street art Joris Couronnet, le seul homme qui ait vu John Hamon à Lyon

« Il me suivait sur Instagram et m’a contacté en me proposant de le suivre. J’étais très surpris mais j’ai évidemment accepté », raconte Joris Couronnet.  Photo Tatiana VAZQUEZ
« Il me suivait sur Instagram et m’a contacté en me proposant de le suivre. J’étais très surpris mais j’ai évidemment accepté », raconte Joris Couronnet. Photo Tatiana VAZQUEZ
La Croix-Rousse, les pentes, la presqu’île, le Sucre... John Hamon est partout à Lyon.  Photo T. VAZQUEZ
La Croix-Rousse, les pentes, la presqu’île, le Sucre... John Hamon est partout à Lyon. Photo T. VAZQUEZ
« Il me suivait sur Instagram et m’a contacté en me proposant de le suivre. J’étais très surpris mais j’ai évidemment accepté », raconte Joris Couronnet.  Photo Tatiana VAZQUEZ La Croix-Rousse, les pentes, la presqu’île, le Sucre... John Hamon est partout à Lyon.  Photo T. VAZQUEZ

Depuis quelques mois, John Hamon a pris possession des murs de Lyon. Personne ne sait qui se cache derrière ce portrait. L’artiste, qui n’a jamais montré son visage, agit en solitaire. Un photographe lyonnais ayant eu la chance de l’accompagner dans sa virée nocturne des Pentes à la Confluence raconte la séance de collage.

Il pose, pas très à l’aise dans son fauteuil, avec Luna, sa chienne. Il est photographe et cache mieux sa timidité derrière un objectif. Mais il se prête au jeu. Joris Couronnet, 27 ans, en a vu d’autres. Il est l’homme qui a vu l’homme. Il est le photographe qui a accompagné John Hamon dans sa virée nocturne à Lyon, laissant dans leur sillage, sur les murs de la ville, cette tronche de gamin décoiffé, petites lunettes carrées, sweat à capuche et sourire dont on ne sait pas trop quoi penser. Personne n’a jamais vu le visage de celui qui depuis plus de dix ans colle ces affiches dans toutes les villes de France, à commencer par Paris. L’artiste, qui compte des milliers de fans sur Internet, préfère la discrétion et l’anonymat. Pour résumer sa démarche, il s’en tient à une phrase qui questionne l’art contemporain : « C’est la promotion qui fait l’artiste ou le degré zéro de l’art. »

« Il s’arrête, met ses warnings, et sort coller. Il ne se cache pas. Il respecte les bâtiments. »

Affirmer que Joris Couronnet est l’heureux élu est un euphémisme. « Il me suivait sur Instagram et m’a contacté en me proposant de le suivre. J’étais très surpris mais j’ai évidemment accepté », dit-il. Le Lyonnais l‘accompagne alors avec sa caméra toute la nuit et même au-delà. Il en a fait un film, une sorte de documentaire qui raconte les coulisses de l’expédition. Le visage de John Hamon est flouté. Pour le reste, on le voit accrocher ses affiches très très haut, sur les murs, avec une perche de cinq mètres. « Il m’a expliqué qu’au-dessus d’une certaine hauteur, la Ville n’était plus responsable de ce qu’il y avait sur les murs et que les copropriétaires laissaient faire », sourit Joris Couronnet. « Il m’a dit aussi qu’il avait un secret pour que la colle adhère longtemps », ajoute le photographe.

Dans le documentaire, on le voit se rater, prendre l’affiche sur la tête. Joris Couronnet ne filme pas les policiers qui passent à côté sans rien lui interdire. « Il s’arrête, met ses warnings, et sort coller. En fait, il ne se cache pas. Il respecte les bâtiments et ce qui l’entoure. En revanche, j’ai eu un peu peur que l’on se fasse attraper. »

La Croix-Rousse, les pentes, la presqu’île, le Sucre… La balade se termine au petit matin dans le parc de Gerland. C’est de là que John Hamon projette son nom sur la façade. Quelques minutes seulement avec en fond sonore, le bruit du générateur installé dans la camionnette qui alimente le rétroprojecteur. « Pour ça aussi, il a un secret... », confie Joris qui comprend qu’il ne fasse pas ça devant un public. « Cela colle avec sa démarche, il le fait pour lui, je crois que c’est un solitaire. Ce qui l’amuse, c’est la communication qu’il y a autour. »

S’il a été écrit ici et là que John Hamon n’était pas le John Hamon de la photo, Joris Couronnet, lui, ne dira rien sur les traits physiques du bonhomme. Mieux, il entretient la confusion en affirmant : « En tout cas, depuis cette photo, il a bien vieilli. »

Le film de Joris Couronnet

Tatiana VAZQUEZ

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