Santé Le Médipôle, une « colocation » hospitalière unique en France

Un des 28 blocs opératoires.  Photo Maxime JEGAT
Un des 28 blocs opératoires. Photo Maxime JEGAT

La plus grande clinique de France où cohabitent médecins libéraux et salariés a ouvert à Villeurbanne.

Il faut croire que les patients étaient pressés. Le 2 janvier, jour de l'ouverture, alors que seules les interventions chirurgicales avaient démarré, une centaine de personnes se sont présentées au Médipôle de Villeurbanne dont une dizaine aux urgences. Lesquelles ont démarré le lendemain matin, avec un quart d’heure d’avance, pour ne pas faire attendre la dame âgée souffrant d’une douleur à la hanche qui venait d’arriver avec sa fille…

Les quelques couacs techniques inhérents à tout lancement (bugs informatiques, standard saturé et basculé sur celui des urgences) n’ont pas entamé l’enthousiasme des responsables de cette structure hospitalière unique en France. Soutenu par l’Agence régionale de santé afin de diminuer le nombre de lits d’hospitalisation dans l’agglomération, ce mastodonte de 60 000 m² rassemblant 1 500 professionnels de santé et 250 praticiens est la seule coopération hospitalière entre un groupe privé à but lucratif, Capio, et un groupe mutualiste, Résamut. « Il y a six ans, on parlait du mariage de la carpe et du lapin », se souvient Marie Mancilla, DG du Médipôle clinique Mutualiste. Et les médecins se regardaient en chiens de faïence, assis sur les clichés : les “libéraux ne pensent qu’au pognon” versus “les salariés sont des fainéants”.

« Comme dans un hôpital public »

Aujourd’hui, « c’est l’idylle absolue, se réjouit le Dr  Yves Mataix, directeur médical côté mutualiste. C’est la synergie entre notre expertise médicale et leur expertise chirurgicale qui fera le Médipôle ». Ainsi, tous mettent en avant leur volonté commune que le patient trouve ici « une réponse sans être baladé ». Qu’il y vienne « comme dans un hôpital public mais avec des experts accessibles », sans reste à charge côté Mutualité et avec un reste à charge « minime » côté Capio.

Pour le reste, tout est bâti sur le principe d’une « colocation : chacun sa chambre, chacun sa carte bleue », sourit Marie Mancilla. Chaque décision est prise à 50/50. « C’est complexe mais à la fin, elle est meilleure que si on était seul », estime Nicolas Carrié, DG du Médipôle Hôpital privé. Ce dernier assure ne pas être inquiet des conséquences du rachat de Capio par Ramsay Générale de santé sur ce projet qui serait aussi « long à détricoter » qu’il a été « long à tricoter »…

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Sylvie MONTARON

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