Art contemporain La friche Lamartine déménage cet été

Les artistes ont pu laisser libre cours à leur créativité aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du bâtiment.  Photo Sylvie SILVESTRE
Les artistes ont pu laisser libre cours à leur créativité aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du bâtiment. Photo Sylvie SILVESTRE

Deux sites sont proposés au collectif : la Robinetterie dans le quartier Maisons-Neuves (Lyon 3e) ainsi qu’un site à Vaise (9e).

Entre le parc Bazin et le gymnase Tony-Bertrand, le stade Marc-Vivien Foé fait depuis plusieurs années l’objet d’un projet d’agrandissement, dont l’emprise recouvre précisément le site de l’ancienne usine de la rue Lamartine. Le relogement de la Friche est donc en concertation depuis 2015.

« Nous sommes dans la dernière ligne droite, expliquent Maud Lechevallier et le musicien et membre du collège décisionnaire de l’association Lamartine, Julien Belon. En effet, on nous annonce un déménagement pour l’été prochain, sans date précise pour l’instant. »

Deux sites sont proposés au collectif : la Robinetterie dans le quartier Maisons-Neuves (Lyon 3e), qui a l’avantage de bénéficier d’un extérieur et d’un bâtiment avec 80 m² classés ERP (Établissement pouvant recevoir du public), deux paramètres qui ouvrent de nouvelles perspectives, ainsi qu’un site à Vaise (9e).

Le tout totalisera 2000 m² au lieu des 3000 m² actuels.

«Pas de laissés-pour-compte »

« Le fait d’être sur deux pôles distants n’est pas vraiment un problème même si le maintien du “faire collectif” sera un challenge ! De toute façon, transférer toutes les activités dans un espace plus restreint sera compliqué : nous sommes dans une intense phase de dialogue pour envisager de nouvelles façons de partager les espaces, peut-être par discipline. La quarantaine d’ateliers sera certainement plus mutualisée qu’aujourd’hui, où les artistes permanents sont largement en charge de l’aménagement et de la gestion de leurs locaux, ateliers, studios, ou plateaux de spectacle vivant. »

Malgré ces difficultés, les responsables de la Friche restent confiants : « On est en train d’y arriver ! Il y aura des inconforts à adoucir, mais pas de laissés-pour-compte ».

L’équipe devra avoir défini son nouveau fonctionnement fin février, avec la difficulté supplémentaire de ne pas pouvoir dialoguer directement avec la direction de la Construction : « Nous souhaitions être partie prenante dans la conception architecturale, mais le service culturel de la Ville fait nécessairement le lien. La Ville prend le chantier en charge et nous livrera le site clés en main. Il sera de ce fait plus aux normes que ne l’est Lamartine. Nous y perdons un peu en liberté. Il faudra s’adapter aux lieux, imaginer un nouveau mode de gestion, quitte à faire évoluer le projet par la suite, au fur et à mesure des besoins et des contraintes. »

La Friche changera-t-elle de nom en quittant la rue Lamartine ? En tout cas, elle restera bien vivante, gardant son côté « chaleureusement hétéroclite » et le bouillonnement créatif qui en est l’ADN.

Transférer toutes les activités dans un espace plus restreint sera compliqué : nous sommes dans une intense phase de dialogue pour envisager de nouvelles façons de partager les espaces, peut-être par discipline

Julien Belon, musicien et membre du collège décisionnaire

L'intense vivier de créativité pour 250 artistes permanents et 800 occasionnels

Julien Belon, membre du collège et musicien, et Maud Lechevallier, coordinatrice du site. Photo S. SILVESTRE
Julien Belon, membre du collège et musicien, et Maud Lechevallier, coordinatrice du site. Photo S. SILVESTRE

La friche Lamartine est « un lieu de recherches et de création artistique et culturel pluridisciplinaire » comme on en voit éclore à Berlin, Liverpool ou Madrid.

En 2011, la Ville de Lyon a ouvert temporairement les portes de cette usine de bonneterie désaffectée du quartier Montchat aux membres du Jardin des possibles, chassés de la friche RVI. Le provisoire s’est prolongé : la cinquantaine d’espaces du site (ateliers, plateaux, studios…) sont maintenant investis par des artistes qui parallèlement à leurs propres productions, expérimentent un vivre-ensemble fait d’entraide et de convivialité.

Avec le soutien de la Direction des affaires culturelles, l’élu Loïc Graber et le chargé de mission Marc Villarubias en particulier, un collège de six membres s’implique dans la prise de décisions, mais entre tous les participants, les interactions sont très vivantes : partage des espaces ou de projets enrichissent constamment la créativité de chacun.

« À l’année, 250 utilisateurs réguliers bénéficient de la structure. Mais les allées et venues artistiques plus occasionnelles, pour une résidence, une construction de décors ou une répétition extraordinaire, sont bien plus nombreuses », explique la coordinatrice salariée de la friche, Maud Lechevallier, que seconde un jeune en service civique.

Une fois par semaine, le Frich’Market propose au public une vente de matériaux recyclés à des prix très attractifs pour satisfaire les envies de bricolage et lutter contre le gaspillage. Enfin, le festival annuel Lamartine à la plage voit toutes sortes de processus créatifs envahir la rue Lamartine et les terrains de sport voisins.

> La Friche Lamartine est membre du réseau international ARTfactories/autre(s) pARTs et de la Coordination nationale des Lieux indépendants et intermédiaires.

De notre correspondante locale, Sylvie SILVESTRE

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?