Transports en commun Métro, bus, tram : les tarifs augmentent… mais pas pour tout le monde

Le vote de la hausse globale des tarifs au Sytral, l’autorité organisatrice des Transports en commun, avait fait grincer quelques dents. Elle est effective depuis le 1er janvier.

A la mi-novembre, les élus du Sytral votaient les nouveaux tarifs, à la hausse, des transports en commun lyonnais pour 2019 et 2020.

Dans l’aventure, certains usagers tirent leur épingle du jeu. Les jeunes seniors partant à la retraite devaient patienter jusqu’à leurs 65 ans pour bénéficier du tarif senior, contre 60 ans, désormais. Les étudiants obtiennent le tarif réduit jusqu’à 28 ans, contre 25 ans. Tous les jeunes (jusqu’à 25 ans) enfin, pourront acheter le carnet de dix tickets au tarif réduit, qu’ils soient ou non étudiants.

Quatre élus LR contre la hausse

Cette hausse des tarifs, quatre élus Les Républicains (François-Noel Buffet, Philippe Cochet, Stéphane Guilland, Michel Rantonnet) avaient refusé de la voter, comme pesant « sur les usagers tandis que les collectivités locales et l’Etat diminuent leur contribution ». Sauf qu’à l’arrivée, ou plutôt au départ, « c’est toujours un contribuable ou un usager qui paye », leur avait répondu Fouziya Bouzerda, la présidente (MoDem) de l’institution. En augmentant les tarifs, au moins fait-on participer les « touristes qui ne contribuent pas sur notre territoire », avait aussi souligné l’élue.

Un mois plus tard, toujours au Sytral, Pierre Hémon (EELV) demandait à la présidente de « suspendre cette hausse » après l’avoir pourtant votée en novembre. Pourquoi ce revirement ? « C’est paradoxal que seuls ceux qui prennent les transports en commun voient les tarifs augmenter alors que le gouvernement fait des faveurs aux automobilistes en annulant la hausse des taxes sur l’essence », pointait alors l’élu écologiste. Si la majorité des élus du Sytral réclamait davantage de rentrées d’argent des usagers pour améliorer encore les transports en commun, François-Noël Buffet (LR) estimait qu’une « pause dans la hausse » n’est pas incompatible avec le développement du réseau. Le gel des tarifs n’ayant pas été inscrit à l’ordre du jour du comité syndical du Sytral, il n’avait pas été porté aux voix.

Le débat risque-t-il de rebondir, sur fond de pouvoir d’achat des ménages ? Le Sytral rappelle l’existence de pass mensuels solidaires à 10 €.

C’est plutôt la pollution de l’air qui pourrait remettre la gratuité totale et complète sur le tapis. La maire de Paris, ne prône-t-elle pas la mesure pour sa ville ?

La vente des titres de transports (243 millions d’€) représente 25 % des recettes.

Ce que pensent les usagers de la hausse des tarifs

Machinalement, les usagers valident leurs titres de transport, avant de s’engager dans des métros et tramways, un peu moins bondés en cette période de fêtes. Les abonnés TCL représentent aujourd’hui 80 % du trafic, contre 65 % en 2000. Il faut dire que même si l’augmentation des tarifs est constante, pour beaucoup de Lyonnais, les transports en commun ne sont pas une option mais une nécessité pour travailler au sein d’une agglomération où les places pour se garer sont presque toutes payantes et le trafic rapidement dense. 

« Des augmentations intempestives ! »

Camille emprunte le réseau TCL tous les jours. Nous la croisons à la gare de Perrache où elle s’apprête à rejoindre la ligne A du métro. Elle n’était pas au courant de cette nouvelle grille tarifaire des TCL, effective dès ce premier jour de l’année 2019. « J’attends un heureux événement, il m’est donc difficile de me déplacer en voiture. Mon employeur paie la moitié de mon abonnement. Si je prenais mon véhicule, le coût serait quadruple. »

Sihem utilise elle aussi quotidiennement les transports en commun. Contrairement à Camille, l’augmentation des abonnements (jusqu’à 3,50 €) la poussera à terme « à prendre la voiture plus souvent. Je ne comprends pas ces augmentations intempestives ! » Sylvie, elle aussi croisée à la gare ferroviaire, est en compagnie de ses deux petits enfants : « Je suis énervée, mais pas surprise, nous avons l’habitude de voir les tarifs du réseau TCL augmenter. Déjà que ce n’était pas donné… »

« C’est un mal nécessaire »

Seul Khaled, 39 ans, dit comprendre cette hausse : « Il faut être cohérent. Si nous sommes dans une logique de protection de l’environnement et de qualité des transports, l’augmentation des tarifs est un mal nécessaire. Nous avons un bon rapport qualité prix à Lyon. À Paris, les transports en commun sont plus chers, et les problèmes y sont nombreux. »

Plus 40 centimes pour les carnets de dix tickets. Mohammed ne trouve « pas du tout justifié de payer toujours plus cher. » À 60 ans, l’homme n’est néanmoins pas au courant qu’il peut bénéficier de prix réduits grâce à une grille tarifaire désormais basée sur des tranches d’âges : « Bon ça, c’est une bonne nouvelle ! » Pour Jacques et sa fille, abonnés mensuels, tout est question d’habitude : « Le prix évolue souvent, on ne prête malheureusement plus attention aux augmentations. » Adriana, privilégiera, elle, la marche à pied. « J’aime marcher. Je l’avoue, le prix des transports ajoute une motivation supplémentaire. Je trouve ces tarifs excessifs. » Ses deux bambins, âgés respectivement de 3 et 5 ans, préféreraient eux s’asseoir sur les sièges gris du tramway plutôt que d’affronter le froid.

Concernant l’amende, en cas de défaut, de non-validation, ou problème de conformité de son titre de transport, son montant, inchangé depuis 2017, reste fixé à 60 €.

M.R

S. M.

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