Musique Depuis 11 ans, le Périscope a fait émerger 6 000 artistes

Dans les sous-sols du Périscope, des studios de répétition et d’enregistrement ont vu le jour.  Photo Tatiana VAZQUEZ
Dans les sous-sols du Périscope, des studios de répétition et d’enregistrement ont vu le jour. Photo Tatiana VAZQUEZ

Lieu d’émergence, de diffusion et de ressource, le Périscope installé dans le 2e arrondissement est devenu, en 11 ans, une structure qui compte dans le monde de la musique alternative, jazz et improvisée. Il vient d’obtenir le label “Scène de musiques actuelles”. Une reconnaissance.

On connaît du Périscope ce qu’on en voit lorsqu’on assiste aux concerts. Une petite salle intimiste, au cœur du quartier Perrache, qui accueille des groupes de jazz, de musiques improvisées, alternatives, parfois rock ou groove, électroniques ou expérimentales, dans une ambiance détendue.

Mais qui connaît la vie et la vivacité des lieux lorsqu’ils sont fermés ? Qui sait que le lobster, annexe du Périscope, juste à côté, pensé comme une pépinière, est une véritable fourmilière ? Derrière les portes closes, se croisent au quotidien, musiciens, tourneurs, producteurs, salariés et bénévoles. Il y règne une certaine convivialité. « Il y a quelque chose qui se crée avec le lieu. C’est un ancrage. Ici, les gens se sentent bien. Et le fait de passer un bon moment quelque part, c’est quand même le cœur du sujet quand on parle de musique », explique le directeur du Périscope, Pierre Dugelay.

« Nous allons continuer ce que nous faisions depuis plus de 10 ans »

Il y a 11 ans, quand cette petite scène se montait à l’initiative d’un collectif de musiciens, l’homme était bénévole. Il dit aussi : « Il y avait un manque à Lyon dans ce domaine, on l’a comblé. ». Et la petite structure s’est, au fil du temps, progressivement étoffée. Après la salle de concert, il y a eu la création des studios d’enregistrement au rez-de-chaussée, l’ouverture du lobster. Cette année, l’association va entreprendre des travaux dans un troisième bâtiment adjacent pour gagner en superficie et se donner un peu d’air.

« Au Périscope, ils sont partis petits puis se sont étoffés. C’est un modèle vertueux de construction collective de la culture », affirme Loïc Graber, adjoint à la Culture de la ville de Lyon. Et de classer cette scène au rang de ces « nouveaux lieux de fabrique de la culture, non institutionnels et nécessaires à la ville qui se présente comme une capitale européenne de la culture ». En onze années, 1 500 groupes, soit près de 6 000 artistes, sont passés par là.

« Leur nom ne vous dit pas forcément grand-chose mais vous les connaissez, ils passent parfois à la radio et connaissent de grands succès, en Europe et à l’international. Aujourd’hui, le périscope est un lieu d’émergence, de diffusion. Un lieu ressource aussi », ajoute le directeur du Périscope, qui vient d’obtenir le label “Scène de musique actuelle”. La nouvelle est arrivée avec le journal officiel de décembre.

« Pour monter ce dossier, on n’a rien enlevé, ni rien ajouté, à ce qu’on faisait déjà, résume-t-il. Nous allons continuer ce que nous faisions depuis dix ans : organiser et produire des concerts, accompagner les artistes, entreprendre un travail de médiation et d’action culturelle. »

Et si, dans les faits, la nouvelle ne change effectivement rien à ce qui se faisait et va continuer de se faire au Périscope, la réalité c’est qu’il s’agit, selon les mots de l’adjoint à la Culture de la ville de Lyon, d’une « reconnaissance par l’État du travail fait depuis toutes ces années. Ce label lui ouvre les portes d’un réseau national et lui assure une sécurité autour de son financement. »

100 000 En euros, le montant de la subvention que va lui verser la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) dans le cadre de cette labellisation. L’an dernier, elle lui avait déjà alloué cette somme (la Région 35 000 € et la ville de Lyon, une aide de 70 000 €).

Tatiana VAZQUEZ

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