SPORT À Lyon, les joggeuses s’équipent à la nuit tombée

Les Lyonnaises se réunissent le plus souvent sur les quais ou au parc de la Tête d’Or pour courir en groupe.    Photo Amandine EYMES
Les Lyonnaises se réunissent le plus souvent sur les quais ou au parc de la Tête d’Or pour courir en groupe. Photo Amandine EYMES

Lampes frontales, téléphone portable en main, vêtements colorés… À Lyon, les coureuses à pied sont nombreuses à prendre leurs précautions, la nuit. Virée nocturne avec ces sportives.

Par manque de temps la journée ou tout simplement par envie, beaucoup de Lyonnaises courent la nuit sur les quais de Rhône, de Saône, à Fourvière ou au parc de la Tête d’Or. Course à pied nocturne est synonyme de précautions. Ou pas, pour certaines qui n’ont peur de rien.

Courir à deux, c’est mieux !

Pour celles qui ne souhaiteraient pas courir seules, le site Jogg.in permet aux sportives de trouver des sessions d’entraînements près de chez elles avec des personnes à leur niveau. Des séances organisées par les coureurs eux-mêmes, des coachs ou des marques, qui présentent leurs produits. La communauté “ Girls run ” propose des sessions de course à pied 100 % féminines et gratuites dans de nombreuses villes françaises. Le mieux, c’est aussi d’avoir une copine ayant la même endurance. À l’instar d’Edwige et Florence, 39 et 40 ans, qui s’accordent : « Toute seule, je n’irais pas, c’est certain, j’ai trop peur ».

Leslie, 26 ans, a sollicité son petit ami, qui l’accompagne à vélo : « À partir du moment où il fait nuit, j’y vais avec lui. Parfois il court avec moi, mais c’est rare. Toute seule, j’irais où c’est éclairé à la limite, mais pas ailleurs ».

Privilégier les endroits fréquentés

« Je n’irais pas courir dans des endroits un peu sombres comme à Gerland. Il y a un attroupement de mecs sous le pont Pasteur, je ne suis pas rassurée », précise Edwige.

En effet, sur les quais du Rhône, la plupart des joggeuses se dirigent plutôt vers le parc de la Tête d’Or, où les lumières de la Ville sont plus régulières.

Fanny, 47 ans, n’a pas peur de courir seule, mais confirme : « C’est plus éclairé, et il y a encore du passage. Je n’irais pas plus tard et pas plus loin. »

La plupart des runneuses sont d’accord sur un point : elles préfèrent courir au parc de la Tête d’Or que sur les quais. « Les quais de Saône toute seule, je viens de les faire, je ne le referais pas. Il n’y a personne, pas beaucoup d’éclairages. Au parc, il y a toujours du monde », déclare Mathilde, 25 ans.

« Jamais avec de la musique »

« On préfère ne pas mettre d’écouteurs, expliquent Edwige et Florence. Pour faire attention à ce qu’il se passe autour ».

Louise, 20 ans, est du même avis : « Je reste attentive à mon environnement, je ne cours jamais avec de la musique ».

Bien s’équiper

Lors de leur virée nocturne, de nombreuses coureuses sont équipées de lampes frontales et de bandes réfléchissantes. Une nécessité pour être vues et éviter de se blesser pendant la course. La règle d’or semble aussi être le téléphone portable en main, rassurant en cas de problème. « Courir toute seule ne me fait pas peur, je vais là où il y a du monde et je m’équipe : habits colorés et lampe frontale », raconte Alison, 26 ans.

Pour autant, les runneuses ne s’équipent pas de bombes lacrymogènes. « Vis-à-vis de la police, si je me fais agresser, je ne peux pas répondre avec une arme car je serais en tort », défend Victoire, 24 ans, qui a vécu à Marseille. Là-bas, elle avait l’habitude de courir la nuit : « Quand j’ai peur, je cours plus vite ».

« Si la personne me retourne le poignet avec le poids que je fais, la bombe lacrymogène ne va pas servir à grand chose », conclut Amandine, 33 ans.

« Je fais quand même plus gaffe toute seule, je mets des habits flash », explique Louise, 20 ans, qui avoue courir uniquement dans les coins où il y a du monde également.

« Même pas peur »

Michèle, 58 ans, court sur les quais ou vers La Doua depuis trente ans, de jour comme de nuit. Pour elle, courir de nuit n’est pas un risque : « Pour moi, pas de bombe lacrymo, pas de kung-fu. Je n’ai pas peur, je n’ai jamais eu peur ». Même tonalité pour Justine, 22 ans : « Ça ne me fait pas peur, au contraire je suis rassurée en ville en général et il y a plein de monde. C’est plutôt le manque de motivation qui me freine ».

Ces applications qui permettent de courir en toute sécurité

Des applications sont mises à disposition des coureuses en cas d’urgence.

➤   RunSafe  : disponible sur Google Play, cette application possède un bouton “panic” sur lequel les joggeuses peuvent appuyer deux fois pour alerter tous leurs contacts et activer une lampe torche en mode stroboscope. RunSafe a l’avantage de fonctionner avec un GPS : il est donc possible de géolocaliser la coureuse.

➤   WomenRun  : disponible sur l’App store et Google Play, WomenRun permet à ses utilisatrices de donner des points de repère à leurs proches ou de signaler un obstacle/une difficulté lors de la course. L’application représente une véritable communauté : si la sportive se sent en danger, elle peut actionner un bouton d’alerte sonore pour surprendre ou prévenir simultanément une personne de son choix par SMS, alerter des proches sélectionnés auparavant ou les membres du réseau WomenRun les plus proches.

➤   Strava  : disponible dans l’App store et Google Play, l’application Strava propose une fonction “sécurité” appelée “ beacon ” aux utilisateurs Premium. Cette dernière permet de partager sa position en temps réel par SMS à trois contacts choisis. Les contacts n’ont pas besoin d’avoir l’application pour localiser l’athlète, et peuvent même voir le niveau de batterie de son téléphone.

Il existe aussi : My Keeper, ICE GéoAlert, Letmino, etc.

Amandine EYMES

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?