édition, 208 000 professionnels sont attendus du 26 au 30 janvier, dont 25 600 chefs et cuisiniers du monde entier.

« C’est un salon incontournable ! »

Aurélien Fouquet Photo DR
Aurélien Fouquet Photo DR

Aurélien Fouquet PDG de Santos (Vaulx-en-Velin)

« Notre entreprise familiale fabrique du petit matériel électrique professionnel, et nos clients sont principalement les gérants et cuisiniers des cafétérias, hôtels, restaurants, bars à jus, coffee-shops ou encore les sandwicheries. »

« Sirha est évidemment incontournable. Ce salon offre de plus en plus de place aux équipementiers, et c’est une bonne chose. Ce qui le distingue des autres salons de la gastronomie ou de l’agroalimentaire, c’est qu’il s’appuie aussi sur la dimension conviviale avec les concours. D’ailleurs, nous sponsorisons l’un d’eux, et ça fonctionne très bien, même si cela demande beaucoup de travail en amont. Les chefs cuisiniers étrangers de Singapour, Dubaï ou de Chine par exemple viennent ici car ils savent qu’ils ne trouveront pas certains produits ailleurs. L’innovation est au cœur de ce salon. Il y a, à la fois, le côté business et cette convivialité, dont le point d’orgue est le concours des Bocuse d’Or. Il y a une vraie émulation parmi nos clients et c’est devenu un vrai vecteur de business. Pour ce salon, nous investissons plusieurs dizaines de milliers d’euros (CA de 19 millions) et nous travaillons dessus depuis six mois. Six mois de travail pour cinq jours de salon, c’est un peu fou mais c’est comme cela que nous arrivons à voir le plus de monde. 75 % de notre production est exportée dans 130 pays. Donc, Sirha est vraiment l’occasion d’entretenir les bonnes relations avec nos clients qui viennent spécialement à Lyon pour le salon. Le lundi matin, nous inviterons nos dix plus grands clients étrangers à visiter notre site avant de se rendre au Sirha. Ce contact est très apprécié de tous. »

Vincent ROCKEN

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