Se déplacer Partage de la rue: la Métropole joue les arbitres entre les usagers avec un guide des bonnes conduites

Automobiles, deux roues motorisés, vélos, piétons… Les accidents corporels – et notamment les accidents mortels - ont augmenté ces dernières années sur le territoire de la Métropole de Lyon (+ 6 % en 2017). Photo Richard Mouillaud
Automobiles, deux roues motorisés, vélos, piétons… Les accidents corporels – et notamment les accidents mortels - ont augmenté ces dernières années sur le territoire de la Métropole de Lyon (+ 6 % en 2017). Photo Richard Mouillaud

Face à la hausse des tensions et des conflits d’usage, la Métropole a publié un petit guide des bonnes conduites, sur le registre du décalage, de l’humour et du respect. Histoire de rappeler que la rue doit se partager en bonne intelligence.

En marge des automobilistes, cyclistes et piétons, les usagers de la rue sont désormais confrontés à des tricycles, patinettes avec ou sans moteur, mini-vélos électriques, mini-scooters, mono-roues, gyropodes, monocycles, trottinettes électriques, rollers ou triporteurs. Autant de modes de déplacement différents qui engendrent des problèmes d’encombrement, d’allure variable, de tensions dans l’espace urbain et de conflits d’usage.

Alors qu’un projet de loi d’orientation des mobilités a été présenté fin novembre en conseil des ministres [voir ci-dessous], la Métropole s’est lancée dans l’édition d’un petit guide à 30 000 exemplaires, qui recense les comportements dangereux, imprudents ou à risques.

Protéger les plus faibles, c’est-à-dire les piétons

L’objectif consiste à rappeler que la rue est un espace qui se partage, que chacun doit adopter le bon comportement et que tous les usagers doivent se respecter mutuellement.

Édité en partenariat avec nombre d’associations d’usagers de Lyon et de la Métropole (Droits du piéton, la Ville à vélo, Pignon sur rue, Réagir l’enfant, Givors à vélo, collectif à vélo de Tassin, UCIL, comités d’intérêts locaux, etc.), ce guide joue la carte de la prise de conscience et de l’humour.

« On voulait faire de la sensibilisation, mais sur une tonalité décalée et non sur le volet répressif ou moralisateur qui animait certains de nos interlocuteurs. Chaque usager peut avoir un comportement imprudent, une voiture va stationner sur une piste cyclable, un piéton traverser en dehors du passage, un cycliste rouler sur le trottoir, un deux-roues motorisé rouler sur les voies de bus. C’est pour cela que nous avons choisi de communiquer sur la symbolique de l’œuf car il incarne la fragilité, et les jeux de mots autour de l’œuf sont nombreux », souligne Gaëlle Rougement, adjointe à la communication de la Métropole.

Un accompagnement ludique

L’élaboration du guide a débuté à l’hiver 2017, tandis que la réglementation n’a pas encore abouti concernant les récents modes de déplacement (trottinettes électriques, skateboards, gyropodes, etc.). Il est destiné à sensibiliser les habitants de la Métropole au partage de la rue,  montrer que chaque usager peut être vulnérable, rappeler la règle de la priorité aux plus fragiles - c’est-à-dire les piétons -, permettre la cohabitation des modes tout en accompagnant de manière ludique la sensibilisation, à travers la police municipale et les associations.

« Notre posture ne consiste pas à bannir les véhicules motorisés de la ville, mais à aménager depuis plus de dix ans des pistes cyclables et à faire en sorte que tous les usagers acceptent de partager la rue sans se dresser les uns contre les autres », mentionne Gaëlle Rougement, qui annonce une rediffusion de la campagne de sensibilisation au printemps.

Le projet de loi présenté en novembre 2018 veut accélérer la croissance des nouvelles mobilités

Un projet de loi d’orientation des mobilités a été présenté au conseil des ministres du 26 novembre 2018 par Élisabeth Borne, ministre des Transports.Il devrait être adopté courant 2019. Élaboré à la suite des Assises nationales de la mobilité, ce projet de loi réforme en profondeur le cadre général des politiques de mobilités. Quatre objectifs : sortir de la dépendance automobile, réussir la transition écologique, programmer les investissements dans les infrastructures de transport, et accélérer la croissance des nouvelles mobilités.

Sur ce point, le texte encadre le développement de ces nouveaux services : trottinettes en libre-service, vélos ou scooters sans station d’attache. Les autorités organisatrices de la mobilité pourront instaurer des cahiers des charges à respecter par les nouveaux opérateurs.

Les modes doux n’utilisent pas d’énergies polluantes et peuvent englober des véhicules non motorisés à assistance électronique ou électrique, des véhicules électriques ou au gaz naturel, sans qu’il n’y ait trop de référence à leur vitesse maximale de circulation.

Les modes lents ne peuvent circuler qu’à faible vitesse : moins de 15 à 20 km/h pour certains mini-scooters électriques, 30 à 35 km/h pour des véhicules « semi-lents ». Pas plus de 25km/h sur une piste cyclable. La réglementation française définit une vitesse de 45 km/h, référence pour distinguer les cyclomoteurs des motos et exiger le permis de conduire.

Les modes non motorisés mus uniquement par l’énergie humaine, animale ou éolienne. La marche à pied est le plus répandu d’entre eux. Pas plus de 6km/h sur un trottoir.

Un guide et une web série « Z’oeufs code »

Fin 2018, la Métropole de Lyon a lancé sa campagne de sensibilisation dans toutes les communes et associations d’usagers avec lesquelles elle a œuvré.

Outre de l’affichage sur le territoire de la Métropole, un petit guide des bonnes conduites, « Partager la rue ? Pas si dur ! », a été distribué dans les mairies, maisons de la Métropole, police municipale, diverses associations et réseaux sociaux (téléchargement possible sur grandlyon.com).

 

Nadine MICHOLIN

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