Portrait Coralie, Pardieusarde depuis 12 ans et fière d’y habiter

Coralie habite la Part-Dieu depuis douze ans.  Photo Aline DURET
Coralie habite la Part-Dieu depuis douze ans. Photo Aline DURET

La Part-Dieu, ses bureaux, ses commerces, sa gare, son béton, ses voitures… Mais il y a aussi ses Partdieusards, qui ont choisi d’y vivre et d’y habiter. Une exposition parle de leur quotidien. Maître composteur, Coralie habite rue Dugueslin. Portrait hors d’un sentier battu.

Eux, ils ne viennent pas dans le quartier des Affaires pour travailler, prendre un train ou faire des emplettes. Non, ils y habitent. « Nous sommes des Partdieusards », ironise Coralie, et quelque part, fière de l’être, ou en tout cas ravie de pouvoir démonter quelques-uns des clichés qui ont la vie dure. Depuis quelques semaines, son portrait est affiché rue Bouchut dans le cadre d’une exposition. « J’ai accepté de témoigner sans problème. J’avais envie de parler en positif de ce quartier parce que je l’aime, j’aime ces barres. »

« Habiter la Part-Dieu, c’est habiter des barres qui peuvent faire peur »

Séduite tout comme sa famille par la rive gauche du Rhône, Coralie demeure dans la barre de la rue Duguesclin depuis douze ans. C’est un choix. Assumé. « Je suis une hyperurbaine, mais je travaille avec la nature », dit-elle, ajoutant au passage dans la longue liste des avantages, la possibilité de se déplacer à pied ou en transport en commun, la réalité d’une vie de quartier, la qualité des services et des logements.

« Habiter la Part-Dieu, c’est habiter des barres qui peuvent faire peur. Il y a un paquet de logements, mais tous sont de qualité. Tout le monde se connaît dans la cage d’escalier. On se retrouve sur le marché de la place Guichard, aux Halles, dans le même compost de quartier. C’est ça la vie de quartier. Vous savez, nous avons le meilleur professeur de ukulélé à cinq minutes d’ici. »

Cette partie de la Part-Dieu est à la lisière du quartier des Affaires, de ses services et des berges du Rhône. La presqu’île est à dix minutes à pied. Et c’est bien cette lisière qui intéresse Coralie : être placée entre un quartier du XIXe  siècle et un autre surgit dans les années 1970 sur lequel, désormais, on porte, selon elle, un regard beaucoup plus positif. « Regardez ce qui a été fait rue Garibaldi, c’est une révolution. » Le tracé autoroutier n’est plus qu’un lointain souvenir,

Cette reconnaissance d’un certain patrimoine fait de barres, mais aussi du Crayon, de l’immeuble M + M, de l’Hôtel de la Métropole, de la mairie du 3e  et des passerelles piétonnes, est toute récente et va dans le bon sens.

Alors bien sûr, il y a tous les chantiers, imposants, « pénibles », « difficiles » pour les habitants. Sera-ce un mal pour un bien ? L’avenir le dira. « Mais il faut, dit-elle, continuer à aménager des espaces publics et encourager ce qui va faire l’âme de la Part-Dieu : les petits commerces et les artisans ».

Faire place au luthier de la rue Baraban ou au meilleur cordonnier du quartier, ça importe. Savoir laisser se développer ce que Coralie appelle « la ville non franchisée », ou hors enseignes, n’est pas neutre. « Vous savez, on a des perles sur ce quartier, il faut s’appuyer sur ces vraies identités. »

Montrer un autre visage de la Part-Dieu

Ils sont une quinzaine, habitants, salariés et usagers, à parler de la Part-Dieu. À montrer un autre visage d’une partie du 3e arrondissement actuellement en pleine transformation, tels « des ambassadeurs du quartier ». Et c’est d’ailleurs sur les 150 mètres d’une palissade de chantier installée le long de la rue Bouchut, à deux pas de la bibliothèque, que leurs portraits réalisés par le photographe du collectif ITEM, Bertrand Gaudillère, ont été affichés à l’initiative de la SPL Lyon Part-Dieu, qui pilote l’imposant chantier pour le compte de la Métropole de Lyon.

Ils sont habitants, chauffeur de taxi, bénévole dans une association, danseur, premier violon ou cordiste… Tous vivent dans ce quartier pas tout à fait comme les autres et nous racontent leur histoire, leur quotidien…

Aline DURET

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