Solidarité « Si on n’accepte pas Kélé, qui accepter ? »

Kélé, au centre, est soutenu dans l’obtention d’un titre de séjour par le collectif Soutenez Kélé et RESF 69.  Photo DR
Kélé, au centre, est soutenu dans l’obtention d’un titre de séjour par le collectif Soutenez Kélé et RESF 69. Photo DR

Kélétigui Sylla, dit Kélé, est menacé d’expulsion, malgré son parcours exemplaire pour s’intégrer. Toujours en attente de régularisation depuis 2014, le jeune homme de 19  ans n’est pas seul dans ce combat.

Kélé est un jeune Guinéen arrivé en France en 2014. Il était alors âgé de 14  ans et 11 mois. À son arrivé, il a été pris en charge pendant quelques mois par la protection de l’enfance, avant d’être condamné à quatre mois de prison, dont deux fermes, pour fraude, car des tests osseux ont assuré qu’il était majeur. Il a dû prouver par la suite qu’il était bien mineur au moment de son arrivée en France. Aujourd’hui, âgé de 19 ans, il se retrouve de nouveau avec une obligation de quitter le territoire, alors que tous les papiers prouvant son identité sont en sa possession, et certifié par l’État guinéen.

Diplômé d’un CAP et d’un Bac pro

Malgré toutes ces péripéties, Kélé s’est intégré dans la société lyonnaise, notamment grâce au collectif Soutenez Kélé et au Réseau éducation sans frontières 69 (RESF 69). Il a obtenu un Certificat d’aptitude professionnel (CAP) puis, en juillet 2018, son Bac pro. Aujourd’hui, il réalise une année d’approfondissement de ce Bac pro. « Malgré les difficultés que Kélé rencontre avec sa demande de titre de séjour, il ne s’est pas renfermé sur lui-même, il a continué ses études, obtenu ses diplômes et est toujours prêt à rendre service, c’est impressionnant », raconte-t-on du côté du collectif Soutenez Kélé.

Tant qu’il n’aura pas de papier français, il ne pourra pas travailler, malgré des embauches possibles. « Je fais une année d’approfondissement car je ne peux pas travailler, ni faire de l’alternance », explique le jeune Guinéen. Il ne se laisse pas abattre, malgré la difficulté de la situation : « Je veux rester à Lyon et en France, mais actuellement c’est très compliqué. Je reçois toujours des mauvaises nouvelles, heureusement que j’ai beaucoup de soutien. Je veux continuer à me battre car je ne veux pas retourner en Guinée où ma vie n’était que de la survie. »

« Un artiste élégant et prometteur »

Outre ses études, le jeune homme est très intégré dans la vie culturelle. « Il participe à des ateliers d’écriture, à une chorale, et s’investit dans une compagnie de théâtre. Il n’y va pas seulement une fois de temps en temps, il est un acteur majeur de ces activités », déclare le collectif.

Une lettre de Bruno Boëglin, du théâtre du Désordre des esprits, explique le travaille réalisé avec Kélétigui Sylla : « Non seulement, c’est un étudiant ouvert et actif dans bon nombre de manifestations, mais aussi un artiste élégant et prometteur. »

Il est loin d’être le seul dans cette situation, mais c’est un exemple pour beaucoup d’autres jeunes. « Il ne s’est pas écroulé face à tout ce qu’il lui est arrivé depuis 2014. Il se bat pour réussir et s’intégrer dans la vie de la Ville. Si l’on accepte pas Kélé, qui accepter ? », se questionne les membres du collectif de soutien.

Des personnalités sont derrière lui, son école assure qu’il n’aura aucun mal à trouver un emploi. Il a été parrainé par de nombreuses personnalités et possède un certificat de parrainage républicain.

Une pétition en ligne pour le soutenir a été signée par plus de 3 000 personnes, et une lettre au Préfet a été rédigée par le collectif pour obtenir sa régularisation. 

Renseignements auprès de RESF69 et le collectif Soutenez Kélé

Marion GERGELY

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